L’AP­PLI QUI NE DIT JA­MAIS NON

Son ap­pli ne dit ja­mais non

La Tribune Bordeaux - - LA UNE - Pas­cal Ra­biller

S’il a étu­dié les maths et la phi­lo­so­phie, Cé­dric Du­mas a d'abord eu une vie pro­fes­sion­nelle d'ar­tiste et un nom de scène : Ga­briel Evan. Un ar­tiste si­gné par Co­lum­bia , EMI et So­ny BMG Mu­sic… ex­cu­sez du peu. Un « peu » que Cé­dric Du­mas a dé­fi­ni­ti­ve­ment ran­gé dans sa ru­brique sou­ve­nirs. Ar­chi­vées, les huit an­nées de chant ly­rique, ar­chi­vées les com­po­si­tions, les gui­tares qu'il ne gratte plus et même les deux al­bums sous le pseu­do de Ga­briel Evan : La Chute des anges et On-Off.

De Lyon à Bor­deaux, du chant à la concier­ge­rie

La page a été tour­née bru­ta­le­ment et sans au­cun re­gret : « Il ne m'a pas été dif­fi­cile de quit­ter cet uni­vers. Les seules per­sonnes pour qui je pousse la chan­son­nette dé­sor­mais, ce sont mes en­fants, no­tam­ment les ju­meaux nou­vel­le­ment nés… pour tenter de les en­dor­mir », sou­rit ce­lui qui a ti­ré un trait dé­fi­ni­tif sur cette vie en dé­mé­na­geant de Lyon vers Bor­deaux.

« Je connais­sais la ré­gion bor­de­laise, je vou­lais un ac­cès à l'océan et une vraie dy­na­mique ter­ri­to­riale, ex­plique Cé­dric Du­mas. Bor­deaux s'est im­po­sée pour prendre un nou­veau vi­rage... » Après une an­née sans vé­ri­table pro­jet pro­fes­sion­nel, il se lance dans l'ac­ti­vi­té de concier­ge­rie. « En créant Rê­vexo-C, je me suis ins­pi­ré des ser­vices de concier­ge­rie exis­tants, bien sûr, mais aus­si des ser­vices réa­li­sés par les ré­gis­seurs de tour­nées comme j'en avais connu en tant qu'ar­tiste. J'ai lan­cé à Bor­deaux un ser­vice de concier­ge­rie qui vi­sait une cible plus large que celles des concier­ge­ries gé­né­ra­le­ment pro­po­sées aux hommes d'af­faires, mil­lion­naires et spor­tifs. Rê­vexo-C s'adres­sait aus­si aux sa­la­riés des grandes en­tre­prises, aux cadres… »

Wiidii, la concier­ge­rie du fu­tur

L'aven­ture Rê­vexo-C a du­ré dix an­nées pen­dant les­quelles Cé­dric Du­mas com­mence à nour­rir un pro­jet in­no­vant : pro­po­ser aux voya­geurs et aux tou­ristes une ap­pli­ca­tion de concier­ge­rie dis­po­nible 24h / 24. « Dès 2013, j'ai eu cette idée d'unir les ca­pa­ci­tés of­fertes par le dé­ve­lop­pe­ment de l'in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle aux com­pé­tences hu­maines. En clair : de per­mettre à l'hu­main de faire du sur-me­sure, d'ap­por­ter la plus­va­lue du ser­vice pen­dant que l'in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle gère le vo­lume et stocke les in­for­ma­tions de l'uti­li­sa­teur, afin, in fine, de pou­voir lui ap­por­ter, de ma­nière ul­tra­ra­pide, une ré­ponse adap­tée aux at­tentes qu'il n'a pas en­core for­mu­lées. Il a l'ha­bi­tude de nous sol­li­ci­ter pour trou­ver une place dans un cin­qé­toiles à chaque fois qu'il voyage à l'étran­ger? L'IA, qui mé­mo­rise ses de­mandes et af­fine son ser­vice au fur et à me­sure des de­mandes du client, peut an­ti­ci­per une ré­ser­va­tion en cinq étoiles avant même que ce der­nier n'en fasse la de­mande. »

Pour pas­ser du rêve à la réa­li­té, Cé­dric Du­mas dé­cide d'écu­mer, avec son idée sous le bras, tous les la­bos de France à la re­cherche de ta­lents, de com­pé­tences ca­pables d'ap­por­ter une ré­ponse à son at­tente. Ce se­ra chose faite à par­tir de juillet 2015, grâce au sou­tien de Bpi­france, à 600000 eu­ros le­vés, ain­si qu'aux ta­lents d'un tech­ni­cien Apple. Le pre­mier pro­to­type de Wiidii, le concierge de poche com­bi­nant l'as­sis­tance hu­maine et l'in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle, voit le jour.

Un ser­vice est bien né, puisque cette an­née-là, Atout France lui dé­cerne la Palme du tou­risme nu­mé­rique. Mieux, ré­gu­liè­re­ment em­bar­quée dans les mis­sions éco­no­miques étran­gères de Mat­thias Fekl, se­cré­taire d'État char­gé du Com­merce ex­té­rieur, l'équipe de Wiidii a l'oc­ca­sion de pré­sen­ter son ser­vice unique au monde un peu par­tout.

Hertz, Air France, EDF… ont dit oui à Wiidii

Ré­sul­tat : ini­tia­le­ment can­ton­née à son sec­teur de pré­di­lec­tion, le tou­risme, ci­blant des clients po­ten­tiels comme les chaînes hô­te­lières, of­fices de tou­risme, com­pa­gnies aé­riennes, tour-opé­ra­teurs... cette concier­ge­rie hy­bride – dé­ve­lop­pée soit en propre sous la marque Wiidii, soit en blanc, mais « by Wiidii » –, in­té­resse dé­sor­mais beau­coup d'autres sec­teurs d'ac­ti­vi­té. Banques, construc­teurs au­to­mo­biles, as­su­rances et en­tre­prises des télécoms veulent pro­po­ser l'ap­pli­ca­tion à leurs clients.

Dé­but 2017, Wiidii es­père bou­cler une le­vée de fonds de 5 à 7 M€ qui lui per­met­tra de se tour­ner vers l'ex­port, en prio­ri­té la Chine et les USA. Wiidii pour­rait ou­vrir deux bu­reaux à Mon­tréal et à Sin­ga­pour, afin d'as­su­rer une conti­nui­té de ser­vice dans le monde en­tier. Un monde qui semble at­tendre de pied ferme la concier­ge­rie hy­bride. « Par­tout où nous pré­sen­tons Wiidii, l'in­té­rêt pour notre ser­vice nous laisse en­tre­voir de belles pers­pec­tives éco­no­miques », glisse Cé­dric Du­mas.

Hertz, Air France, EDF, l'Of­fice de tou­risme de Bor­deaux, le Fes­ti­val de Cannes… ont dé­jà dit oui à Wiidii. Une tren­taine de grands groupes se­rait in­té­res­sée pour tes­ter la so­lu­tion avec des pi­lotes, dont les dé­ve­lop­pe­ments sont por­tés fi­nan­ciè­re­ment par Wiidii. N'em­pêche, si ces « pi­lotes » dé­bouchent sur des contrats, la star­tup bor­de­laise pour­rait bien réa­li­ser son pre­mier vé­ri­table chiffre d'af­faires (en­vi­ron 1 M€) en 2017. Un pre­mier pas sur le che­min qui pour­rait lui per­mettre de réa­li­ser jus­qu'à 27 M€ de chiffre d'af­faires à l'ho­ri­zon 2020.

Cé­dric Du­mas a créé en 2014, à Bor­deaux, l’ap­pli­ca­tion Wiidii, un as­sis­tant de poche qui « mixe » big da­ta, in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle et sa­voir-faire hu­main, afin de pro­po­ser un ser­vice d’as­sis­tance in­édit.

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