LA FLAM­BÉE DÉ­BUTE À BOR­DEAUX

La Tribune Bordeaux - - LA UNE - MIKAËL LOZANO ET JEAN-PHI­LIPPE DÉJEAN

Se­lon le cour­tier pa­ri­sien MeilleursA­gents.com, qui pu­blie un ba­ro­mètre men­suel sur l’évo­lu­tion des prix du mar­ché ré­si­den­tiel an­cien à Pa­ris, en Île-de-France et dans les dix plus grandes villes de France, Bor­deaux a en­re­gis­tré en 2016 la deuxième plus forte hausse na­tio­nale. Le prix moyen des lo­ge­ments dans le ré­si­den­tiel an­cien a ain­si pro­gres­sé de +5 % sur un an (du 1er jan­vier 2016 au 1er jan­vier 2017) à Bor­deaux in­tra-mu­ros, der­rière Lyon, où la hausse a été de +6,6%, de­vant Pa­ris (+4,6%) et Nantes (+3,6%). Alors que Rennes connaît une hausse de +2%, de­vant Lille (+1,2%) et Mont­pel­lier (+1%), les autres mé­tro­poles sont proches de la sta­bi­li­té, avec Tou­louse à +0,8%, Nice (+0,2%), Mar­seille (in­chan­gé) et Stras­bourg, en lé­ger re­cul de -0,9%. MeilleursA­gents.com pro­pose aus­si une lec­ture plus tran­chée du mar­ché ré­si­den­tiel an­cien de­puis 2011. Sur cette du­rée, Bor­deaux s’im­pose, avec une hausse des prix de +17%, de­vant Rennes et Tou­louse (+10% cha­cune) et Nantes (+7%).

Si l’on se ré­fère cette fois aux chiffres des notaires, ré­pu­tés pour être les plus fiables, les prix de l’im­mo­bi­lier bor­de­lais ont grim­pé de 4,1% en 2016 par rap­port à 2015, de­vant Pa­ris (+3,6%) et Nantes (+3,2%). Soit la plus im­por­tante hausse consta­tée en France!

LE POU­VOIR D’ACHAT IM­MO­BI­LIER ÉRO­DÉ À BOR­DEAUX

Cette mon­tée des prix a aus­si son re­vers puis­qu’elle gri­gnote le pou­voir d’achat. Mal­gré la baisse his­to­rique des taux en­re­gis­trée tout au long de ces der­niers mois, MeilleursA­gents.com montre que le pou­voir d’achat im­mo­bi­lier des Bor­de­lais n’a que très mé­dio­cre­ment évo­lué de­puis 2011. Au point qu’il est en re­cul re­la­tif par rap­port à cette date. Clas­sé à la sixième po­si­tion na­tio­nale en 2011, Bor­deaux est pas­sé à la neu­vième place en 2016. Tout sim­ple­ment parce qu’entre ces deux dates, le pou­voir d’achat im­mo­bi­lier des Bor­de­lais (prix du mètre car­ré, re­ve­nu des mé­nages, taux d’em­prunt) n’a pro­gres­sé que de +4 m2, à 43 m2, contre +19 m2 à Mar­seille (58 m2) en pre­mière place de ce clas­se­ment par gain de mètres car­rés, de­vant Rennes (+8 m2 à 56 m2), Stras­bourg (+14 m2 à 56 m2), Nantes (+9m2 à 54 m2) et Tou­louse (+8 m2 à 53 m2).

En jan­vier, le mar­ché de l’an­cien à Bor­deaux a confir­mé sa ten­dance à la hausse avec un coup d’ac­cé­lé­ra­teur très si­gni­fi­ca­tif de +2% sur un mois, tou­jours se­lon MeilleursA­gents. com. Est-ce le dé­but d’un em­bal­le­ment du mar­ché? En tout cas le ba­ro­mètre du cour­tier pa­ri­sien montre un net ren­for­ce­ment de la hausse des prix à Bor­deaux sur un mois, de­vant Stras­bourg (+1,5%), Nantes (+1,3%), Mar­seille (+0,9%), Nice (+0,7%), Mont­pel­lier (+0,6%) et Tou­louse (+0,1%). Comme la re­mon­tée des taux d’in­té­rêt se confirme – avec le mou­ve­ment à la hausse des obli­ga­tions as­si­mi­lables du tré­sor (OAT) – les mé­nages en me­sure d’ache­ter se­raient en train de prendre les de­vants.

LES RAI­SONS DU DY­NA­MISME

À Bor­deaux in­tra-mu­ros les prix évo­luent au sein de four­chettes as­sez larges. Le prix moyen du mètre car­ré en ap­par­te­ment an­cien s’y éle­vait ain­si à 3230 € en 2016, avec un plus haut à 4846 € et un plus bas à 2423 €, tou­jours se­lon le ba­ro­mètre de Meilleursa­gents.com. Pour une mai­son an­cienne, il fal­lait comp­ter une moyenne de 3224 €/m2 à Bor­deaux in­tra-mu­ros, avec un plus haut à 4836 € et un plus bas à 2418 €. L’écart avec la moyenne dé­par­te­men­tale est ain­si si­gni­fi­ca­tif puisque le mètre car­ré de l’ap­par­te­ment an­cien s’est né­go­cié à 2910 € en Gi­ronde l’an der­nier, et ce­lui d’une mai­son à 2296 €. Les notaires évoquent, eux, un prix mé­dian à Bor­deaux de 3200 €/m2 et jugent que de­puis 2006, le prix des ap­par­te­ments a ex­plo­sé de +42% ! Comment ex­pli­quer le dy­na­misme bor­de­lais? Deux pa­ra­mètres doivent être pris en compte. Pre­miè­re­ment, c’est un mar­ché d’in­ves­tis­seurs, qui concentrent en­vi­ron 70% des tran­sac­tions en­re­gis­trées chaque an­née. Que voient-ils ces der­nières an­nées ?

Une ville at­trac­tive, qui se dé­ve­loppe et se rap­proche de Pa­ris avec la mise en fonc­tion de la ligne à grande vi­tesse en juillet pro­chain. Donc ils s’y in­té­ressent de plus en plus et les prix montent, c’est mé­ca­nique. Pa­ral­lè­le­ment, Bor­deaux at­tire de plus en plus d’ha­bi­tants, no­tam­ment des an­ciens Pa­ri­siens qui re­joignent la ca­pi­tale gi­ron­dine après une pre­mière par­tie de car­rière réus­sie et avec un pou­voir d’achat im­por­tant. Tout ceci ex­plique qu’un bien reste as­sez peu long­temps sur le mar­ché, soixante-dix jours en­vi­ron. L’une des pre­mières consé­quences est de re­pous­ser vers la pé­ri­phé­rie un cer­tain nombre d’ha­bi­tants, no­tam­ment des jeunes couples avec en­fants, qui n’ont plus la pos­si­bi­li­té d’ache­ter in­tra-mu­ros. Les prix dans l’ag­glo­mé­ra­tion, qui étaient as­sez bas au re­gard des autres mé­tro­poles fran­çaises, rat­trapent donc leur re­tard…

LES DÉ­PAR­TE­MENTS MA­RI­TIMES EN TÊTE

Sans sur­prise, beau­coup de zones où les prix des ap­par­te­ments an­ciens sont les plus éle­vés se trouvent le long de la bande cô­tière, avec le nord et le sud du Bas­sin d’Ar­ca­chon, mais aus­si au centre et à l’ouest de Bor­deaux Mé­tro­pole. Cette règle joue éga­le­ment à l’échelle de la ré­gion Nou­velle-Aqui­taine et fa­vo­rise les dé­par­te­ments cô­tiers. Le prix du mètre car­ré d’un ap­par­te­ment an­cien at­teint ain­si 2718 € en Py­ré­nées-At­lan­tiques (Aqui­taine), 2698 € en Cha­rente-Ma­ri­time (Poi­tou-Cha­rentes) et 2317 € dans les Landes (Aqui­taine).

Au­cun des huit dé­par­te­ments de l’in­té­rieur des terres n’a vu le prix du mètre car­ré en ap­par­te­ment an­cien at­teindre la barre des 2000 € l’an der­nier. Il fal­lait ain­si comp­ter 1432 € dans la Vienne (Poi­tou-Cha­rentes), 1354 € en Dordogne (Aqui­taine), 1274 € dans les Deux-Sèvres (Poi­tou-Cha­rentes), 1184 €/m2 en Cha­rente (Poi­tou-Cha­rentes), 1 155 € en Haute-Vienne (Li­mou­sin), 1142 € en Cor­rèze (Li­mou­sin) et Lot-et-Ga­ronne (Aqui­taine) et 920 € dans la Creuse (Li­mou­sin). De très forts écarts qui si­gnalent à leur fa­çon le de­gré d’at­trac­ti­vi­té très va­riable des ter­ri­toires de la ré­gion.

Bor­deaux est la mé­tro­pole où les prix ont le plus pro­gres­sé se­lon les notaires, de­ve­nant ain­si la qua­trième ville la plus chère de France. Et ce n’est sans doute pas fi­ni… Des jeunes couples avec en­fants n’ont plus la pos­si­bi­li­té d’ache­ter in­tra­mu­ros

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