DANS LE SE­CRET DES PA­LACES

La Tribune Bordeaux - - LA UNE - J-P. D. et P. R.

PDG de la Fi­nan­cière im­mo­bi­lière bor­de­laise, Mi­chel Ohayon est un homme dis­cret. Pour La Tri­bune, il lève le voile sur ses pro­jets dans l’hô­tel­le­rie de luxe et ses in­ves­tis­se­ments en France et en Flo­ride.

D’étu­diant maître-na­geur de la plage du Truc Vert à Lège-Cap Fer­ret, à ac­teur ma­jeur de l’im­mo­bi­lier com­mer­cial et hô­te­lier, Mi­chel Ohayon a fait du che­min, ti­rant pro­fit avec au­dace de la crise im­mo­bi­lière de la fin des an­nées 1980. In­vi­té de La Tri­bune à l’oc­ca­sion d’un pe­tit-dé­jeu­ner or­ga­ni­sé en par­te­na­riat avec le Cré­dit Agri­cole Aqui­taine, l’homme d’af­faires a dé­voi­lé le pro­chain agran­dis­se­ment, d’ici à la fin de 2018, du pa­lace In­ter­con­ti­nen­tal Bor­deaux- Le Grand Hô­tel, dont il est pro­prié­taire : « Nous al­lons ajou­ter 2000 mètres car­rés à l’éta­blis­se­ment ac­tuel qui compte 148 chambres, dont 28 suites. Cette ex­ten­sion va nous per­mettre de créer 20 suites sup­plé­men­taires, d’ou­vrir une grande pâ­tis­se­rie, un nou­veau sa­lon de thé, un res­tau­rant bar à vins et une ga­le­rie d’art. » Pro­prié­taire de deux autres hô­tels, le Wal­dorf As­to­ria Tria­non à Ver­sailles et le She­ra­ton à Rois­sy (un quatre étoiles de 250 chambres), le Gi­ron­din a des pro­jets pour ces deux sites : ra­fraî­chis­se­ment pour le pre­mier, agran­dis­se­ment avec 80 suites sup­plé­men­taires pour le se­cond.

DES PA­RIS SUR L’AVE­NIR… JUS­QU’EN FLO­RIDE

Mi­chel Ohayon a éga­le­ment évo­qué la créa­tion d’un hô­tel de 1000 chambres à Rois­sy et est re­ve­nu, un peu plus pré­ci­sé­ment, sur son pro­jet concer­nant l’an­cien bâ­ti­ment qui a abri­té Vir­gin Me­gas­tore, place Gam­bet­ta à Bor­deaux. Sou­hai­tant être for­te­ment as­so­cié au pro­jet ur­bain de trans­for­ma­tion de la place por­té par la Ville, l’homme d’af­faires en­vi­sage un pa­lace à la dé­co­ra­tion contem­po­raine, un es­pace de vie, d’ani­ma­tions cultu­relles et com­mer­ciales… mais n’a rien fixé en­core.En at­ten­dant, sa so­cié­té conti­nue d’in­ves­tir for­te­ment en France mais aus­si à l’in­ter­na­tio­nal. La Fi­nan­cière im­mo­bi­lière bor­de­laise, de­puis peu ac­tion­naire ma­jeur d’une fon­cière hol­lan­daise co­tée en Bourse et pro­prié­taire de 400 000 mètres car­rés d’im­mo­bi­lier dans 20 villes en Eu­rope, a fait l’ac­qui­si­tion en Flo­ride d’une ré­si­dence de 88 ap­par­te­ments de stan­ding avec vue sur l’océan ou les ca­naux.

Mi­chel Ohayon évoque aus­si un pro­jet à Fort Lau­der­dale, concer­nant un hô­tel In­ter­con­ti­nen­tal et sur­tout 30 000 mètres car­rés de droit à construire… Sa stra­té­gie, elle, reste la même : « Nous pri­vi­lé­gions les em­pla­ce­ments, les bâ­ti­ments qui font par­tie du pa­tri­moine his­to­rique des villes à po­ten­tiel. Pour ce­la il faut prendre son temps. In­ves­tir, c’est pa­rier sur l’ave­nir, an­ti­ci­per l’at­trac­ti­vi­té d’une ville… »

« C’EST EN­TIÈ­RE­MENT DE NOTRE FAUTE ! »

At­trac­ti­vi­té qu’il ai­me­rait voir se tra­duire par plus de bu­si­ness en France : « Je constate qu’à Pa­ris, il n’y a que cinq hô­tels de plus de 400 chambres, c’est trop peu. Nous sommes en re­tard sur les congres­sistes. Si nous sommes, en France, la pre­mière des­ti­na­tion tou­ris­tique mon­diale, nous ne sommes qu’à la dixième place en termes de dé­penses tou­ris­tiques. C’est en­tiè­re­ment de notre faute! Nos commerces ferment trop tôt par rap­port aux grandes villes de tou­risme, et je ne parle pas que de New York! La seule ex­cep­tion fran­çaise, ce sont les Champs-Ély­sées, avec 5500 heures d’ou­ver­ture par an pour les bou­tiques contre 2700 heures en moyenne dans le reste de la France. On gâche un gi­se­ment d’em­plois énorme! ».

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