APRÈS LE TEST D’AGI­LI­TÉ, IMMERSIVE LAB LANCE SON ÉCOLE D’E-LEAR­NING

La Tribune Bordeaux - - ENJEUX - CÉ­LINE LANUSSE

Immersive Lab, qui a mis au point en 2015 le TANu, pre­mier test de culture nu­mé­rique, a lan­cé fin mars, à l’oc­ca­sion du sa­lon So­lu­tions RH de Pa­ris, son école TANu, une so­lu­tion Laas (Lear­ning as a Ser­vice) de for­ma­tion et d’au­to­for­ma­tion. Le fruit d’une ré­flexion que Da­vid Cas­té­ra, fon­da­teur de cette agence Web si­tuée à Olo­ron-Sainte-Ma­rie (Py­ré­nées-At­lan­tiques), a dé­ve­lop­pé pour ses clients mais aus­si pour la trans­for­ma­tion nu­mé­rique de sa propre en­tre­prise.

« On ac­com­pagne nos clients au mieux, c’est un su­jet com­pli­qué, très vaste. Le nu­mé­rique pose beau­coup de ques­tions, à tel point qu’on parle de “trans­for­ma­tion nu­mé­rique”. Nous or­ga­ni­sons des fo­rums pour ex­pli­quer aux PME et TPE qu’elles doivent le prendre en compte. Ce n’est pas fa­cile, parce que les di­ri­geants ont le nez dans le gui­don, ils le voient sur­tout comme une me­nace plu­tôt que comme une op­por­tu­ni­té pos­sible. Au dé­but du Web, on croyait au mi­racle : “Si je vends sur In­ter­net, je vais conqué­rir le monde.’’ Ce­la a gé­né­ré des dé­cep­tions au dé­but, ce­la re­pré­sen­tait pour eux un poste de coût, avec ce com­men­taire que nous en­ten­dons sou­vent : “Mon site ne sert à rien.’’ En réa­li­té, c’est un dé­faut de stra­té­gie au dé­part. Au­jourd’hui, on paie ces dé­cep­tions au ni­veau des avan­cées des TPE et PME en France. » Pres­ta­taire de ser­vices (conseils en Web, ap­pli­ca­tion, stra­té­gie nu­mé­rique) pour tous types de clients, des PME jus­qu’aux grands groupes, la so­cié­té créée en 2003, qui compte au­jourd’hui 13 sa­la­riés, s’est re­trou­vée confron­tée, comme ses clients, au dé­li­cat su­jet de la trans­for­ma­tion des en­tre­prises, les agences Web étant les pre­mières im­pac­tées par le su­jet. « Dans notre ac­ti­vi­té, nous trai­tons beau­coup de su­jets mais quand nous ter­mi­nons un pro­jet, il ne nous ap­par­tient plus. Ce­la fait des an­nées que nous avons l’idée d’un autre le­vier de dé­ve­lop­pe­ment. Dans la pres­ta­tion de ser­vices, il faut trou­ver de nou­veaux pro­jets pour aug­men­ter notre chiffre d’af­faires et donc de nou­velles res­sources hu­maines. Mais l’idée est de se dé­ve­lop­per par notre propre marque. On s’est alors tour­né vers la créa­tion de ser­vices de­puis plu­sieurs an­nées. » La so­cié­té, qui en­gage ain­si sa propre trans­for­ma­tion nu­mé­rique, échoue à deux re­prises. Immersive Lab crée d’abord Am­phi-b, qui per­met de louer un am­phi­théâtre vir­tuel avec des ava­tars. « Nous avons or­ga­ni­sé des confé­rences ras­sem­blant jus­qu’à 500 per­sonnes, ex­plique Da­vid Cas­té­ra. Tech­ni­que­ment, ce­la mar­chait bien, mais ça nous a coû­té en dé­ve­lop­pe­ment. Et com­mer­cia­le­ment, ça a été un flop. C’était trop tôt, nous avons ar­rê­té le ser­vice avant de mettre l’en­tre­prise en pé­ril. » Deuxième ten­ta­tive : le mé­cé­nat par­ti­ci­pa­tif, dans le cadre d’un pro­jet avec le Cré­dit Agri­cole. « En­core un ser­vice qui nous échap­pait », com­mente Da­vid Cas­té­ra.

UN NOU­VEL OU­TIL DE DIAG­NOS­TIC

La créa­tion du test d’agi­li­té nu­mé­rique (TANu) se­ra le troi­sième es­sai, me­né avec le Cré­dit Agri­cole sur la for­ma­tion des jeunes em­bau­chés, avec une ques­tion : « Comment le nu­mé­rique va mo­di­fier le mé­tier dans les an­nées à ve­nir? » « Là, nous avons re­mar­qué que même les jeunes em­bau­chés n’étaient pas conscients de l’im­pact du nu­mé­rique. » L’idée prend forme sur la base d’une in­ter­ro­ga­tion : « Est-ce qu’au mo­ment du re­cru­te­ment, on parle nu­mé­rique avec les can­di­dats ? Les res­pon­sables des res­sources hu­maines n’abor­daient pas le su­jet, car ils n’avaient pas d’ou­til pour ce­la. L’idée a donc été de pro­po­ser aux équipes RH du Cré­dit Agri­cole un test pour me­su­rer la culture nu­mé­rique du can­di­dat. Nous avons cher­ché, nous n’avons rien trou­vé, donc nous l’avons fait. » Immersive Lab crée alors un ser­vice. Dé­ve­lop­pé en 2015, il est mis sur le mar­ché en jan­vier 2016. Au­jourd’hui, 300 en­tre­prises uti­lisent le TANu, de la star­tup qui se lance à l’en­tre­prise du bâ­ti­ment qui re­crute un com­mer­cial : Ce­gid, LCL, Air France… Le test peut être uti­li­sé pour les re­cru­te­ments, mais aus­si en usage in­terne pour diag­nos­ti­quer la culture nu­mé­rique des équipes avant de pro­po­ser une for­ma­tion ou pour dé­tec­ter des am­bas­sa­deurs ca­pables de faire du men­to­rat ou de por­ter des pro­jets de trans­for­ma­tion nu­mé­rique.

DOU­BLER LE CHIFFRE D’AF­FAIRES

Le test se pré­sente comme un QCM de 30 mi­nutes, avec 90 ques­tions sur cinq ca­té­go­ries (In­ter­net, in­for­ma­tique, ré­seaux so­ciaux, tech­no­lo­gie, éco­no­mie nu­mé­rique), sur une base de 1400 ques­tions pour qu’une per­sonne qui tente deux fois le TANu passe des épreuves dif­fé­rentes. Au-de­là de ce tronc com­mun, la so­cié­té pro­pose de ra­jou­ter des ca­té­go­ries com­plé­men­taires (blo­ck­chain, e-tou­risme) pour per­mettre aux en­tre­prises de per­son­na­li­ser leur ques­tion­naire.

Pour pas­ser son test, le par­ti­cu­lier re­çoit une in­vi­ta­tion par e-mail, ré­pond aux ques­tions, re­çoit son pas­se­port avec le score, son po­si­tion­ne­ment par rap­port aux autres, et – le der­nier ser­vice pro­po­sé par Immersive Lab – des conseils pour pro­gres­ser. La so­cié­té lance ain­si son école TANu, qui donne ac­cès à des res­sources d’au­to­for­ma­tion nu­mé­rique (vi­déos, tu­to­riels, cours en ligne, pod­casts…).

Les élèves qui ont pas­sé le TANu re­çoivent une pré­sé­lec­tion de res­sources en fonc­tion de leurs scores dans les dif­fé­rentes ca­té­go­ries et de leur ca­pa­ci­té à les faire pro­gres­ser. Ils peuvent éga­le­ment créer une wi­sh­list de for­ma­tions et d’au­to­for­ma­tions qu’ils peuvent en­suite pro­po­ser à leurs em­ployeurs pour va­li­da­tion. En se connec­tant sur le site de l’école avec leurs iden­ti­fiants TANu, les en­tre­prises peuvent op­ter pour des for­ma­tions en groupe afin de mi­ni­mi­ser les coûts. En­fin, les en­tre­prises, centres de for­ma­tion ou éta­blis­se­ments d’enseignement qui pro­posent le TANu ont la pos­si­bi­li­té d’ajou­ter leurs propres for­ma­tions à celles dé­jà pré­sen­tées par l’école.

Immersive Lab, dont le chiffre d’af­faires os­cille entre 700000 et 1 mil­lion d’eu­ros, at­tend beau­coup de ce nou­veau ser­vice, no­tam­ment pour al­lé­ger la dé­pen­dance de l’en­tre­prise à son ac­ti­vi­té his­to­rique de pres­ta­tion de ser­vice, l’ob­jec­tif étant de dou­bler son chiffre d’af­faires.

Après avoir mis au point le TANu, pre­mier test per­met­tant aux en­tre­prises de me­su­rer la culture nu­mé­rique de leurs sa­la­riés, l’agence Web Immersive Lab com­plète son offre avec le lan­ce­ment d’une pla­te­forme de for­ma­tion. Le mar­ché est énorme, notre dé­fi est d’ar­ri­ver à trou­ver les bons le­viers com­mer­ciaux pour le faire connaître

En lan­çant le TANu puis son école d’e-lear­ning, Immersive Lab est par­tie des be­soins de ses clients, opé­rant par la même oc­ca­sion sa propre trans­for­ma­tion nu­mé­rique.

Le test d’agi­li­té nu­mé­rique se pré­sente sous forme de QCM. Après avoir ré­pon­du à ce ques­tion­naire, on re­çoit son score, son pro­fil et des conseils si be­soin est.

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