NU­MÉ­RIQUE ET STAR­TUPS QUE VAUT VRAI­MENT BOR­DEAUX ?

Au-de­là du dis­cours mar­ke­ting et de la vogue des star­tups, que vivent vrai­ment les ac­teurs de cette éco­no­mie du nu­mé­rique et de l’innovation ? Quel est le vrai po­ten­tiel de la mé­tro­pole bor­de­laise, de ses jeunes pousses et de ses PME, et sur quels points

La Tribune Bordeaux - - ENQUÊTE - PAR MIKAËL LOZANO À BOR­DEAUX @Mi­kaelLo­za­no

La ty­po­lo­gie des ac­teurs en pré­sence dans la mé­tro­pole bor­de­laise fait ap­pa­raître plu­sieurs grandes fa­milles. Hors ca­té­go­rie fi­gure Cdis­count. Le lea­der fran­çais du e-com­merce, avec 30% du mar­ché, est né à Bor­deaux en 1999 et y a tou­jours son siège so­cial, ins­tal­lé à proxi­mi­té de la nou­velle Ci­té du Vin, sur les quais. À lui seul, Cdis­count a gé­né­ré un vo­lume d’af­faires de 3 mil­liards d’eu­ros en 2016 et em­ploie quelque 1000 per­sonnes sur son site bor­de­lais et 500 sur ses bases lo­gis­tiques voi­sines de Ces­tas et Blan­que­fort. Seul pro­blème : la plu­part des connais­seurs du mi­lieu s’ac­cordent à dire que cette lo­co­mo­tive en puis­sance, sous le pa­villon du groupe Ca­si­no, fonc­tionne en cir­cuit fer­mé et ne tire con­crè­te­ment au­cun wa­gon dans son sillage.

Der­rière, on re­trouve des di­rec­tions ré­gio­nales d’en­tre­prises de ser­vices nu­mé­riques telles que CGI, des ETI bien ins­tal­lées et en crois­sance au­tour de l’in­for­ma­tique (Cheops Tech­no­lo­gy, Ac­tual Sys­tèmes) ou de l’ana­lyse de don­nées sur le Web (AT In­ter­net, un des lea­ders mon­diaux de ce mar­ché, 220 em­plois). Plu­sieurs PME en crois­sance sont aus­si pré­sentes comme NP6 (e-mails mar­ke­ting), Alie­nor-Aqui­tem (sites In­ter­net et fi­dé­li­sa­tion clients), Ac­ti­play (ex-Con­cours­ma­nia, spé­cia­li­sé dans le jeu mar­ke­ting), Sys­to­nic (agence di­gi­tale, hé­ber­ge­ment, sé­cu­ri­té…), Do­list (e-mail et da­ta mar­ke­ting)… Et en­fin, une longue liste de jeunes star­tups à dif­fé­rents stades de ma­tu­ri­té.

Cer­taines sont dé­sor­mais ins­tal­lées dans le pay­sage et conti­nuent à croître. Nées il y a plus ou moins cinq ans, des jeunes pousses bor­de­laises ont at­ta­qué conjoin­te­ment le seg­ment de la consom­ma­tion col­la­bo­ra­tive. Les par­ti­cu­liers peuvent ain­si louer leurs pièces vides (avec Je­stocke.com, 18 em­plois), leur cam­ping-car (avec Yes­ca­pa, 35 em­plois), leur ba­teau (avec Sam­boat, 19 em­plois). Les deux der­nières ci­tées ont en­ta­mé leur in­ter­na­tio­na­li­sa­tion. Sur d’autres su­jets et à des de­grés di­vers, d’autres comme la pla­te­forme Loi­sirs En­chères (offres de voyages, d’hô­tels, de week-end et de sor­ties aux en­chères), On­crawl (ou­tils d’op­ti­mi­sa­tion du ré­fé­ren­ce­ment par les mo­teurs de re­cherche) ou Mar­bo­tic (jouets connec­tés et pé­da­go­giques en bois) dé­collent éga­le­ment.

FAUT-IL DES PRISES DE GUERRE ?

Bor­deaux ca­pi­ta­lise d’abord sur quelques thèmes bien iden­ti­fiés : e-san­té, e-com­merce, éco­no­mie du par­tage, par exemple. Mais elle souffre avant tout du manque de gros ac­teurs. On a beau­coup en­ten­du à Bor­deaux ces der­nières an­nées que la ville de­vait réus­sir à at­ti­rer, par exemple de puis­santes fi­liales de grands groupes. Et d’im­por­tants ef­forts en mar­ke­ting ter­ri­to­rial ont été consen­tis en ce sens. Si l’idée n’est pas aban­don­née, elle semble en tout cas moins mo­no­li­thique et l’idée de conti­nuer à faire gran­dir les ac­teurs lo­caux fait son che­min. Les prises de guerre sont en­core peu nom­breuses : fi­liale de la RATP, Ixxi est ar­ri­vé avec une cin­quan­taine de per­sonnes. Axa a ins­tal­lé Axa Wealth Ser­vices (130 em­plois) à Mé­ri­gnac. Plus ré­cem­ment, Ubi­soft a an­non­cé ou­vrir en sep­tembre pro­chain un site à Bor­deaux avec 50 per­sonnes. De sources concor­dantes, pour le géant fran­çais du jeu vi­déo, la pers­pec­tive semble être plu­tôt ca­lée sur 250 sa­la­riés d’ici trois ans.

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