Quelles sont LES STAR­TUPS BOR­DE­LAISES LES PLUS PROMETTEUSES ?

Cer­taines jeunes pousses bor­de­laises sont dé­sor­mais ins­tal­lées de­puis plu­sieurs an­nées dans le pay­sage. Mais voi­ci qu’une nou­velle gé­né­ra­tion ar­rive af­fi­chant elle aus­si de fortes am­bi­tions. Sé­lec­tion, for­cé­ment non ex­haus­tive, des pro­jets les plus pro­met

La Tribune Bordeaux - - ENQUÊTE - MIKAËL LOZANO @Mi­kaelLo­za­no

BASE10 POUR PAR­TA­GER SES ES­PACES DE TRA­VAIL

Base10 est à l’ori­gine d’une ap­pli­ca­tion mo­bile qui per­met à ses membres de par­ta­ger et de va­lo­ri­ser leurs es­paces de tra­vail libres ou d’en trou­ver un. Pro­po­sant des ta­rifs ac­ces­sibles, uniques et à la de­mi­jour­née (bu­reau à 15 € HT, poste de tra­vail à 9 € HT, salle de réunion à 3 € HT par place dis­po­nible), elle s’adresse no­tam­ment d’une part aux in­dé­pen­dants, et d’autre part aux en­tre­prises, mai­ries, as­so­cia­tions… qui dis­posent de ma­tière ré­cur­rente de places va­cantes dans leurs lo­caux et qui cherchent à ren­ta­bi­li­ser ces es­paces in­oc­cu­pés. « Je viens de l'im­mo­bi­lier d'en­tre­prise où l'on voit beau­coup de choses se pas­ser dans la mo­bi­li­té, avec l'ar­ri­vée de types de col­la­bo­ra­tions dif­fé­rentes du sa­la­riat et la forte crois­sance du free­lance. Les struc­tures tra­di­tion­nelles sont en plein bou­le­ver­se­ment : le tra­vail passe par les tiers-lieux », ana­lyse ain­si son co­fon­da­teur Vincent Pa­nier. Base10 a pour am­bi­tion de créer un im­por­tant ré­seau col­la­bo­ra­tif en rap­pro­chant en­tre­prises et per­sonnes en re­cherche d’em­ploi ou en re­con­ver­sion ain­si que des au­to-en­tre­pre­neurs, créa­teurs et por­teurs de pro­jets. Elle a dé­jà si­gné des par­te­na­riats avec Grou­pa­ma, So­cié­té gé­né­rale, Al­liance Villes em­ploi, ain­si que Wolks­wa­gen France, qui ouvre les bu­reaux de ses con­ces­sions aux in­dé­pen­dants et co­wor­keurs. Base10 re­cense à ce jour plus 1 500 postes de tra­vail dis­po­nibles.

INVIVOX RÉINVENTE LE COMPAGNONNAGE MÉ­DI­CAL

Pla­te­forme mon­diale de mise en re­la­tion des chi­rur­giens et ex­perts pour des for­ma­tions en bloc opé­ra­toire ou en salle, Invivox, créée en 2015 à Pes­sac, a convain­cu no­tam­ment l’uni­ver­si­té de New York d’uti­li­ser sa pla­te­forme et, six mois après le lan­ce­ment de sa ver­sion bê­ta, a per­mis la for­ma­tion de plus de 200 mé­de­cins de 28 na­tio­na­li­tés dif­fé­rentes. Sur un mar­ché de la for­ma­tion mé­di­cale es­ti­mée à 30 mil­liards de dol­lars, Invivox s’adresse à plus de 8 mil­lions de chi­rur­giens, dont 1,2 mil­lion font par­tie de son coeur de cible. La so­cié­té a le­vé l’an der­nier 1,2 M€. Invivox compte dé­sor­mais aux États-Unis trois per­sonnes, ve­nues ren­for­cer son équipe de dix col­la­bo­ra­teurs à Pes­sac. La so­cié­té a dé­cro­ché le concours d’innovation nu­mé­rique de Bpi­france, qui va lui per­mettre de se mus­cler pour amé­lio­rer son ser­vice R&D. Invivox est éga­le­ment fi­na­liste du Ga­lion Boos­ter. Sou­te­nue par le fonds d’in­ves­tis­se­ment ISAI, la so­cié­té a été choi­sie par Pierre Kos­cius­ko-Mo­ri­zet (Price-Mi­nis­ter) et Ta­tia­na Ja­ma (Sé­lec­tion­nist) qui l’ac­com­pa­gne­ront jus­qu’à la grande fi­nale le 6 juillet pro­chain. Invivox, qui lan­ce­ra cet au­tomne une nou­velle le­vée de fonds, pour­rait être ren­table fin 2018.

DISPLAYCE L’AF­FI­CHAGE DI­GI­TAL IN­TEL­LI­GENT

La star­tup bor­de­laise se po­si­tionne sur un mar­ché plein de pro­messes : l’af­fi­chage di­gi­tal, au­tre­ment ap­pe­lé di­gi­tal out of home (DOOH). Dans la rue, au bord des routes, dans les centres com­mer­ciaux… Un peu par­tout, les mo­bi­liers di­gi­taux fleu­rissent, per­met­tant, à tra­vers ces écrans, de tou­cher une cible en mou­ve­ment. Co­fon­da­trice de Displayce avec Ma­rie Gaes­tel, Laure Ma­lergue ob­serve néan­moins que « la fa­çon d'ache­ter des cam­pagnes dif­fu­sées par ces pan­neaux n'a pas chan­gé : par packs, avec 15 jours d'avance… On achète du di­gi­tal comme on achète du pa­pier. » Displayce a donc mis en place une pla­te­forme pro­gram­ma­tique qui per­met de tou­cher po­ten­tiel­le­ment plus de 21 mil­lions de per­sonnes via un in­ven­taire de 31000 pan­neaux di­gi­taux, soit plus de la moi­tié du parc fran­çais. La star­tup mise sur deux le­viers : la contex­tua­li­sa­tion et l’au­to­ma­ti­sa­tion. Sa pla­te­forme s’ap­puie no­tam­ment sur l’open da­ta et les co­or­don­nées GPS des pan­neaux di­gi­taux pour ca­li­brer des cam­pagnes de com­mu­ni­ca­tion plus per­ti­nentes pour le pas­sant. Lors du sa­lon Vi­va Tech­no­lo­gy, Displayce af­fi­chait ain­si via son dé­mons­tra­teur des an­nonces de biens im­mo­bi­liers du site Se­lo­ger.com si­tués à proxi­mi­té, ou des mes­sages in­for­mant les vi­si­teurs du sa­lon des dif­fé­rents moyens de trans­port à leur dis­po­si­tion. Après un pre­mier tour de table de 850000 € fin 2016, Displayce a pris de fortes po­si­tions en France et pré­pare une deuxième le­vée de fonds dé­but 2018 afin de confor­ter ses pre­miers pas eu­ro­péens.

L’AD­DI­TION DES COMPTES SO­LIDES

Peu l’ont vu ve­nir. En dé­but d’an­née, L’Ad­di­tion a le­vé 5 M€ d’un coup et an­non­cé le re­cru­te­ment de 40 per­sonnes. La star­tup bor­de­laise est sor­tie du bois à cette oc­ca­sion, elle qui était res­tée dis­crète jus­qu’à pré­sent. « Le concept de notre ap­pli­ca­tion sur iPad est simple : pro­po­ser un lo­gi­ciel ex­trê­me­ment er­go­no­mique spé­ci­fi­que­ment pen­sé pour les mé­tiers de la res­tau­ra­tion, de­puis la prise de com­mande jus­qu'à la comp­ta­bi­li­té », ex­plique Sé­bas­tien Cons­tant, co­fon­da­teur de la so­cié­té adS­tel­lam, qui édite L’Ad­di­tion, avec Oli­vier Re­pes­sé. Fon­dée en 2012, au­jourd’hui à l’équi­libre, L’Ad­di­tion ne fait pas par­tie des star­tups cash bur­ners. Elle compte dé­sor­mais plus de 9000 uti­li­sa­teurs et 2500 clients. Son ap­pli­ca­tion pro­pose plus de 300 fonc­tion­na­li­tés et s’adresse à un large spectre de pro­fes­sion­nels, du tri­por­teur ou du food truck jus­qu’à la grande bras­se­rie de 4000 m2. Un par­te­na­riat tout juste noué avec un autre ac­teur, Bi Média, lui per­met main­te­nant de dé­cli­ner son offre sur tous les pro­duits d’Apple (iPad, iP­hone, iPod).

LIN­GUA­LI LA TRA­DUC­TION AC­CES­SIBLE

In­ter­prète de­puis plus de vingt ans, James An­der­son a ima­gi­né, avec Fran­çois-Xa­vier Bo­din, une ap­pli­ca­tion qui sim­pli­fie le re­cours aux ser­vices d’un in­ter­prète pour les or­ga­ni­sa­teurs d’évé­ne­ments et en al­lège le coût en s’af­fran­chis­sant de tout le ma­té­riel loué à prix d’or. Ils créent Lin­gua­li SAS en 2014. S’en suivent deux ans de R&D pour mettre au point leur ap­pli­ca­tion et conci­lier qua­li­té du son et ins­tan­ta­néi­té de la tra­duc­tion. « On pen­sait dis­rup­ter le mar­ché mais, en fait, on ouvre le mar­ché là où l'in­ter­pré­ta­riat n'exis­tait pas, ou n'exis­tait plus parce que ce­la coû­tait trop cher », ré­sument les co­fon­da­teurs. Les agences d’in­ter­pré­ta­tion, fri­leuses de de­voir aban­don­ner et donc ne plus louer des équi­pe­ments chè­re­ment ac­quis qui ne sont plus né­ces­saires avec Lin­gua­li, réa­lisent qu’elles peuvent dé­sor­mais ci­bler des évé­ne­ments qui leur échap­paient jus­qu’à pré­sent à cause du prix de leur pres­ta­tion équi­pe­ments com­pris. La so­cié­té es­père être ren­table à la fin de l’an­née, soit 20000 € de chiffre d’af­faires par mois. « C'est am­bi­tieux, mais réa­liste. Il n'y a plus au­cun doute sur la pertinence de notre pro­duit », as­surent les deux co­fon­da­teurs. La so­cié­té va éga­le­ment tra­vailler sur les nom­breuses fonc­tion­na­li­tés de­man­dées par les clients.

MOBALIB PRE­MIER RÉ­SEAU SO­CIAL AU SER­VICE DES PER­SONNES EN SI­TUA­TION DE HAN­DI­CAP

C’est un pe­tit nou­veau dans le monde des star­tups bor­de­laises. Mobalib, hé­ber­gée de­puis le dé­but de l’an­née au sein de l’in­cu­ba­teur-pé­pi­nière New­ton de Bègles, dé­ve­loppe le pre­mier ré­seau so­cial et col­la­bo­ra­tif dé­dié au han­di­cap. La pre­mière ver­sion du site In­ter­net est dis­po­nible sur mobalib.com. Alors que 12 mil­lions de per­sonnes en si­tua­tion de han­di­cap en France sont confron­tées à l’iso­le­ment lié à la dif­fi­cul­té d’ac­cès à l’in­for­ma­tion et à son manque de fia­bi­li­té, les trois as­so­ciés fon­da­teurs (Ma­ri­na Dé­si­ré, Jo­na­than Du­pire et Jes­si­ca Am­rane-De­la­fosse, ci-des­sous) ont dé­ci­dé de créer un ou­til per­met­tant de trou­ver un ser­vice ou un lieu adap­té à leurs be­soins, de le re­com­man­der et d’échan­ger en di­rect via le ré­seau so­cial. « Le but de notre dé­marche est d'être un fa­ci­li­ta­teur de vie », ex­plique Ma­ri­na Dé­si­ré. La star­tup qui par­ti­cipe à de nom­breux concours ne pré­voit pas de le­vée de fonds d’ici à 2019.

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