VERS UN SI­LI­CON VIGNOBLE À BOR­DEAUX ?

Se­nior part­ner chez Dell Tech­no­lo­gies, in­tra­pre­neur et spé­cia­liste de la trans­for­ma­tion nu­mé­rique, Ai­dan O’Brien porte à Bor­deaux un pro­jet très am­bi­tieux bap­ti­sé « Si­li­con vignoble ».

La Tribune Bordeaux - - ENQUÊTE - Mikaël Lozano

Cet évan­gé­liste de la trans­for­ma­tion nu­mé­rique ne se dé­par­tit presque ja­mais de ses grandes feuilles de pa­pier, rou­lées dans une po­chette, sur les­quelles il a pa­tiem­ment grif­fon­né les étapes clés du dé­ve­lop­pe­ment d’une star­tup, les en­jeux de la pla­te­for­mi­sa­tion, les ré­vo­lu­tions des mo­dèles éco­no­miques, et tout ce que cet An­glais pas­sé par Ac­cen­ture, au­jourd’hui se­nior part­ner chez Dell Tech­no­lo­gies, juge fon­da­men­tal. Ins­tal­lé de­puis un an à Bor­deaux, Ai­dan O’Brien a la fer­veur des convain­cus. Et convain­cu, il l’est jus­te­ment par Bor­deaux et son éco­sys­tème, au point de vou­loir contri­buer à y créer un « Si­li­con vignoble ». Plus pré­ci­sé­ment, il en­vi­sage l’émer­gence « d'un noyau dur d'une tren­taine de so­cié­tés ex­po­nen­tielles, ce qui im­plique la ge­nèse de près de 150 star­tups aux fortes am­bi­tions, compte te­nu du taux d'échec ». Très di­rect voire dé­com­plexé là où le Bor­de­lais est tout en ron­deurs, Ai­dan O’Brien, fort d’un car­net d’adresses long comme le bras, pense temps long et se pas­sionne pour les nou­velles formes de tra­vail, no­tam­ment le crowd­sour­cing (re­cherche de com­pé­tences en de­hors de l’en­tre­prise en fonc­tion de ses be­soins). Il voit dans ce Si­li­con vignoble « l'op­por­tu­ni­té de don­ner à Bor­deaux des op­tions à nos en­fants » sans que ces der­niers aient à s’ex­pa­trier pour re­joindre des pé­pites mon­diales. Mais il est aus­si par­fai­te­ment conscient qu’il ne fe­ra pas tout, tout seul. « Il y a à Bor­deaux une vraie vo­lon­té de construire de la part des dif­fé­rents ac­teurs de l'éco­sys­tème, qui n'est pas for­cé­ment ré­pan­due ailleurs, sou­ligne-t-il. Mais il manque des liens entre le monde aca­dé­mique et l'en­tre­prise, les équipes des star­tups ne sont sou­vent pas as­sez équi­li­brées. Mais sur­tout, ce qui pèche vrai­ment, c'est l'ex­pé­rience et l'in­ter­na­tio­nal, le ré­seau, pour que les pro­jets dé­collent. J'ai en­vie d'y contri­buer. »

UN PRE­MIER PRO­JET

L’ar­chi­tecte de cette Si­li­con Val­ley ne vise pas un sec­teur en par­ti­cu­lier : « Vin, mé­di­cal, aé­ro­spa­tial… Peu im­porte. Bu­si­ness, tech­no­lo­gies, nu­mé­rique… les fron­tières dis­pa­raissent. L'en­jeu n'est pas for­cé­ment d'avoir la meilleure tech­no­lo­gie mais d'al­ler vite et de s'im­po­ser sur son mar­ché avant les autres. Nous de­vons jouer sur nos points forts et créer des éco­sys­tèmes trans­verses. Bor­deaux est un nom qui parle par­tout dans le monde, il faut ab­so­lu­ment ca­pi­ta­li­ser des­sus. » Ai­dan O’Brien porte un pre­mier pro­jet de star­tup, dé­sor­mais bien avan­cé, sur le­quel il reste dis­cret pour le mo­ment. Et es­père vi­ve­ment que cette pre­mière pierre du Si­li­con vignoble en ap­pel­le­ra d’autres ra­pi­de­ment. « Je ne veux pas créer un in­cu­ba­teur, ré­su­met-il. L'idée de ce pro­jet est de créer une grande com­mu­nau­té qui per­mette à cha­cun de mon­ter en com­pé­tences, de don­ner du tra­vail aux 50000 étu­diants de l'uni­ver­si­té. Que fait-on pour eux ? »

Ai­dan O'Brien en­vi­sage à Bor­deaux l'émer­gence « d’un noyau dur d’une tren­taine de so­cié­tés ».

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