French Tech Bor­deaux doit VITE TOUR­NER LA PAGE

L’as­so­cia­tion bor­de­laise vit une crise im­por­tante. Les en­tre­pre­neurs fon­da­teurs et le di­rec­teur gé­né­ral s’en vont, la ma­chine doit re­dé­mar­rer pour ne pas perdre le pré­cieux la­bel.

La Tribune Bordeaux - - ENQUÊTE - M. L.

Tout sem­blait pour­tant bien par­ti. La com­mu­nau­té French Tech Bor­deaux s’était fait connaître pour son dy­na­misme et sem­blait as­sez pré­ser­vée des que­relles d’ego ren­con­trées par d’autres métropoles fran­çaises dé­ten­trices du pré­cieux sé­same. Et puis… L’as­so­cia­tion ren­contre au­jourd’hui des dif­fi­cul­tés im­por­tantes, à tel point que les cinq en­tre­pre­neurs fon­da­teurs ac­te­ront leur dé­part lors de la pro­chaine as­sem­blée gé­né­rale, le 29juin pro­chain, en plein conflit ou­vert avec le dé­lé­gué gé­né­ral de l’as­so­cia­tion, lui aus­si par­tant. Les der­niers mois ont été pour­ris par des ques­tions de non-clô­ture des comptes, donc de non-paie­ment des sa­laires, car des sub­ven­tions n’avaient pas été ver­sées… Et dans le même temps, à Pa­ris, la mis­sion French Tech s’im­pa­tiente, car la feuille de route cen­sée fixer les ob­jec­tifs de l’as­so­cia­tion French Tech Bor­deaux ne lui a tou­jours pas été com­mu­ni­quée. Pour beau­coup d’ob­ser­va­teurs, l’as­so­cia­tion bor­de­laise est « trop po­li­ti­sée » : son ter­ri­toire d’ac­tion, la mé­tro­pole, se confond avec ce­lui de Bor­deaux Mé­tro­pole, son prin­ci­pal fi­nan­ceur, qui a tou­jours beau­coup uti­li­sé le la­bel pour van­ter son dy­na­misme éco­no­mique. Ce­ci se jouant au dé­tri­ment de la Ré­gion qui est le prin­ci­pal sou­tien fi­nan­cier des star­tups – on dit qu’elle com­mence à s’aga­cer… Plane donc la me­nace d’un re­trait du la­bel, si la ma­chine ne re­part pas. Le « ca­nal his­to­rique » des en­tre­pre­neurs fon­da­teurs va de­voir être rem­pla­cé. À l’heure où nous écri­vons ces lignes, les can­di­dats ne semblent pas se bous­cu­ler ; cer­tains en­tre­pre­neurs, un temps in­té­res­sés, ont bat­tu en re­traite. Un nou­veau dé­lé­gué gé­né­ral doit aus­si être trou­vé. En fi­li­grane, l’as­so­cia­tion doit aus­si dé­fi­nir pré­ci­sé­ment ses mis­sions. Car au dé­part, French Tech n’est pas une agence de dé­ve­lop­pe­ment éco­no­mique – elle n’en a d’ailleurs pas les moyens – : il s’agit avant tout d’un la­bel mar­ke­ting des­ti­né à fé­dé­rer et à don­ner de la lisibilité à l’in­ter­na­tio­nal. Deux pa­ris in­dé­nia­ble­ment réus­sis.

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