À table.

Sa­ku, cui­sine fran­çaise, in­fluences ja­po­naises

La Tribune de Lyon - - SOMMAIRE -

Comme il semble que la moi­tié de la po­pu­la­tion lyon­naise a dé­ci­dé d’ou­vrir des res­tau­rants,

les nou­veau­tés s’en­chaînent. De fait, nous n’avions pas en­core eu l’oc­ca­sion de par­ler de Sa­ku, un « vieux » res­tau­rant ou­vert il y a dé­jà quelques mois. Plu­sieurs siècles en temps jour­na­lis­tique. On au­rait pu le lais­ser au fond de notre poche en se di­sant que de toutes fa­çons le rythme des ou­ver­tures est tel qu’il fau­drait pas­ser d’heb­do­ma­daire en quo­ti­dien pour suivre. Mais non, car Sa­ku est exac­te­ment le pro­fil d’adresse qu’on aime faire dé­cou­vrir. Géo­gra­phi­que­ment iso­lé, donc in­trou­vable par ha­sard, un chef ja­po­nais pas­sé chez des étoi­lés, qui ne joue pas à la sau­te­relle avec votre compte ban­caire : Sa­ku per­met de faire va­loir au sein d’une conver­sa­tion votre don pour dé­ni­cher les pe­tits champs au­ri­fères de la gas­tro­no­mie lo­cale dont per­sonne ne parle, à part vous, parce que vous êtes vrai­ment trop ma­lin.

De­li­ca­tesse. À mi­di, le me­nu à 18 eu­ros pour­rait mettre à ge­noux de honte nombre de res­tos, qui pour plus cher, pa­gaient dans la chou­croute et surfent sur l’en­tre­côte. Ain­si, l’autre jour, le ve­lou­té de cour­gette et ses spa­ghet­tis de courge et les rillettes d’agneau aux len­tilles qui cli­gno­taient en vert au ni­veau des en­trées ar­bo­raient ce pe­tit dé­han­che­ment gra­cieux que l’on re­trouve dans les res­tau­rants de caste su­pé­rieure abon­nés au Mi­che­lin. Il faut dire que le chef Sei­sa­ku Miya­mo­to est pas­sé chez Las­sau­saie, deux étoiles bien brillantes à Chas­se­lay. Certes, ce n’est pas le même dé­cor. Le car­re­lage blanc et le pla­fond Iso­rel in­vitent à se consa­crer à l’as­siette. Le cui­si­nier ne fu­sionne pas, il fait pa­po­ter cui­sine fran­çaise et pro­duits ja­po­nais. Comme pour le mé­daillon de mer­lan tein­té de yu­zu, dont on ap­pren­dra plus tard que la sauce, hyp­no­tique comme la ma­rée mon­tante, était en­ri­chie d’une émul­sion de tur­bot et ho­mard, is­sue des me­nus du soir où se croisent noix de veau fu­mée au foin, ma­ri­né de ma­que­reaux au gin­gembre ou royale d’écre­visse aux cham­pi­gnons. Sa femme, Nao­ko, qui ar­rive à gar­der un sou­rire so­laire alors qu’elle ne sert que d’une main pour cause de bras cas­sé, ajoute au fait que, non, la res­tau­ra­tion ne s’uni­for­mise pas, elle se nour­rit de ce type de per­son­na­li­tés qui mettent le tur­bo, en toute dis­cré­tion.

Sei­sa­ku Miya­mo­to et son se­cond.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.