Un oeil au ser­vice du pa­tri­moine

Le pho­to­graphe Gilles Alon­so pré­sente jus­qu’au 10 no­vembre à la bi­blio­thèque du 1er ar­ron­dis­se­ment, sa sé­rie de pho­tos sur les salles de spec­tacles vues de­puis la scène, in­ti­tu­lée « Sy­mé­trie du spec­tacle » . Ren­contre avec un amou­reux d’ar­chi­tec­ture.

La Tribune de Lyon - - SORTIES - C. S.

À la re­cherche du lieu idéal

C’est en 2012 que Gilles Alon­so pose ses va­lises à Lyon. Cet an­cien gra­phiste et pro­fes­seur de gra­phisme veut alors trans­for­mer sa pas­sion pour la pho­to­gra­phie en pro­fes­sion. À l’époque, il tire sur­tout le por­trait de co­mé­diennes qu’il met en scène dans des uni­vers sem­blant tout droit sor­tis d’un film d’Hit­ch­cock. « J’aime que le spec­ta­teur ima­gine une his­toire à par­tir de la pho­to . » Mais dé­jà, ce qui l’at­tire, ce sont les lieux, qui sont aus­si im­por­tants que les per­son­nages. « Avec un père mi­li­taire, je n’ai ja­mais eu de port d’at­tache. J’en­vie les gens qui res­tent toute leur vie au même en­droit sans s’en­nuyer » , ex­plique le pho­to­graphe au­jourd’hui âgé de 46 ans. « C’est peut- être pour ça que je fais de la pho­to, pour trou­ver l’en­droit idéal . » Et Lyon alors ? « Elle a l’avan­tage d’être bien pla­cée, je peux voya­ger fa­ci­le­ment . »

Pro­me­nons- nous dans les ta­bleaux

En ar­ri­vant à Lyon, alors qu’il se met à la pho­to­gra­phie d’ar­chi­tec­ture, Gilles Alon­so se tourne vers le mu­sée des Beaux- arts. Il pro­pose à la di­rec­tion de faire des pho­to­gra­phies en gi­ga­pixels des ta­bleaux du mu­sée, une fa­çon de nu­mé­ri­ser les oeuvres et qui per­met de plon­ger au plus près des dé­tails de­puis son or­di­na­teur. La pro­po­si­tion est cu­lot­tée, sur­tout pour ce ti­mide au re­gard franc et à la voix douce qui n’aime pas se mettre en avant, mais elle se ré­vèle payante. Le mu­sée ac­cepte, une col­la­bo­ra­tion est née. En plus de pro­fi­ter d’un mar­ché de niche, Gilles es­time que par son tra­vail, les oeuvres vont tou­cher un autre pu­blic : « On ouvre l’art aux per­sonnes qui ne mettent ja­mais les pieds dans les mu­sées. »

Faire l’in­ven­taire du pa­tri­moine

C’est avec cette même idée de rendre ac­ces­sibles des lieux qui le sont peu que Gilles Alon­so se lance dans une sé­rie de pho­tos sur les salles de théâtre. « J’ai en­vie de té­moi­gner sur notre pa­tri­moine, de faire un tra­vail d’in­ven­taire . » S’il choi­sit les théâtres, ce n’est pas à cause d’un at­trait par­ti­cu­lier pour les planches, mais parce qu’en se pla­çant sur scène face aux fau­teuils, on re­trouve à chaque fois un plan sy­mé­trique, « comme un air de fa­mille » . Tou­ché par le théâtre de Bé­ziers « presque à l’aban­don alors qu’il a ac­cueilli toutes les grandes stars dans les an­nées 1900 » , ou en­core par l’aus­té­ri­té de l’opé­ra de Lyon et sa mo­der­ni­sa­tion osée, le pho­to­graphe ré­flé­chit dé­jà à une pro­chaine sé­rie ty­po­lo­gique. « J’en re­viens aux lieux… tou­jours . »

Sa col­la­bo­ra­tion avec les Beauxarts de Lyon a per­mis à Gilles Alon­so de tra­vailler en­suite avec les mu­sées de Lille et de Mont­pel­lier.

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