Com­ment Lyon dé­cons­truit l’hé­ri­tage de « Zi­zi bé­ton »

La Tribune de Lyon - - PATRIMOINE DOSSIER -

Maire de Lyon pen­dant vingt ans, Louis Pra­del a lais­sé une marque du­rable dans la ville. Bâ­tis­seur in­vé­té­ré et fan as­su­mé de bé­ton, c’est à lui que l’on doit l’au­to­route dans la ville, le centre d’échanges de Per­rache ou en­core le quar­tier de la Part- Dieu. Soit au­tant de réa­li­sa­tions au­jourd’hui ob­so­lètes et ré­no­vées par la Mé­tro­pole. Tri­bune de Lyon re­vient sur l’ori­gine de pro­jets qui, à leur époque, étaient ven­dus comme des exemples de mo­der­ni­té. DOS­SIER RÉA­LI­SÉ PAR LU­CAS DESSEIGNE ET HUGO HAR­NOIS P our les Lyon­nais, il était « Zi­zi bé­ton » . Un sur­nom comme une marque d’af­fect ion pour un ma i re qui au­ra ré­gné près de vingt ans sur la ville. Sur­tout, un sur­nom que Louis Pra­del au­ra ga­gné pour son amour des grands chan­tiers et la per­ma­nente érect ion de nou­veaux bâ­ti­ments qui au­ra ani­mé ses man­dats. Ar­ri­vé à l’Hô­tel de Vi l le en 1957, suite au dé­cès d’Édouard Her­riot, Louis Pra­del est le maire de Lyon à l’hé­ri­tage ur­ba­nis­tique le plus contesté. C’est à lui que l’on doit no­tam­ment l’au­to­route en centre- ville et le tun­nel de Four­vière, le centre d’échanges de Per­rache ou en­core le quar­tier de la PartDieu. Si tout n’est pas à je­ter dans ces pro­jets, ils ont en com­mun d’avoir plu­tôt mal vieillis. Sur­tout, i ls sont tous en pleine re­com­po­si­tion : l’au­to­route A6- A7 qui tra­verse la Pres­qu’î le est dé­clas­sée et, de­puis mer­cre­di der­nier, gé­rée par la Mé­tro­pole ; le centre de Per­rache va être re­pen­sé et la Part- Dieu re­mo­de­lée. Mais si Louis Pra­del laisse l’image d’un maire à la main de bé­ton dans un gant de ci­ment, il faut re­pla­cer son ac­tion dans un contexte plus gé­né­ral : lors­qu’il ar­rive à la tête de Lyon, c’est une vi l le amorphe dont il hér ite. De­puis la fin de la guerre et le re­tour d’Édouard Her­riot à l’Hô­tel de Ville, l’im­mo­bi­lisme est de­ve­nu la règle. Le temps presse donc pour Pra­del qui veut faire de Lyon une ville mo­derne. Ça tombe bien, la ges­tion d’Her­riot en bon père de fa­mille a lais­sé les caisses pleines. Avec l’aide d’un État om­ni­pré­sent, dont Pra­del sau­ra s’at­ti­rer les mannes, Lyon se re­com­pose. Qua­rante ans après sa dis­pa­ri­tion, le maire a lais­sé une si­gna­ture unique en ville. Celle d’une époque où la voi­ture était la reine et où l’on pen­sait qu’une au­to­route en ville, c’était la classe.

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