Et main­te­nant, l’IA bluffe mieux que nous…

La Tribune Hebdomadaire - - EDITO -

Après les échecs et le jeu de go, c’est le tour du po­ker. Des cher­cheurs de l’uni­ver­si­té de Car­ne­gie-Mel­lon (Penn­syl­va­nie) ont an­non­cé que leur pro­gramme d’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle (IA), Li­bra­tus, a vain­cu quatre joueurs de po­ker pro­fes­sion­nels, dans la va­riante Texas Hold’em « sans li­mite » de re­lances. Les ro­bots, meilleurs bluf­feurs que l’homme, voi­là qui est in­quié­tant et une preuve de plus que les pro­grès de l’IA vont plus vite qu’on ne le pense. Contrai­re­ment aux échecs et au go, le po­ker est un jeu qui n’est pas à « in­for­ma­tion com­plète » : les joueurs ne peuvent pas avoir ac­cès à l’en­semble des in­for­ma- tions, puisque les « mains » res­tent ca­chées. Il faut re­cou­rir aux pro­ba­bi­li­tés pour de­vi­ner le meilleur coup à jouer. Li­bra­tus a réus­si à ré­cu­pé­rer plus de 1,7 mil­lion de dol­lars entre le 11 et le 30 jan­vier, écra­sant les quatre joueurs, par­mi les meilleurs au monde, qui l’af­fron­taient. D’autres cher­cheurs d’At­lan­ta tra­vaillent sur une IA, ap­pe­lée DeepS­tack, qui pour­rait un jour af­fron­ter Li­bra­tus. Pour les joueurs de po­ker en ligne, la pers­pec­tive de se re­trou­ver face à une IA est donc un cau­che­mar, qui pour­rait bien mettre fin à un bu­si­ness ju­teux et ren­voyer les hu­mains dans les salles de jeu de ca­si­no… ou à la mai­son.

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