AU­GUS­TIN DE ROMANET

AÉ­RO­PORTS DE PA­RIS À NOU­VEAU EN FORME

La Tribune Hebdomadaire - - LA UNE - PRO­POS RE­CUEILLIS PAR FA­BRICE GLISZCZYNSKI @FG­liszc­zyns­ki

LA TRI­BUNE – Avec les at­ten­tats qui ont af­fec­té le tou­risme en France, l’an der­nier, quels ont été les ré­sul­tats du Groupe ADP en 2016 ?

AU­GUS­TIN DE ROMANET – Dans ce contexte dif­fi­cile, le tra­fic à Pa­ris a pro­gres­sé de 1,8%, avec un to­tal de 97,2 mil­lions de pas­sa­gers ac­cueillis, grâce au dynamisme du tra­fic eu­ro­péen por­té entre autres par les com­pa­gnies low cost, puis, en fin d’an­née, grâce à une lé­gère re­prise du tra­fic in­ter­na­tio­nal. Néan­moins, sur l’en­semble de 2016, le re­cul de la fré­quen­ta­tion tou­ris­tique in­ter­na­tio­nale, no­tam­ment asia­tique, s’est tra­duit par une baisse des achats dans nos bou­tiques. Le chiffre d’af­faires par pas­sa­ger cô­té piste [zone après les contrôles aux fron­tières, ndlr] a bais­sé, pas­sant de 19,70 eu­ros par pas­sa­ger en 2015 à 18,20 eu­ros en 2016 : il s’agit là d’un « à-coup » prin­ci­pa­le­ment lié à une dé­for­ma­tion du mix tra­fic. Notre stra­té­gie d’op­ti­mi­sa­tion des bars et res­tau­rants, avec la prise en main à tra­vers notre co­en­tre­prise Epi­go et les ou­ver­tures de bou­tiques in­édites, sur le mo­dèle du Vic­to­ria’s Se­cret dans la zone pu­blique d’Or­ly Ouest, ont per­mis de com­pen­ser cet à-coup. Notre chiffre d’af­faires conso­li­dé est en lé­gère aug­men­ta­tion de 0,4% par rap­port à l’an­née pré­cé­dente, à 2,947 mil­liards d’eu­ros. Le groupe a éga­le­ment bien ré­agi en maî­tri­sant ses charges cou­rantes, les­quelles n’ont pro­gres­sé l’an der­nier que de 0,9% hors charges non ré­cur­rentes. Fi­na­le­ment, et en te­nant compte d’une sé­rie d’élé­ments ex­cep­tion­nels fa­vo­rables et dé­fa­vo­rables qui se sont com­pen­sés, notre ré­sul­tat net part du groupe s’est amé­lio­ré de 1,2%, à 435 mil­lions d’eu­ros; mal­gré, je le ré­pète, un tra­fic vers Pa­ris im­pac­té sur une grande par­tie de l’an­née par les ef­fets des at­ten­tats, mais aus­si en dé­pit d’une si­tua­tion moins bonne que pré­vu de TAV Air­ports [groupe aé­ro­por­tuaire turc dans le­quel ADP dé­tient 38% du ca­pi­tal]. Ce­la en rai­son des at­ten­tats et de la ten­ta­tive de coup d’État ayant frap­pé la Tur­quie, et une dé­pré­cia­tion comp­table de 45 mil­lions d’eu­ros sur TAV Construc­tion, compte te­nu d’un pro­jet de ces­sion de 49% que nous dé­te­nons dans cette so­cié­té. La ré­ac­ti­vi­té du Groupe ADP et notre stra­té­gie de long terme nous per­mettent d’enre- gis­trer des ré­sul­tats 2016 so­lides et nous pro­po­se­rons au vote de l’as­sem­blée gé­né­rale des ac­tion­naires, le 11 mai pro­chain, un di­vi­dende lé­gè­re­ment su­pé­rieur à 2015, à 2,64 eu­ros par ac­tion, cor­res­pon­dant à un taux de dis­tri­bu­tion de 60%, con­for­mé­ment à nos en­ga­ge­ments.

Avec la re­prise du tra­fic en ce dé­but d’an­née, quelles sont vos pré­vi­sions fi­nan­cières pour 2017 ?

De­puis dé­but dé­cembre, le tra­fic est de nou­veau dy­na­mique, au-de­là même d’une base de com­pa­rai­son fa­vo­rable. En jan­vier, la crois­sance at­teint 7,2% et s’ex­plique à la fois par un ef­fet de rat­tra­page lié aux at­ten­tats de 2015 et 2016, par la conti­nui­té du dynamisme des low cost, et par la re­prise du tra­fic sur cer­tains fais­ceaux in­ter­na­tio­naux : le Moyen-Orient (+16% en jan­vier), mais aus­si l’Afrique du Nord avec une re­prise du tou­risme vers la Tu­ni­sie et le Ma­roc, ou en­core l’Asie avec un dynamisme as­sez fort en Chine, en Inde et en Co­rée du Sud. Nos der­nières pré­vi­sions sont d’une crois­sance du tra­fic com­prise entre + 1,7 % et +2,2% sur l’an­née en cours. Sur la base de cette hy­po­thèse, nous ta­blons sur une orien­ta­tion à la hausse de notre Ebitda [bé­né­fice avant in­té­rêts, impôts, dé­pré­cia­tion et amor­tis­se­ment], par rap­port à ce­lui réa­li­sé en 2016 (1,195 mil­liard d’eu­ros). Par ailleurs, nous nous en­ga­geons d’ores et dé­jà à main­te­nir en 2017 le ver­se­ment d’un di­vi­dende re­pré­sen­tant 60% du ré­sul­tat net, avec un ni­veau plan­cher en eu­ros par ac­tion iden­tique à ce­lui 2016 : c’est-à-dire 2,64 eu­ros par ac­tion.

À la fin de 2016, l’au­to­ri­té de su­per­vi­sion in­dé­pen­dante (ASI), char­gée de va­li­der les re­de­vances aé­ro­por­tuaires, n’avait pas ho­mo­lo­gué vos ta­rifs 2017. Quelle a été votre nou­velle pro­po­si­tion ?

Ini­tia­le­ment, nous pro­po­sions une aug­men­ta­tion ta­ri­faire de 1,5% en moyenne, en ap­pli­ca­tion du pla­fond d’évo­lu­tion pré­vu dans le contrat de ré­gu­la­tion éco­no­mique (CRE), hors bo­nus sur la qua­li­té de ser­vice, au­quel nous avons dé­ci­dé de re­non­cer. Dans le même temps, nous pro­po­sions de sup­pri­mer une re­de­vance in­for­ma­tique pour l’en­re­gis­tre­ment et l’em­bar­que­ment, qui s’ap­pelle Crews, afin de l’in­té­grer à la re­de­vance pas­sa­ger, sans hausse à due concur­rence des ta­rifs de cette re­de­vance pas­sa­ger. L’ASI a consi­dé­ré que la re­de­vance Crews ne de­vait pas être in­té­grée dans la re­de­vance pas­sa­ger, ce qui condui­sait à une baisse mé­ca­nique des prix des billets de 40 cen­times, et ra­me­nait la hausse moyenne des ta­rifs à 0,70%. Nous avons pré­sen­té une grille ta­ri­faire amen­dée, où nous ap­pli­quons tou­jours le pla­fond pré­vu par le CRE de +1,50%, avec une re­de­vance Crews qui n’est pas in­té­grée dans la re­de­vance pas­sa­ger. Nous avons di­mi­nué des deux tiers la re­de­vance Crews vis-à-vis de toutes les com­pa­gnies aé­riennes. Au to­tal, et après prise en compte de cette baisse, ce­ci conduit à une hausse des re­de­vances aé­ro­por­tuaires de 0,97% en moyenne en 2017. Cette pro­po­si­tion a été ho­mo­lo­guée par l’ASI, le 20 fé­vrier 2017.

Nos ta­rifs n’aug­mentent que de 0,97 % en 2017

L’ASI note aus­si que « le Groupe ADP a fait le choix d’aug­men­ter le pro­duit des re­de­vances d’une ma­nière net­te­ment su­pé­rieure à ce qui ré­sul­tait de la pre­mière pro­po­si­tion dé­jà contes­tée par les com­pa­gnies aé­riennes dans un en­vi­ron­ne­ment dif­fi­cile ». Les com­pa­gnies de­mandent une baisse des re­de­vances, à l’exemple de l’aé­ro­port d’Am­ster­dam-Schi­phol, ces der­nières an­nées. Que leur ré­pon­dez-vous ?

Il y a un lien étroit entre tra­jec­toire ta­ri­faire et mon­tant des in­ves­tis­se­ments. Nos ta­rifs ont été ge­lés en 2016 et n’aug­men- tent que de 0,97% en 2017 pour des in­ves­tis­se­ments ré­gu­lés de 3 mil­liards sur cinq ans. Je note qu’en 2016, Air France-KLM a vu sa fac­ture car­bu­rant di­mi­nuer de 1,5 mil­liard d’eu­ros. Une hausse de 1% des re­de­vances du Groupe ADP re­pré­sente quant à elle une hausse des coûts d’en­vi­ron 5 mil­lions d’eu­ros pour Air France-KLM. Dit au­tre­ment, notre re­va­lo­ri­sa­tion des ta­rifs en 2017 re­pré­sente 0,33% de la baisse de la fac­ture car­bu­rant d’Air France-KLM en 2016. Ce ne sont pas les mêmes ordres de gran­deur. Au to­tal, notre com­pé­ti­ti­vi­té ta­ri­faire de­meure bonne, meilleure que nos concur­rents Franc­fort et Hea­throw. Schi­phol a un sys­tème de ré­gu­la­tion com­plè­te­ment dif­fé­rent avec des hausses et baisses qui peuvent être fortes et chan­ger sou­vent.

Je suis confiant sur le res­pect du cap de la fin de 2023 pour la mise en ser­vice du CDG Ex­press

À l’in­ter­na­tio­nal jus­te­ment, le Groupe ADP af­fiche de grosses am­bi­tions dans son plan stra­té­gique 2016-2020… où en sont les né­go­cia­tions évo­quées ces der­niers mois avec l’Iran, le Viet­nam, les Phi­lip­pines, ou en­core Cu­ba ?

Nos am­bi­tions à l’in­ter­na­tio­nal com­mandent que nous pre­nions un ex­trême soin dans nos dé­ci­sions de dé­ve­lop­pe­ment afin de payer le juste prix, lorsque nous en­trons au ca­pi­tal d’aé­ro­ports étran­gers. Nous avons ain­si pris la dé­ci­sion de ne pas être can­di­dat à la pri­va­ti­sa­tion de plu­sieurs aé­ro­ports ré­gio­naux des Phi­lip­pines. S’agis­sant de l’Iran, le gou­ver­ne­ment ira­nien a dé­ci­dé en no­vembre 2016 de lan­cer un nou­vel ap­pel d’offres ou­vert pour la ré­no­va­tion de l’aé­ro­port in­ter­na­tio­nal Kho­mei­ny, alors qu’il était ques­tion jus­que­là de la re­cherche d’un ac­cord de gré à gré pour le­quel nous avions si­gné un pro­to­cole en jan­vier 2016. La dé­ci­sion de par­ti­ci­per à cet ap­pel d’offres n’est pas ac­tée, car le conte­nu du nou­veau ca­hier des charges n’est pas en­core pré­ci­sé. Dans l’at­tente, nous pri­vi­lé­gions en Iran les tra­vaux d’ADP In­gé­nie­rie, notre fi­liale de de­si­gn et d’études. Pour ce qui concerne le Viet­nam, je suis per­son­nel­le­ment très at­ten­tif à ce que soit pré­ci­sé au­tant que pos­sible le pé­ri­mètre exact des opé­ra­tions d’ACV (Air­ports Cor­po­ra­tion of Viet­nam), le ges­tion­naire des aé­ro­ports du Viet­nam, dont nous pour­rions ac­qué­rir 20% des parts d’ici à la fin mars, avec un par­te­na­riat in­dus­triel. Le gou­ver­ne­ment viet­na­mien a fixé au 31 mars la date li­mite, il nous fau­dra nous dé­ci­der d’ici là. En­fin, à Cu­ba où nous avons été dé­si­gnés pour agran­dir, mo­der­ni­ser et gé­rer l’aé­ro­port in­ter­na­tio­nal de La Ha­vane, nous sommes en pour­par­lers avec le gou­ver­ne­ment pour concré­ti­ser cet ac­cord de prin­cipe. Nous de­vrions être fixés sur le sort de cette co­opé­ra­tion au cours du pre­mier se­mestre.

En dé­cembre, l’As­sem­blée na­tio­nale a adop­té un nou­veau mon­tage pour le fi­nan­ce­ment de CDG Ex­press, ce pro­jet de liai­son di­recte entre l’aé­ro­port de Rois­sy et Pa­ris, avec l’en­ga­ge­ment du ges­tion­naire de l’in­fra­struc­ture (Groupe ADP, SNCF Ré­seau) d’ap­por­ter 400 mil­lions d’eu­ros de fonds propres et 100 mil­lions d’avances rem­bour­sables. Où en est au­jourd’hui le dos­sier ?

Deux étapes dé­ci­sives ont été fran­chies en 2016. À l’au­tomne der­nier, le Par­le­ment a ra­ti­fié l’or­don­nance sur le CDG Ex­press au­to­ri­sant la créa­tion de la so­cié­té de pro­jet et la dé­si­gna­tion de l’ex­ploi­tant après mise en concur­rence par l’État, ain­si que la créa­tion, ins­crite dans la loi de fi­nances rec­ti­fi­ca­tive pour 2016, d’une taxe sur les pas­sa­gers aé­riens au dé­part de Rois­sy à par­tir de l’en­trée en ser­vice de la liai­son. L’ap­pel à can­di­da­tures des­ti­né à choi­sir l’ex­ploi­tant a d’ailleurs été pu­blié au Bul­le­tin Of­fi­ciel le 21 jan­vier der­nier. À pré­sent, le gou­ver­ne­ment pré­pare une no­ti­fi­ca­tion à Bruxelles de ce mon­tage ju­ri­dique et fi­nan­cier. Je suis confiant sur le res­pect du cap de la fin de 2023 pour sa mise en ser­vice, cru­ciale pour les Jeux olym­piques à Pa­ris en 2024. Au­jourd’hui, nous fi­na­li­sons les études tech­niques re­la­tives aux tra­vaux à réa­li­ser qui doivent dé­bu­ter en 2018.

Le ca­len­drier n’est-il pas ser­ré ?

Lorsque je me suis sai­si du dos­sier, fin 2012, on m’avait dit que le plus tôt pos­sible pour la mise en ser­vice du CDG Ex­press se­rait 2023. Nous main­te­nons cet ho­ri­zon mais, je le concède, le che­min cri­tique est ten­du et il ne fau­dra pas d’im­pon­dé­rables, no­tam­ment dans les tra­vaux.

Y a-t-il une échéance qui, si elle était fran­chie, consti­tue­rait un point de non-re­tour pour ce pro­jet ?

Le pré­sident de la Ré­pu­blique, Fran­çois Hol­lande, a mis toute son éner­gie à dé­blo­quer cer­tains points de fric­tion au cours de ces quatre der­nières an­nées. Je sais qu’il a à coeur de mettre ce pro­jet dé­fi­ni­ti­ve­ment sur les rails d’ici à la fin de son man­dat, ce qui me rend confiant. L’ac­cord de la Com­mis­sion eu­ro­péenne consti­tue le point de non-re­tour, en de­hors des ac­cords for­mels qu’avaient à dé­ci­der les ins­tances de gou­ver­nance des par­te­naires du pro­jet. Les pre­miers re­tours de la Com­mis­sion sont en­cou­ra­geants et dès lors que la no­ti­fi­ca­tion se­ra faite à la Com­mis­sion dé­but mars, la ré­ponse de­vrait nor­ma­le­ment in­ter­ve­nir dans les pro­chaines se­maines.

Le nom de la ville qui or­ga­ni­se­ra les Jeux olym­piques de 2024 se­ra connu en sep­tembre pro­chain. N’y a-t-il pas un risque, si Pa­ris n’était pas choi­sie, que la mo­ti­va­tion po­li­tique soit moindre, et que le pro­jet n’abou­tisse pas ?

Je ne crois pas. Ce pro­jet d’uti­li­té pu­blique se jus­ti­fie par lui-même et le point de non­re­tour au­ra été fran­chi avant sep­tembre. Si par mal­heur, Pa­ris n’avait pas les JO 2024, il y a en­core l’Ex­po­si­tion uni­ver­selle de 2025 pour la­quelle la France est can­di­date, et si d’aven­ture nous n’avions ni les JO ni l’Ex­po­si­tion uni­ver­selle, nous au­rons les cham­pion­nats du monde de nom­breux sports col­lec­tifs, de nom­breuses ex­po­si­tions… En tout état de cause, l’am­bi­tion d’ac­cueillir 100 mil­lions de tou­ristes en France com­mande de faire ce train.

Au re­gard de votre am­bi­tion de créer à Or­ly un quar­tier d’af­faires com­pa­rable à ce­lui de La Dé­fense, au re­gard des tra­vaux de ré­no­va­tion de l’aé­ro­port, de la construc­tion d’une gare TGV, de celle d’une ligne de mé­tro (18) qui re­lie­ra d’ici à 2024 le pla­teau de Sa­clay et ses nom­breuses en­tre­prises et centres de re­cherche, le pro­lon­ge­ment de la ligne 14… ne fau­drait-il pas aug­men­ter le ré­seau de vols pro­po­sé à Or­ly, et par consé­quent po­ser la ques­tion du dé­pla­fon­ne­ment de l’aé­ro­port, li­mi­té à 250 000 mou­ve­ments, alors qu’il peut en ac­cueillir au moins 400 000 ?

Non, en tant qu’ex­ploi­tant du sys­tème aé­ro­por­tuaire fran­ci­lien, je m’ef­force de spé­cia­li­ser les deux grands aé­ro­ports. Pa­risC­harles de Gaulle doit de­meu­rer le hub de ré­fé­rence pour l’in­ter­na­tio­nal, et Pa­ris-Or­ly la pla­te­forme de des­serte pour le point à point avec une forte dy­na­mique de l’Eu­rope (qui croît de près de 10% par an) et du long­cour­rier in­ter­na­tio­nal. Tant que la ca­pa­ci­té d’em­port des avions peut être aug­men­tée et que nous n’avons pas at­teint le pla­fond en nombre de mou­ve­ments [250000 par an], la ques­tion du dé­pla­fon­ne­ment d’Or­ly ne se pose pas. Et quoi qu’il ar­rive, cette ques­tion ne se­ra pas po­sée par l’ex­ploi­tant de l’aé­ro­port, qui pour­ra tou­jours être sus­pec­té de ne pas être neutre pour la re­cherche de l’in­té­rêt gé­né­ral. Cette ques­tion du dé­pla­fon­ne­ment se pose d’au­tant moins que Rois­sy n’est pas sa­tu­ré. Et je n’en­vi­sage pas qu’un seul de vos lec­teurs le voie sa­tu­ré avant la date de son dé­part à la re­traite. Pa­ris-Charles de Gaulle a ac­cueilli 66 mil­lions de pas­sa­gers en 2016, alors qu’il peut en ac­cueillir 140 mil­lions. La ca­pa­ci­té peut donc en­core dou­bler, avec no­tam­ment la construc­tion du ter­mi­nal 4, pré­vu au mi­lieu de la pro­chaine dé­cen­nie.

À la mi-no­vembre, vous avez poin­té du doigt la len­teur des temps de pas­sage au poste de po­lice, re­le­vant que le nombre de cas où le pas­sa­ger a at­ten­du plus de trente mi­nutes avait été mul­ti­plié par vingt de­puis le dé­but 2016. Cette dif­fi­cul­té conti­nue-t-elle ?

Les files d’at­tente sont moins fortes, parce que nous sommes en pé­riode creuse de tra­fic. En ce mo­ment, les oc­cur­rences d’at­tente de plus de trente mi­nutes ne s’élèvent plus qu’à trois ou quatre fois par se­maine et par ter­mi­nal. Mais qu’il s’agisse d’Or­ly ou de Pa­ris-Charles de Gaulle, les di­rec­teurs lo­caux de la po­lice aux fron­tières (PAF) sont ex­trê­me­ment sen­si­bi­li­sés à cette ques­tion et s’ef­forcent, par l’amé­lio­ra­tion de l’or­ga­ni­sa­tion du ser­vice, de ré­duire les temps d’at­tente. Par ailleurs, nous al­lons faire en 2017 l’ac­qui­si­tion de 45 nou­veaux sas Pa­rafe [contrôles au­to­ma­tiques des pas­se­ports] et nous ex­pé­ri­men­tons ac­tuel­le­ment à Pa­ris-Charles de Gaulle un sys­tème de re­con­nais­sance fa­ciale pour per­mettre au mi­nis­tère de l’In­té­rieur d’agréer au plus vite cette tech­no­lo­gie, afin qu’elle puisse être ins­tal­lée sur les sas exis­tants. Mon sou­hait est que, dès que pos­sible, nous ne re­cou­rions plus à l’em­preinte di­gi­tale pour iden­ti­fier les per­sonnes, mais à la com­pa­rai­son de la pho­to sur le pas­se­port à celle prise lors du pas­sage dans le sas. La re­con­nais­sance fa­ciale per­met­tra de cou­vrir 40% des pas­sa­gers, alors que la re­con­nais­sance par les em­preintes di­gi­tales ne concerne au­jourd’hui que 5% des pas­sa­gers.

Quand le Groupe ADP va-t-il dé­mé­na­ger son siège so­cial de Pa­ris à Rois­sy ?

Le 13 mars pro­chain. Ce dé­mé­na­ge­ment marque un tour­nant im­por­tant dans la vie de l’en­tre­prise et de nos col­la­bo­ra­teurs. Ce nou­veau siège se veut un lieu ou­vert, dé­vo­lu à la com­mu­nau­té aé­ro­por­tuaire : nous se­rons au plus près des par­te­naires et de nos clients : en­core plus à l’écoute et plus ef­fi­cients.

AU­GUS­TIN DE ROMANET PDG DU GROUPE AÉ­RO­PORTS DE PA­RIS

De­puis dé­but dé­cembre, le tra­fic d’Aé­ro­ports de Pa­ris est de nou­veau dy­na­mique. En jan­vier, la crois­sance a at­teint 7,2 %.

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