L’UNI­VER­SI­TÉ DU 3E TYPE OUVRE SES PORTES

Es­quis­sé par Frédéric Che­va­lier, des­si­né par Co­rinne Vez­zo­ni, nour­ri par une équipe aus­si plu­ri­dis­ci­pli­naire que l’est son es­prit, opé­ra­tion­nel – en­fin – après quatre an­nées de ma­tu­ra­tion, le cam­pus du fu­tur passe à l’ac­tion.

La Tribune Hebdomadaire - - LA UNE - LAU­RENCE BOTTERO @LaT­ri­bu­nePACA

Lorsque les pre­miers cam­pers foulent le sol de thecamp mi-sep­tembre, quelques jours avant son inau­gu­ra­tion, c’est for­cé­ment l’émo­tion qui s’em­pare de ces « pion­niers » et de l’équipe for­mée par le fon­da­teur de ce lieu à nul autre pa­reil, Frédéric Che­va­lier. Une émo­tion double, voire triple. D’abord parce que ces cam­pers sont jus­te­ment les tout pre­miers à si­gni­fier le dé­but d’une nou­velle aven­ture – ou tout au moins à ou­vrir une nou­velle étape dans celle com­men­cée en 2013. En­suite, parce qu’après quatre an­nées de tra­vail in­tense, de brains­tor­ming in­ces­sant, c’est pour l’équipe une fa­çon d’en­trer elle aus­si dans une autre phase, de lais­ser son « bé­bé » gran­dir, faire ses pre­miers pas, évo­luer en fonc­tion de son en­vi­ron­ne­ment. Et puis, et sur­tout, parce que le père fon­da­teur, Frédéric Che­va­lier, n’est plus là. Dis­pa­ru dans un ac­ci­dent de la route du­rant l’été, ce chef d’en­tre­prise laisse or­phe­lin, au sens en­tre­pre­neu­rial et vi­sion­naire du terme, tout un ter­ri­toire. Pour­tant, lui­même se plai­sait à dire que thecamp se­rait ce que les équipes et les cam­pers en fe­raient. Et si thecamp est né, c’est parce qu’il le fal­lait. « J’ai res­sen­ti, comme un ca­rac­tère d’ur­gence, des sen­ti­ments puis­sants, mé­lan­gés – d’in­quié­tude, de pes­si­misme, mais aus­si d’ex­ci­ta­tion et d’op­ti­misme! » ex­pli­quait, au prin­temps der­nier, dans une in­ter­view ac­cor­dée à La Tribune, ce pa­tron cer­tain qu’il fal­lait créer de toutes pièces un lieu en­core ja­mais ima­gi­né, mais qui soit jus­te­ment ca­pable de ré­pondre, et en­core plus, d’an­ti­ci­per les enjeux gé­né­rés par le monde de de­main. Un monde dont on sait qu’il ne res­semble à rien de dé­jà connu. thecamp est donc un lieu ja­mais vu ailleurs. C’est ici que vont se croi­ser tous ceux qui font l’éco­no­mie: chefs d’en­tre­prise, cher­cheurs, phi­lo­sophes, étu­diants, éco­no­mistes, ac­teurs de la sphère pu­blique. Un mel­ting­pot qui va pen­ser en­semble et co-construire le monde de­main, mais cha­cun en s’im­pré­gnant des be­soins et des at­tentes de l’autre. Pour qu’il n’y ait plus de cloi­son­ne­ments mais une vision par­ta­gée, dans tous les sens du terme. Et ce­la à tra­vers des pro­grammes pen­sés sur me­sure. D’autres naî­tront sû­re­ment au fil du temps, nour­ris par ceux qui fou­le­ront à leur tour le cam­pus du fu­tur. Si thecamp doit trans­for­mer ceux qui le fré­quentent, il se­ra éga­le­ment trans­for­mé par ses cam­pers. Au­jourd’hui, thecamp a dé­jà réus­si son pa­ri, ce­lui d’avoir don­né vie à une idée consi­dé­rée comme folle, à un concept qui a aus­si dû prou­ver, au fil des an­nées, qu’il avait toute sa va­leur ajou­tée à ap­por­ter au monde et ce­la en dif­fé­rentes strates : in­ter­na­tio­nales, na­tio­nales, lo­cales. Car tout n’a pas tou­jours été un long fleuve tran­quille. Ain­si en va-t-il lors­qu’on dis­rupte les mo­dèles exis­tants, lors­qu’on bous­cule les ordres éta­blis et les es­prits… De­puis fin juillet, c’est Jean-Paul Bailly, l’an­cien PDG de La Poste et de la RATP, pré­sident du co­mi­té d’orien­ta­tion, qui as­sure la pré­si­dence par in­té­rim du cam­pus du fu­tur. Une nou­velle gou­ver­nance est en train de se mettre en place. Les fi­nan­ceurs et par­te­naires fon­da­teurs ont ré­ité­ré leur en­ga­ge­ment dans ce qui n’est plus au­jourd’hui un pro­jet, mais bel et bien une réa­li­té. L’éco­sys­tème lo­cal aus­si. thecamp joue dé­jà à plein son rôle de trait d’union et de ras­sem­bleur.

J’ai res­sen­ti comme un ca­rac­tère d’ur­gence, des sen­ti­ments puis­sants

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