Toos­la ré­vo­lu­tionne la lo­ca­tion

La star­tup mise sur la lo­ca­tion de voi­tures 100 % di­gi­ta­li­sée en met­tant l’ac­cent sur l’ex­pé­rience client. L’ap­pli­ca­tion veut se dé­ployer très vite en France grâce aux fran­chises, avant d’at­ta­quer l’in­ter­na­tio­nal.

La Tribune Hebdomadaire - - ÉDITO - NA­BIL BOURASSI @Na­bilBou­ras­si

La France, ber­ceau des jeunes pousses des nou­velles mo­bi­li­tés? Jean-Fran­çois Bou­cher vou­drait en tout cas écrire une par­tie de cette his­toire avec Toos­la, la so­cié­té de lo­ca­tion de voi­tures 100 % di­gi­tale qu’il a fon­dée. Pré­sen­tée comme ce­la, l’af­faire a l’air clas­sique. En réa­li­té, Toos­la veut ré­vo­lu­tion­ner le bu­si­ness de la lo­ca­tion de voi­ture. L’an­cien pa­tron de Mr Bri­co­lage est par­ti de l’idée que l’ex­pé­rience client dans le do­maine de la lo­ca­tion de voi­tures était non seule­ment très mau­vaise, mais n’avait ab­so­lu­ment pas pris le vi­rage du nu­mé­rique. En 2017, pour louer une voi­ture, il y a en­core des files d’at­tente à ral­longe de­vant les comp­toirs, les contrats de lo­ca­tion ne sont tou­jours pas exempts de sur­prises ou autres frais ca­chés en tout genre, et il est en­core pos­sible de re­par­tir avec une autre voi­ture que celle pour­tant ré­ser­vée… Toos­la veut ap­por­ter des so­lu­tions à ces gi­se­ments d’in­sa­tis­fac­tion client. La pre­mière idée est de sim­pli­fier au maxi­mum le pro­cess de ré­ser­va­tion via l’ap­pli­ca­tion. En quelques clics, la lo­ca­tion est ef­fec­tuée. Tout est in­clus, hor­mis quelques op­tions ! Mais une fois la ré­ser­va­tion confir­mée, le client ne se voit pas fac­tu­rer des ser­vices sup­plé­men­taires lors du re­trait ou du re­tour du vé­hi­cule. Il se rend en­suite au par­king où se si­tue le vé­hi­cule et le dé­ver­rouille grâce à l’ap­pli­ca­tion, qui per­met aus­si de dé­mar­rer. Il peut si­gna­ler des dé­fauts qui au­raient été omis dans un on­glet « États des lieux », tou­jours dis­po­nible sur l’ap­pli. Une fonc­tion­na­li­té sert à en­voyer des photos du dé­faut, ac­com­pa­gnées d’un com­men­taire.

DES VÉ­HI­CULES « PRE­MIUM »

L’autre le­vier de sa­tis­fac­tion client de Toos­la est de pro­po­ser des voi­tures plu­tôt pre­mium. Lors de notre pas­sage dans un des parcs de la jeune pousse, ce­lui si­tué dans un par­king près des ChampsÉ­ly­sées, nous avons pu consta­ter que la flotte était es­sen­tiel­le­ment consti­tuée de Mi­ni, BMW, Land Ro­ver et d’une DS 5 éga­le­ment. Sur l’ap­pli, nous avons néan­moins re­mar­qué qu’un Re­nault Scé­nic était dis­po­nible. « Le Re­nault Scé­nic ré­pond à une de­mande de ga­ba­rit très pré­cise », se dé­fend Jean-Fran­çois Bou­cher qui veut lais­ser le choix à ses clients. Pour le reste, le parc est donc do­té de voi­tures pre­mium sou­vent avec des fi­ni­tions plu­tôt haut de gamme, comme cette BMW sé­rie 5 in­té­rieur cuir. Les ta­rifs ne sont pas pour au­tant trop éle­vés. D’après Jean-Fran­çois Bou­cher, les ta­rifs pro­po­sés sont 30 à 40 % moins chers que chez les loueurs clas­siques. Le se­cret ré­side dans la dé­ma­té­ria­li­sa­tion des pro­cess. En outre, les vé­hi­cules ache­tés sont di­rec­te­ment pio­chés dans les flottes d’oc­ca­sion de loueurs de longue du­rée. Ils sont donc dé­jà amor­tis. Dé­mar­rée fin 2016, l’ap­pli­ca­tion a connu un ex­cellent dé­mar­rage avec plus de 11 000 té­lé­char­ge­ments de l’ap­pli­ca­tion et 1 400 ou­ver­tures de compte. Toos­la compte près de 775 clients ac­tifs. Mais l’en­tre­pre­neur veut ac­cé­lé­rer, car il sait qu’en ma­tière de mo­bi­li­tés les choses vont très vite. Pour ce­la, il a choi­si de fonc­tion­ner à tra­vers des fran­chises. Et es­père ain­si voir son parc de voi­tures at­teindre les 150 uni­tés avant la fin de l’an­née, contre 80 ac­tuel­le­ment. Il en­tend éga­le­ment dé­bar­quer très bien­tôt à Lille, à Lyon et à Nice. Mais Jean-Fran­çois Bou­cher songe dé­jà à l’in­ter­na­tio­nal, no­tam­ment aux États-Unis… « C’est là que se trouve le gros du mar­ché », songe-t-il.

VERS UN NOU­VEAU TOUR DE TABLE ?

Il est d’ailleurs ou­vert à une en­trée dans le ca­pi­tal d’un fonds d’in­ves­tis­se­ment qui l’ai­de­rait à fi­nan­cer ses pro­jets de dé­ve­lop­pe­ment. En avril der­nier, il a réus­si à le­ver 1 mil­lion d’eu­ros, et sou­haite bou­cler un nou­veau tour de table dé­but 2018. Jean-Fran­çois Bou­cher ne veut pas res­ter sta­tique dans son concept et compte al­ler en­core plus loin en dé­bus­quant de nou­veaux usages grâce aux pre­miers re­tours d’ex­pé­rience de la clien­tèle. Ain­si, un de ses plus gros clients loue chaque wee­kend la même voi­ture et sou­hai­te­rait que Toos­la lui ga­ran­tisse la lo­ca­tion de ce vé­hi­cule chaque fin de se­maine sur une très longue pé­riode. Il veut donc gar­der la même voi­ture comme si c’était la sienne, sans pour au­tant en être pro­prié­taire, tout en bé­né­fi­ciant des ser­vices de main­te­nance et d’en­tre­tien de Toos­la. L’en­tre­pre­neur dit ré­flé­chir à un pro­duit qui pour­rait cor­res­pondre à cet usage et à com­ment le gé­né­ra­li­ser à un type de clien­tèle. On est au coeur de la trans­for­ma­tion so­cié­tale en cours, où l’usage est en train de rem­pla­cer la pro­prié­té. Et Toos­la am­bi­tionne d’être aux avant-postes de cette trans­for­ma­tion…

C’est aux États-Unis que se trouve le gros du mar­ché

Toos­la, ap­pli de lo­ca­tion de voi­tures en­tiè­re­ment dé­ma­té­ria­li­sée, compte près de 775 clients ac­tifs et af­fi­che­rait des ta­rifs jus­qu’à 40 % moins chers que les loueurs clas­siques.

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