Pour Noël, at­ten­tion aux jouets chi­nois es­pions !

La Tribune Hebdomadaire - - ÉDITO - Anaïs Che­rif

La Com­mis­sion na­tio­nale de l’in­for­ma­tique et des li­ber­tés (Cnil) a épin­glé Ge­ne­sis, un fa­bri­cant chi­nois de deux jouets connec­tés, la pou­pée « Mon amie Cay­la » et le ro­bot « i-Que ». La Cnil re­proche au fa­bri­cant de ne pas res­pec­ter la vie pri­vée des en­fants et de leur en­tou­rage. Équi­pés d’un mi­cro et d’un haut-par­leur, les jouets ré­pondent à des ques­tions d’en­fants, en tan­dem avec un mo­bile ou une ta­blette par connexion Blue­tooth. Aler­tée par l’UFC-Que Choi­sir, la Cnil a pro­cé­dé à des contrôles et dé­cou­vert « que la so­cié­té col­lecte une mul­ti­tude d’in­for­ma­tions per­son­nelles sur les en­fants et leur en­tou­rage : les voix, le conte­nu des conver­sa­tions échan­gées avec les jouets (qui peut ré­vé­ler des don­nées iden­ti­fiantes comme une adresse,

un nom…), mais éga­le­ment des in­for­ma­tions ren­sei­gnées dans un for­mu­laire de l’ap­pli­ca­tion » . De sur­croît, une per­sonne si­tuée à l’ex­té­rieur d’un bâ­ti­ment, à seule­ment 9 mètres, peut avec son por­table, sans avoir à s’iden­ti­fier, « en­tendre et en­re­gis­trer les pa­roles échan­gées entre

l’en­fant et le jouet ou en­core toute conver­sa­tion » à proxi­mi­té, voire par­ler à l’en­fant via le jouet ! En­fin, la Cnil a consta­té que les uti­li­sa­teurs ne sont pas in­for­més des trai­te­ments des don­nées mis en oeuvre. Mais la Com­mis­sion n’a pas le pou­voir d’in­ter­dire de ter­ri­toire i-Que et Cay­la – alors que celle-ci l’avait été en Al­le­magne. Sa pré­si­dente Isa­belle Falque-Pier­ro­tin a som­mé la so­cié­té chi­noise de se mettre en confor­mi­té, faute de quoi une pro­cé­dure de sanc­tion se­ra en­ga­gée.

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