5 ans de French Tech à Las Ve­gas

La Tribune Hebdomadaire - - ÉDITO -

Pen­dant le CES, une per­sonne sur deux parle fran­çais dans les rues de Ve­gas », ex­plique un fon­da­teur de star­tup qui fré­quente ré­gu­liè­re­ment le sa­lon. Rien d’éton­nant, puis­qu’en nombre de par­ti­ci­pants la dé­lé­ga­tion fran­çaise était la deuxième en 2016 der­rière les États-Unis et la troi­sième cette an­née der­rière les USA et la Chine. Mieux: 222 startups tri­co­lores (dont 172 la­bel­li­sées French Tech) pré­sen­taient leurs pro­duits dans l’Eu­re­ka Park, le bâ­ti­ment dé­dié aux jeunes pousses, contre 150 pour les so­cié­tés amé­ri­caines, et loin de­vant Is­raël, la Co­rée du sud ou même la Chine. Une pré­sence mas­sive qui sou­ligne le suc­cès de l’ini­tia­tive French Tech lan­cée fin 2013. Bu­si­ness France, bras ar­mé du gou­ver­ne­ment pour sou­te­nir les en­tre­prises à l’in­ter­na­tio­nal, ac­com­pagne de­puis 2014 nos meilleures startups dans ce grand bar­num qu’est le CES. La sé­lec­tion se fonde sur trois cri­tères prin­ci­paux: l’in­no­va­tion, pas de « me too » [imitation d’un pro­duit dé­jà exis­tant, ndlr] ; l’équipe et le bu­si­ness mo­del; le « time to mar­ket ». « Au mi­ni­mum, il faut un pro­to­type. Avec le temps, il y a eu une pon­dé­ra­tion par rap­port au ca­rac­tère un peu trop bran­ché de cer­tains pro­duits qui n’ont pas eu de suite », ex­plique Éric Mo­rand, di­rec­teur du dé­par­te­ment Tech & Ser­vices de Bu­si­ness France. L’agence pu­blique sise à Ber­cy dis­pense aux startups des séances de coa­ching des­ti­nées à les pré­pa­rer à l’évé­ne­ment, ani­mées par Oli­ver Ez­rat­ty, consul­tant et au­teur du Rap­port du CES de Las Ve­gas de­puis 2006, ain­si que des pré­pa­ra­tions au pitch oral et écrit, sans ou­blier une for­ma­tion aux re­la­tions presse pour in­té­res­ser les 2500 jour­na­listes du monde en­tier pré­sents dans la ci­té des ca­si­nos. En jan­vier 2014, Bu­si­ness France hé­berge dans son French Tech Pa­villon 15 startups, sur une qua­ran­taine de can­di­da­tures. « Le coq en ori­ga­mi, lo­go de la French Tech, n’exis­tait même pas », se rap­pelle Éric Mo­rand. De­puis, au­tour de 25 startups sont ac­com­pa­gnées par BF chaque an­née à Las Ve­gas. En 2015, des fonds sont dé­blo­qués, et Bu­si­ness France, qui vient de naître de la fu­sion d’Ubi­france et de l’Agence fran­çaise pour les in­ves­tis­se­ments in­ter­na­tio­naux (Afii) se voit confier la pro­mo­tion in­ter­na­tio­nale de la French Tech. « C’est là que ça a com­men­cé à s’ac­cé­lé­rer, avec une pré­sence mé­dia­tique forte dans la presse amé- ri­caine, et la pré­sence de mi­nistres comme Fleur Pel­le­rin, Em­ma­nuel Ma­cron et Axelle Le­maire », pré­cise le di­rec­teur du dé­par­te­ment Tech & Ser­vices. Mais jan­vier 2015, c’est aus­si l’at­ten­tat contre Char­lie Heb­do et le CES est lar­ge­ment éclip­sé par cette ac­tua­li­té dra­ma­tique. « On de­vait faire un évé­ne­ment fes­tif et ça s’est trans­for­mé en re­trans­mis­sion du dis­cours du pré­sident, et les mi­nistres ont abré­gé leur dé­pla­ce­ment. Toute la com­mu­nau­té fran­çaise était sur notre pa­villon », ra­conte Éric Mo­rand. En 2016, Bu­si­ness France in­tro­duit la dé­lé­ga­tion « Fa­mi­ly&Friends », des so­cié­tés qui sont dé­jà ve­nues une fois et ont en­vie de re­ve­nir. « Par exemple, le ré­veil ol­fac­tif Sen­sorWake est sé­lec­tion­né par notre ju­ry en 2016. En 2017, le fon­da­teur est re­ve­nu avec un nou­veau pro­duit dans le cadre de Fa­mi­ly&Friends. » L’an­née 2016 est aus­si celle de la fête pha­rao­nique or­ga­ni­sée pour Bu­si­ness France par l’agence de com­mu­ni­ca­tion Ha­vas à l’oc­ca­sion de la vi­site d’Em­ma­nuel Ma­cron, alors mi­nistre de l’Éco­no­mie. L’af­faire met en cause Mu­riel Pé­ni­caud, ac­tuelle mi­nistre du Tra­vail et an­cienne di­rec­trice gé­né­rale de Bu­si­ness France, ac­cu­sée de ne pas avoir res­pec­té les règles des mar­chés pu­blics. « Nos équipes n’ont ja­mais été im­pli­quées dans cette or­ga­ni­sa­tion, c’est la cel­lule qui s’oc­cupe de la pro­mo­tion in­ter­na­tio­nale de la French Tech qui s’en est oc­cu­pée. De notre cô­té, ça a été une très belle opé­ra­tion de re­la­tions pu­bliques. Cette soi­rée n’était ni trop clin­quante ni dé­me­su­rée, mais un évé­ne­ment né­ces­saire pour af­fir­mer la pré­sence fran­çaise dans un lieu d’in­fluence comme le CES », ex­plique Éric Mo­rand. En 2017, les 13 nou­velles ré­gions s’im­pliquent et en­voient elles aus­si leurs

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