Le tour du monde de l’in­no­va­tion

La Tribune Hebdomadaire - - SOMAIRE - SÉ­LEC­TION RÉA­LI­SÉE PAR SYL­VAIN ROL­LAND @SylvRol­land

1 L’IA diag­nos­tique les ma­la­dies ocu­laires

MOUN­TAIN VIEW – États-Unis San­té. Deux ans de re­cherche ont suf­fi à DeepMind, fi­liale de Google dans l’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle, et à l’hô­pi­tal oph­tal­mo­lo­gique de Moor­fields de Londres pour ef­fec­tuer une avan­cée ma­jeure dans la dé­tec­tion des ma­la­dies ocu­laires. Les cher­cheurs ont mis au point un al­go­rithme d’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle ca­pable de re­pé­rer les ano­ma­lies sur les scan­ners de la ré­tine. L’al­go­rithme a été nour­ri de mil­liers de scan­ners de ré­tines en 3D, ano­ny­mi­sés. Ce­la lui per­met de dé­tec­ter le glau­come, la dé­gé­né­res­cence ma­cu­laire liée à l’âge (DMLA) et la ré­ti­no­pa­thie dia­bé­tique. Main­te­nant que l’IA est « gé­né­ra­li­sée », elle peut dé­tec­ter d’autres types d’images. Google es­père ain­si pou­voir à terme dé­tec­ter des can­cers, comme ceux du sein, du cou et de la tête, en un temps re­cord.

2 Dé­cou­verte du plus grand site ar­chéo­lo­gique sous-ma­rin

SAC ACTUN – Mexique Ar­chéo­lo­gie. La grotte de Sac Actun, à l’est de la pé­nin­sule du Yu­catán, est la plus vaste grotte au monde (347 km de long). On sait dé­sor­mais qu’elle abrite aus­si le plus grand tré­sor sous-ma­rin de la pla­nète. L’ar­chéo­logue Guiller­mo de An­da a an­non­cé la dé­cou­verte de restes hu­mains da­tant de plus de dix mille ans, ain­si que des sanc­tuaires et d’autres cons­truc­tions ri­tuelles consa­crés au dieu maya du com­merce, Ek Chuah. Ce ré­seau sou­ter­rain en­foui a été re­cou­vert par la mer lors de la fonte des gla­ciers, il y a neuf mille ans. Les ori­gines des sque­lettes dé­cou­verts ne sont pas en­core connues.

3 Une puce in­for­ma­tique plus ra­pide et moins éner­gi­vore

CAM­BRIDGE – États-Unis In­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle. Les puces informatiques pré­sentes dans nos té­lé­phones, ob­jets connec­tés et ap­pa­reils élec­tro­niques doivent ré­pondre à deux im­pé­ra­tifs : dis­po­ser d’une grande puis­sance de cal­cul, et moins consom­mer d’éner­gie pour pou­voir être dé­ployées par­tout. Le Mas­sa­chu­setts Ins­ti­tute of Tech­no­lo­gy (MIT) vient d’ap­por­ter une so­lu­tion avec une nou­velle puce qui se­rait trois à sept fois plus ra­pide dans son exé­cu­tion que les puces ac­tuelles, avec une consom­ma­tion éner­gé­tique ré­duite de 94 %. La puce se­rait ain­si adap­tée pour les ré­seaux de neu­rones lo­caux, comme ceux qui sont em­bar­qués dans nos té­lé­phones ou les en­ceintes connec­tées de la mai­son. À terme, ces puces pour­raient étendre les pos­si­bi­li­tés d’uti­li­sa­tion de ré­seaux neu­ro­naux convo­lu­tifs plus com­plexes à la clas­si­fi­ca­tion d’images et de vi­déos dans l’In­ter­net des ob­jets.

4 Quand les églises se muent en bornes wi-fi

LONDRES – Royaume-Uni Ac­ces­si­bi­li­té. Le gou­ver­ne­ment bri­tan­nique am­bi­tionne de trans­for­mer les clo­chers d’églises en bornes Wi-Fi. Le mi­nis­tère du Nu­mé­rique, ce­lui de l’En­vi­ron­ne­ment et l’Église d’An­gle­terre ont conclu en fé­vrier un ac­cord vi­sant à ré­duire les zones blanches dans les ré­gions ru­rales. Le but : four­nir un meilleur ac­cès aux ser­vices pu­blics en ligne et dé­ve­lop­per une éco­no­mie nu­mé­rique dans les zones blanches, grâce aux églises qui sont si­tuées au coeur des com­munes. 120 édi­fices sont dé­jà équi­pés, le pays en compte 28 500.

5 Un la­ser ca­pable de dé­tec­ter le can­cer grâce à l’ha­leine

MU­NICH – Al­le­magne San­té. L’ha­leine hu­maine est riche d’en­sei­gne­ments, mais jus­qu’à pré­sent, on ne sa­vait pas les ex­ploi­ter plei­ne­ment. Des cher­cheurs de l’Ins­ti­tut Max-Planck ont in­ven­té un nou­veau la­ser in­fra­rouge, com­pact et très puis­sant, ca­pable de diag­nos­ti­quer des can­cers en ana­ly­sant l’ha­leine. La spec­tro­sco­pie mo­lé­cu­laire consiste à com­pa­rer un rayon la­ser avant et après la tra­ver­sée d’un échan­tillon, afin de me­su­rer les lon­gueurs d’onde ab­sor­bées et donc la com­po­si­tion mo­lé­cu­laire de l’échan­tillon. Le la­ser peut iden­ti­fier des mo­lé­cules spé­ci­fiques à des ma­la­dies, pré­sentes à de très faibles concen­tra­tions dans l’ha­leine. Les cher­cheurs sou­haitent l’ins­tal­ler dans un hô­pi­tal pour fa­ci­li­ter la col­lecte stan­dar­di­sée des em­preintes mo­lé­cu­laires spé­ci­fiques des ma­la­dies. D’autres ap­pli­ca­tions pour­raient être ima­gi­nées dans la dé­tec­tion d’ex­plo­sifs ou le sui­vi de la qua­li­té de l’air.

6 Des « pa­vés éco­lo­giques » pour construire les routes

YAOUNDÉ – Ca­me­roun En­vi­ron­ne­ment. Que faire des or­dures qui jonchent les rues et que la mu­ni­ci­pa­li­té n’ar­rive pas à trai­ter ? L’as­so­cia­tion Coeur d’Afrique les trans­forme en routes. À Yaoundé, des jeunes en in­ser­tion fa­briquent dans un ate­lier des « pa­vés éco­lo­giques » en fai­sant fondre de vieilles bou­teilles en plas­tique et des sacs d’em­bal­lage dans une grande cuve chauf­fée à 200 °C. Ajou­tez-y du sable, ver­sez la pâte dans des moules en fer, et c’est prêt. Les épaisses dalles re­cy­clées, moins chères et plus ré­sis­tantes que celles en ci­ment, peuvent alors ser­vir pour le pa­vage de routes et de par­kings, et sup­por­ter un poids de 50 tonnes.

7 Bien­tôt la plus grande cen­trale de trans­for­ma­tion des dé­chets en élec­tri­ci­té

DU­BAÏ – Émi­rats arabes unis Éner­gie. La fo­lie des gran­deurs de l’émi­rat s’étend dans tous les do­maines. Dans ce­lui de l’éner­gie, Du­baï pré­voit d’ou­vrir en 2020 la plus grande cen­trale au monde de trans­for­ma­tion des dé­chets. Construite sur un ter­rain de deux hec­tares, elle pour­ra dé­bar­ras­ser la ville de deux mil­lions de tonnes de dé­chets par an. Les ha­bi­tants de Du­baï ré­cu­pé­re­ront 185 mé­ga­watts chaque jour, soit de l’élec­tri­ci­té pour en­vi­ron 120 000 lo­ge­ments. Le coût de la cen­trale est es­ti­mé à 550 mil­lions d’eu­ros.

8 Des cou­verts co­mes­tibles à base de cé­réales

HYDERABAD – Inde In­no­va­tion fru­gale. À cause de la po­pu­la­ri­té de la street food (la nour­ri­ture de rue), 120 mil­liards de cou­verts en plas­tique sont je­tés chaque an­née en Inde, d’après les sta­tis­tiques of­fi­cielles. D’où l’idée de l’en­tre­pre­neur et cher­cheur en agri­cul­ture Na­raya­na Pee­sa­pa­ty de conce­voir des cou­verts co­mes­tibles. Bap­ti­sés Ba­keys, ils sont fa­bri­qués à par­tir d’un mé­lange de plu­sieurs cé­réales : le millet, le riz et le blé. Sans pro­duits chi­miques ni conser­va­teurs, ils peuvent être man­gés à l’is­sue du re­pas, et même s’ils sont je­tés, ils sont 100 % bio­dé­gra­dables. Leur du­rée de vie est d’en­vi­ron trois ans. L’en­tre­pre­neur a dé­jà écou­lé 1,5 mil­lion d’exem­plaires en Inde de­puis 2011. Il compte aus­si créer tous les us­ten­siles de la table (tasses, as­siettes…) et étendre la com­mer­cia­li­sa­tion au monde en­tier.

9 Des lu­nettes in­tel­li­gentes de re­con­nais­sance fa­ciale pour les po­li­ciers

ZHENGZHOU – Chine Sé­cu­ri­té. Les forces de l’ordre de de­main res­sem­ble­ront-elles aux agents de Ma­trix ? À l’oc­ca­sion du Nou­vel an chi­nois, le 16 fé­vrier, le per­son­nel de sû­re­té fer­ro­viaire de Zhengzhou a été équi­pé de lu­nettes in­tel­li­gentes de re­con­nais­sance fa­ciale. En un coup d’oeil, elles leur per­mettent de scan­ner les pas­sa­gers voya­geant dans la gare, afin d’iden­ti­fier ra­pi­de­ment les in­di­vi­dus recherchés. Les lu­nettes sont re­liées à des ta­blettes conte­nant une base de don­nées ré­per­to­riant les noms et pho­tos de plus de 10 000 per­sonnes sus­pec­tées de crimes et dé­lits. Lors­qu’un po­li­cier croise la route de l’un d’entre eux, il re­çoit au­to­ma­ti­que­ment une no­ti­fi­ca­tion. D’après le site Quartz, le dis­po­si­tif a per­mis d’ar­rê­ter sept cri­mi­nels en fuite et 26 autres in­di­vi­dus uti­li­sant de fausses iden­ti­tés.

10 Des fleurs ro­bo­ti­sées pour ai­der les abeilles

MELBOURNE – Aus­tra­lie Ro­bo­tique. Il n’y a que l’odeur et la tex­ture qui peuvent les tra­hir. Si­non, les fleurs-ro­bots de Mi­chael Can­dy res­semblent à s’y mé­prendre à de vraies fleurs, mais spé­cia­le­ment conçues pour at­ti­rer les abeilles avec leur forme et leur cou­leur. L’ob­jec­tif : ai­der les abeilles à pol­li­ni­ser cer­taines es­pèces de fleurs en dan­ger. Dès l’ar­ri­vée de l’abeille, le ro­bot lui dé­livre au­to­ma­ti­que­ment du nec­tar. Pen­dant qu’elle bu­tine, des brosses la bar­bouillent dé­li­ca­te­ment d’un pol­len que l’on sou­haite dis­per­ser. L’abeille va en­suite se po­ser sur de vraies fleurs, ce qui per­met de dis­tri­buer fa­ci­le­ment le pol­len des fleurs plus rares ou moins vi­si­tées.

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