La chro­nique de Flo­rian Man­tione Ins­ti­tut.

CON­SEIL EN RES­SOURCES HU­MAINES

La Tribune Languedoc-Roussillon - - Sommaire -

Être DRH n’est vrai­ment pas une si­né­cure. Le DRH d’une belle PME ré­gio­nale vient de me faire des confi­dences sur­pre­nantes. Il est fa­ti­gué d’être coin­cé entre une di­rec­tion gé­né­rale in­flexible et des sa­la­riés « re­muants ». Il est fa­ti­gué de de­voir or­ga­ni­ser des plans so­ciaux alors que l’en­tre­prise se porte bien. Il est fa­ti­gué de né­go­cier avec des syn­di­ca­listes qui ne pensent qu’à dé­fendre leurs in­té­rêts au dé­tri­ment de ceux des tra­vailleurs qu’ils sont cen­sés dé­fendre. Il est fa­ti­gué de re­cru­ter d’ex­cel­lents can­di­dats que leurs di­rec­teurs opé­ra­tion­nels sont in­ca­pables d’ani­mer et de fi­dé­li­ser. Il est fa­ti­gué d’être consi­dé­ré comme un bon exé­cu­tant, alors qu’il sou­hai­te­rait par­ti­ci­per à la stra­té­gie de l’en­tre­prise.

Il est fa­ti­gué de ré­pé­ter les mêmes choses aux cadres pour qu’ils améliorent leur mode de ma­na­ge­ment. Il est fa­ti­gué de de­voir faire ap­pli­quer les pro­cé­dures RH très claires qui ont pour­tant été adop­tées par tous. Il est fa­ti­gué de consta­ter que les ou­tils RH qu’il a créés avec beau­coup de convic­tion ne sont pas uti­li­sés ou sont vus comme des gad­gets. Il est fa­ti­gué de voir que les plans de for­ma­tion se suc­cèdent sans vrai­ment par­ve­nir à amé­lio­rer les com­pé­tences des sa­la­riés. Il est fa­ti­gué de consa­crer un temps im­por­tant à son tra­vail sans pou­voir se for­mer dans la vie as­so­cia­tive ou dans des or­ga­ni­sa­tions pro­fes­sion­nelles.

Il a ain­si égre­né sa li­ta­nie de re­proches ; après l’avoir pa­tiem­ment écou­té, je lui ai ré­pon­du que chaque di­rec­tion était confron­tée à ses dif­fi­cul­tés, ses contraintes, et que tout ma­na­ger su­bit tou­jours de la pres­sion, tant en in­terne qu’en ex­terne. Je lui ai sug­gé­ré de prendre du re­cul dans son quo­ti­dien, de mieux re­la­ti­vi­ser les si­tua­tions, de com­prendre sans tou­te­fois cau­tion­ner, de consi­dé­rer les élé­ments po­si­tifs plu­tôt que de broyer du noir en per­ma­nence, de s’in­té­res­ser plus au che­min qu’il em­prun­tait plu­tôt qu’au som­met qui sem­blait s’avé­rer in­ac­ces­sible… Il m’a alors ré­pon­du, le re­gard rê­veur, que le job de consul­tant de­vait vrai­ment être un sa­cré job.

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