ME­DY­LINK, UNE PLA­TE­FORME TOU­LOU­SAINE POUR SOU­LA­GER LES MEDECINS

La Tribune Toulouse (Edition Quotidienne) - - LA STARTUP - ISRAA LIZATI

La star­tup tou­lou­saine Me­dy­link a an­non­cé le 27 sep­tembre avoir bou­clé une le­vée de fonds de 2,75 mil­lions d’eu­ros. Avec ces fi­nan­ce­ments, la jeune pousse compte pour­suivre le dé­ve­lop­pe­ment de sa pla­te­forme de mise en re­la­tion des pro­fes­sion­nels de la san­té. Le but fi­nal est d’amé­lio­rer la prise en charge des pa­tients. Un concept qui a dé­jà sé­duit plu­sieurs cen­taines de mé­de­cins par­tout en France.

"On ne se sub­sti­tue pas aux mé­de­cins, nous tra­vaillons avec eux. Me­dy­link est une aide. Nous leur ap­por­tons les meilleurs ou­tils afin qu'ils puissent ar­ri­ver à mieux soi­gner les pa­tients", ex­plique Ch­ris­tophe Mo­li­nié. Cet an­cien du monde de l'in­for­ma­tique a mis au point Me­dy­link, un ré­seau so­cial des­ti­né à fa­ci­li­ter les échanges des mé­de­cins gé­né­ra­listes avec les spé­cia­listes et les pa­ra­mé­di­caux", et ain­si amé­lio­rer la prise en charge des pa­tients.

La jeune star­tup tou­lou­saine pro­pose quatre dif­fé­rents ser­vices aux pro­fes­sion­nels de la san­té à tra­vers sa pla­te­forme. Le pre­mier est un ser­vice de mise en re­la­tion entre les dif­fé­rents pro­fes­sion­nels du sec­teur.

"Par exemple, un mé­de­cin gé­né­ra­liste im­plan­té dans un dé­sert mé­di­cal, son prin­ci­pal pro­blème est de trou­ver des mé­de­cins spé­cia­listes pour l'ai­der à prendre en charge des pa­tients. Quant à un mé­de­cin de ville, il cherche plu­tôt à faire du dé­pis­tage sur des pa­tients qu'il va en­suite en­voyer à des mé­de­cins spé­cia­listes à proxi­mi­té. En­fin, un mé­de­cin spé­cia­liste en CHU est plu­tôt dans une phase d'études mé­di­cales et re­cherche des pa­tients très spé­ci­fiques afin de faire avan­cer la re­cherche ou faire le sui­vi de pa­tho­lo­gies par­ti­cu­lières", illustre Ch­ris­tophe Mo­li­nié, le di­rec­teur gé­né­ral de Me­dy­link.

Le se­cond ser­vice que pro­pose la star­tup est la prise en charge ad­mi­nis­tra­tive de la té­lé-ex­per­tise, de la té­lé-consul­ta­tion et de la dé­lé­ga­tion d'actes qui né­ces­sitent cer­taines for­ma­li­tés, afin de faire ga­gner du temps aux pro­fes­sion­nels de la san­té.

"Lors­qu'un mé­de­cin sou­haite dé­lé­guer des actes à une in­fir­mière tels que la pause d'élec­tro­car­dio­grammes par exemple, il doit res­pec­ter un cer­tain nombre de règles ad­mi­nis­tra­tives qu'il nous sous-traite".

Le troi­sième axe est la for­ma­tion des mé­de­cins, ain­si que des pa­ra­mé­di­caux, à l'uti­li­sa­tion du ma­té­riel de san­té spé­ci­fique. En­fin, Me­dy­link pro­pose de la lo­ca­tion de ma­té­riel né­ces­saire à la der­ma­to­lo­gie, la po­ly­gra­phie (étude du som­meil) ou en­core à la ré­ti­no­gra­phie (exa­men pour étu­dier le fond de l'oeil) ain­si que d'autres ou­tils in­dis­pen­sables à bon nombre de do­maines et exa­mens mé­di­caux.

PRÉS DE 450 UTI­LI­SA­TEURS EN FRANCE

En échange de ces quatre pres­ta­tions, ceux-ci paient des abon­ne­ments men­suels. Un abon­ne­ment à la pla­te­forme ain­si "qu'aux ser­vices de co­or­di­na­tion" est fac­tu­ré 150 eu­ros par mois. Pour la lo­ca­tion de ma­té­riel, les pro­fes­sion­nels paient un abon­ne­ment men­suel en fonc­tion du ma­té­riel qu'ils sou­haitent.

La star­tup est au­jourd'hui im­plan­tée dans la Ville rose où elle pos­sède son siège so­cial, mais éga­le­ment à Mont­pel­lier, Bor­deaux, Mar­seille, Lyon, Nan­cy, Stras­bourg et Reims où elle dis­pose de dé­lé­gués mé­di­caux, au­tre­ment dit des com­mer­ciaux s'oc­cu­pant du dé­mar­chage des mé­de­cins. Lan­cée of­fi­ciel­le­ment en 2017, Me­dy­link réunit au­jourd'hui près de 450 mé­de­cins gé­né­ra­listes ré­par­tis sur l'en­semble du ter­ri­toire fran­çais. Et la jeune en­tre­prise ne compte pas s'ar­rê­ter en si bon che­min.

SEPT POSTES À POUR­VOIR IM­MÉ­DIA­TE­MENT

Le 27 sep­tembre der­nier, la jeune pousse a an­non­cé avoir le­vé 2,75 mil­lions d'eu­ros au­près du fonds d'in­ves­tis­se­ment Ma­jycc Esante In­vest, d'Oli­vier De Beau­mi­ny fon­da­teur du groupe Ley­ton (ca­bi­net de con­seil fi­nan­cier) et pré­sident de Me­dy­link, ain­si que Bous­cas (fa­mi­ly of­fice). Cette somme se­ra no­tam­ment des­ti­née à ren­for­cer le per­son­nel de la star­tup qui em­ploie ac­tuel­le­ment 17 sa­la­riés.

"Sept postes sont à pour­voir tout de suite : quatre postes de com­mer­ciaux, un co­or­di­na­teur, un poste en mar­ke­ting et un poste en in­for­ma­tique", pré­cise Ch­ris­tophe Mo­li­nié.

La le­vée de fonds va éga­le­ment per­mettre d'ac­cé­lé­rer le dé­ve­lop­pe­ment de la pla­te­forme.

"Nous avons eu une aug­men­ta­tion de plus de 70% de la prise de com­mandes entre le 1er se­mestre 2017 et le 1er se­mestre 2018. J'ai donc de­man­dé à mes ac­tion­naires de conso­li­der la so­cié­té parce que nous avons beau­coup à tra­vailler sur le dé­ve­lop­pe­ment in­for­ma­tique de la pla­te­forme. Nous vou­lons amé­lio­rer les ser­vices que l'on rend via la pla­te­forme en pro­po­sant aux mé­de­cins des op­tions qui peuvent leur fa­ci­li­ter la vie", en­vi­sage le fon­da­teur de la pla­te­forme.

10 MIL­LIONS D'EU­ROS DE CA "D'ICI TROIS À QUATRE ANS"

Me­dy­link am­bi­tionne de nouer des par­te­na­riats avec des groupes de cli­niques ain­si que des la­bo­ra­toires et d'avoir entre 4 000 et 5 000 mé­de­cins connec­tés sur la pla­te­forme. Avec une telle fré­quen­ta­tion, la di­rec­tion de l'en­tre­prise table sur un chiffre d'af­faires avoi­si­nant les 10 mil­lions d'eu­ros "d'ici trois à quatre ans".

En at­ten­dant, l'en­tre­prise af­fi­chait un chiffre d'af­faires de 1,1 mil­lion d'eu­ros fin 2017 et at­tend entre 1,8 et 2 mil­lions de chiffre d'af­faires en 2018. À terme, Ch­ris­tophe Mo­li­nié a pour ob­jec­tif de faire de Me­dy­link "le Fa­ce­book de la san­té".

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.