EN PANNE D'UTI­LI­SA­TEURS, SNAP­CHAT VEUT CREER SES PROPRES SE­RIES

La Tribune Toulouse (Edition Quotidienne) - - NUMERIQUE -

Bou­dé par les uti­li­sa­teurs au deuxième tri­mestre, Snap­chat veut re­con­qué­rir les jeunes avec la pro­duc­tion de ses propres sé­ries. Le ré­seau so­cial pri­sé par les Mil­len­nials pro­po­sait dé­jà des conte­nus courts sur sa pla­te­forme, mais tous étaient réa­li­sés par des par­te­naires.

Pour conti­nuer de sé­duire les Mil­len­nials, cible pri­vi­lé­giée de Snap­chat, le ré­seau so­cial a an­non­cé mer­cre­di 10 oc­tobre vou­loir pro­duire ses propres sé­ries ex­clu­sives. L'ap­pli­ca­tion pro­pose dé­jà des pro­grammes ori­gi­naux, sou­vent de l'in­for­ma­tion gé­né­rale ou spor­tive, mais ils étaient jus­qu'ici réa­li­sés par des par­te­naires. Snap­chat se lance cette fois dans la fic­tion, avec une sé­rie po­li­cière, "Class of Lies", une co­mé­die, "Co-Ed" et une émis­sion de té­lé­réa­li­té, "End­less Sum­mer", conçue par les créa­teurs de la ré­fé­rence du genre, "Kee­ping Up with the Kar­da­shians".

Pour s'adap­ter au smart­phone, ces sé­ries se­ront fil­mées en for­mat ver­ti­cal et mon­tées de ma­nière très ryth­mée, avec l'écran ré­gu­liè­re­ment scin­dé en plu­sieurs images. Il se­ra aus­si pos­sible de de­ve­nir un per­son­nage de cer­taines sé­ries grâce à la réa­li­té aug­men­tée, se­lon un com­mu­ni­qué pu­blié mer­cre­di. Plu­sieurs autres sé­ries sui­vront bien­tôt, à en croire le mes­sage vi­déo pu­blié par Snap­cha­ti, toutes réu­nies sous la ban­nière Snap Ori­gi­nals. Les trois pre­miers pro­grammes dé­voi­lés mer­cre­di ont tous pour per­son­nages prin­ci­paux des ado­les­cents ou de jeunes adultes, cible pri­vi­lé­giée de Snap­chat, qui peine à re­cru­ter de nou­veaux uti­li­sa­teurs. Lire aus­si : Mé­dias : Snap et NBC Uni­ver­sal se ma­rient pour sé­duire les jeunes

SNAP­CHAT EN PANNE D'UTI­LI­SA­TEURS

Au deuxième tri­mestre, Snap a an­non­cé que le nombre d'uti­li­sa­teurs ac­tifs quo­ti­diens (DAU) avait bais­sé de 2% par rap­port au pre­mier tri­mestre, à 188 mil­lions. Il s'agis­sait du pre­mier re­cul du nombre d'abon­nés pour Snap­chat. L'ap­pli­ca­tion avait dé­jà li­vré un pre­mier tri­mestre ju­gé dé­ce­vant, en en­re­gis­trant la plus faible pro­gres­sion du nombre de ses uti­li­sa­teurs de son his­toire et un chiffre d'af­faires plus faible qu'at­ten­du.

De­puis son lan­ce­ment en 2011, Snap n'a ja­mais dé­ga­gé de bé­né­fice. Il a en­core en­re­gis­tré une perte nette de 353 mil­lions de dol­lars au deuxième tri­mestre. In­tro­duit en Bourse en 2017, il avait fi­ni cet exer­cice en perte nette de 3,44 mil­liards de dol­lars. Dans une note pu­bliée le 9 oc­tobre, les ana­lystes du ca­bi­net Mof­fettNa­than­son ont pré­ve­nu que Snap "n'au­rait bien­tôt plus de li­qui­di­tés" et es­ti­mé qu'une aug­men­ta­tion de ca­pi­tal pour­rait être né­ces­saire en 2019. Ils sou­lignent le fait que l'in­tro­duc­tion du for­mat "Sto­ries", créé par Snap­chat et dé­sor­mais co­pié par Ins­ta­gram puis Fa­ce­book, com­pro­met les chances de crois­sance ra­pide pour le ré­seau so­cial.

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