UN PRE­MIER CONTRAT AVEC L'US AIR FORCE CREDIBILISE DEFINITIVEMENT BLUE ORI­GIN (JEFF BE­ZOS)

La Tribune Toulouse (Edition Quotidienne) - - ENTREPRISES - MI­CHEL CABIROL

Créée par Jeff Be­zos, Blue Ori­gin a rem­por­té un contrat de 500 mil­lions de dol­lars avec l'ar­mée de l'air amé­ri­caine.

Jeff Be­zos, il court, il court... Ou plu­tôt le mil­liar­daire amé­ri­cain a été mis dé­fi­ni­ti­ve­ment sur or­bite par l'US Air Force. La so­cié­té Blue Ori­gin que le pa­tron du géant Ama­zon a créé, a rem­por­té mer­cre­di un contrat de 500 mil­lions de dol­lars avec l'ar­mée de l'air amé­ri­caine. Une pre­mière pour cette so­cié­té de ser­vices de lan­ce­ment qui joue dé­jà les tru­blions dans un mar­ché, qui ne cesse d'évo­luer de­puis l'ar­ri­vée de Spa­ceX d'Elon Musk. Et ce se­ra un nou­veau concur­rent re­dou­table pour Aria­nes­pace et Ariane 6.

L'US Air Force va ai­der Blue Ori­gin à dé­ve­lop­per et conce­voir le fu­tur lan­ceur réuti­li­sable New Glenn en co-in­ves­tis­sant avec Jeff Be­zos. Les tra­vaux de­vront être ter­mi­nés le 31 juillet 2024. Blue Ori­gin, qui a dé­jà ou­vert une usine l'an der­nier, a per­çu 109 mil­lions de dol­lars lors de l'at­tri­bu­tion du contrat, le solde se­ra pro­gres­si­ve­ment dé­blo­qué sur la pé­riode 2018-2024.

"Mer­ci à l'US Air Force pour votre confiance dans l'équipe Blue Ori­gin et notre fu­sée NewG­lenn", a twee­té Jeff Be­zos.

ULA ET ORBITAL SÉ­LEC­TION­NÉS, COUP DUR POUR SPA­CEX

Blue Ori­gin est l'une des trois so­cié­tés de ser­vices de lan­ce­ment à avoir rem­por­té un contrat d'aide au dé­ve­lop­pe­ment par le Pen­ta­gone pour un fu­tur lan­ceur. C'est le cas éga­le­ment d'Uni­ted Launch Al­liance (ULA, une co-en­tre­prise entre Boeing et Lock­heed Mar­tin) et Orbital Sciences Corp (groupe Nor­throp Grum­man), se­lon une an­nonce de l'US Air Force mer­cre­di. En re­vanche, coup dur pour Spa­ceX, qui n'a pas été sé­lec­tion­né pour ce contrat de dé­ve­lop­pe­ment. Seules les lan­ceurs d'ULA et de Spa­ceX sont ac­tuel­le­ment uti­li­sées par l'ar­mée de l'air amé­ri­caine pour des mis­sions de sé­cu­ri­té na­tio­nale.

Dans ce cadre, Uni­ted Launch Ser­vices a si­gné un contrat d'une va­leur de 967 mil­lions de dol­lars pour la mise au point d'un pro­to­type de sys­tème de lan­ce­ment du pro­gramme Evol­ved Ex­pen­dable Launch Ve­hicle (EELV), le Vul­can Cen­taur, un lan­ceur non réuti­li­sable. ULA re­ce­vra une avance de 109 mil­lions de dol­lars. L'US Air Force pré­voit l'achè­ve­ment du pro­gramme avant le 31 mars 2025. Pour sa part, Orbital Sciences a éga­le­ment si­gné un contrat de 791,6 mil­lions de dol­lars pour le dé­ve­lop­pe­ment d'un pro­to­type EELV . La fi­liale de Nor­throp Grum­man a éga­le­ment re­çu une avance de 109 mil­lions de dol­lars. Les tra­vaux de­vront être ter­mi­nés d'ici au 31 dé­cembre 2024.

DEUX GA­GNANTS AU FI­NAL

L'ar­mée en­tend sé­lec­tion­ner, in fine, deux so­cié­tés pour en­voyer ses sa­tel­lites dans l'es­pace, qui n'uti­li­se­ront que des mo­teurs amé­ri­cains afin de ré­pondre aux exi­gences de de sé­cu­ri­té na­tio­nale. Car les lan­ceurs At­las sont ac­tuel­le­ment équi­pés de mo­teurs russes. Cette sé­lec­tion au­ra lieu au plus tôt en 2020, a in­di­qué l'US Air Force. "Nous ne dé­pen­drons plus du mo­teur de fu­sée RD-180 de fa­bri­ca­tion russe", a ex­pli­qué la se­cré­taire des forces aé­riennes des Etats-Unis, Hea­ther Wil­son.

"Ces par­te­na­riats pu­blic-pri­vé in­no­vants avec l'in­dus­trie offrent la pos­si­bi­li­té de dé­ve­lop­per des vé­hi­cules de lan­ce­ment pour as­su­rer l'ac­cès à l'es­pace, pour ré­pondre au be­soin urgent de sor­tir de notre dé­pen­dance stra­té­gique avec un four­nis­seur étran­ger et pour four­nir des ca­pa­ci­tés de lan­ce­ment ré­ac­tives aux mi­li­taires", a af­fir­mé le lieu­te­nant-gé­né­ral John Thomp­son, res­pon­sable de pro­gramme pour l'es­pace de l'Air Force et com­man­dant de la SMC, l'or­ga­nisme d'ac­qui­si­tion des équi­pe­ments mi­li­taires spa­tiaux.

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