QUAND UN ETRE HU­MAIN SE CACHE DERRIERE VOTRE IN­TEL­LI­GENCE AR­TI­FI­CIELLE

La Tribune - - OPINIONS - KA­RIM JOUI­NI

De nom­breuses en­tre­prises an­noncent confier les don­nées de leurs clients à une in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle, mais les sous-traitent en réa­li­té à des tra­vailleurs, ce qui pose des pro­blèmes d'éthique et de confi­den­tia­li­té. Par Ka­rim Joui­ni, CEO et fon­da­teur d'Ex­pen­sya (*). L'Ama­zon Me­cha­ni­cal Turk est une pla­te­forme de mi­cro­tra­vail, lan­cée en 2005 par Ama­zon. Le prin­cipe est de faire ef­fec­tuer des tâches simples et mor­ce­lées par des hu­mains, comme de la tra­duc­tion de frag­ments de textes, pour le compte d'en­tre­prises qui ex­ter­na­lisent ces ser­vices. Le nom de la pla­te­forme vient d'un cé­lèbre ca­nu­lar de la fin du 18e siècle, le Turc Mé­ca­nique[ 1], pré­sen­té aux Eu­ro­péens comme un au­to­mate ca­pable de jouer aux échecs. En réa­li­té, il ne s'agis­sait que d'un pan­tin de bois, à l'in­té­rieur du­quel se ca­chait un hu­main. La pla­te­forme d'Ama­zon met en évi­dence l'iro­nie d'une si­tua­tion où l'hu­main fait le tra­vail de l'in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle (IA). En ef­fet, contrai­re­ment à ce que laissent trop sou­vent en­tendre les star­tups, l'in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle n'est pas gra­tuite, au contraire. Dans les pays en dé­ve­lop­pe­ment — comme l'Inde ou les Phi­lip­pines —, le coût du tra­vail hu­main est sou­vent plus com­pé­ti­tif que ce­lui du re­cours à une in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle.

MA­DA­GAS­CAR, LEA­DER FRAN­ÇAIS DE L'IN­TEL­LI­GENCE AR­TI­FI­CIELLE

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