« Quand on com­met des vio­lences, on ne sait ja­mais comment ce­la va fi­nir »

La Voix du Cantal - - Justice - Faits Divers - L.P.

De­vant le Tri­bu­nal de Grande Ins­tance d’Au­rillac, un homme de­vait ré­pondre de faits de vio­lences et de me­naces sur sa com­pagne, com­mis en no­vembre der­nier.

Ap­pe­lé à la barre, Jean-Marc* confesse tous les faits. Ac­cu­sé de vio­lences sur sa com­pagne, de me­naces de mort et de dé­gra­da­tion de biens par le Tri­bu­nal d’Au­rillac, il re­con­naît les faits. « J’ai cas­sé des bi­be­lots. Je lui en ai lan­cé à la fi­gure. Main­te­nant, je me fais soi­gner » . Les faits re­montent à no­vembre 2016. Jean-Marc et Mu­riel* sont en­semble de­puis 8 ans et ont deux en­fants. « Un soir, vous êtes ren­tré éner­vé. Vous aviez bu, puis vous au­riez cas­sé des choses aux­quelles votre com­pagne tient, rap­pelle la Pré­si­dente. Vous l’in­sul­tiez, vous lui au­riez lan­cé une sa­lière à la fi­gure. Vous l’au­riez me­na­cé alors qu’elle vou­lait s’en al­ler et vous au­riez éga­le­ment cas­sé le pare-brise de sa voi­ture, le tout sous les yeux de vos en­fants » .

Mu­riel, au­rait alors ap­pe­lé son mé­de­cin de fa­mille, qui lui au­rait dit d’ap­pe­ler les gen­darmes et de s’en al­ler. « Elle avait peur car vous aviez des fu­sils à l’in­té­rieur de la mai­son » , ajoute la Pré­si­dente. Lors­qu’elle est en­ten­due, Mu­riel af­firme que ce­la fait plu­sieurs an­nées qu’il lui parle mal, qu’il contrôle sa vie et qu’il lui in­ter­dit de voir ses amis. « C’est aus­si une forme de vio- lence » , sou­ligne la Pré­si­dente.

Conscient de ses pro­blèmes avec l’al­cool, Jean- Marc s’est fait suivre par son mé­de­cin de fa­mille. « C’est un voi­sin qui me fai­sait boire. Il m’en­traî­nait » , s’est-il jus­ti­fié. Ap­pe­lée à té­moi­gner, Mu­riel confirme. « Il s’est cal­mé au ni­veau de l’al­cool. Il s’est fait suivre, il a com­pris. Je lui par­donne ses in­sultes, il a chan­gé » .

Le pro­cu­reur a te­nu à mettre en garde le pré­ve­nu. « C’est le genre d’af­faire qui peut se ter­mi­ner aux as­sises. Quand on com­met des vio­lences, on ne sait ja­mais comment ce­la va fi­nir. Mais nous al­lons vous ai­der à conti­nuer de vous soi­gner » , a-t-il dé­cla­ré, en de­man­dant une peine de 6 mois de pri­son avec sur­sis et obli­ga­tion de soin. « Je veux que vous ayez peur de la jus­tice quand vous vous ap­pro­che­rez d’une bou­teille. C’est une peine im­por­tante, et sym­bo­lique » , a-t-il ajou­té. L’avo­cat de la dé­fense évoque une « im­ma­tu­ri­té cer­taine, un homme in­fluen­çable, mais qui a sur­tout peur de se re­trou­ver seul. Au­jourd’hui, ils ont re­pris les choses en main, ils ont agi en couple, dans leur in­té­rêt et ce­lui de leurs en­fants » .

Le tri­bu­nal a con­dam­né JeanMarc à 3 mois de pri­son avec sur­sis et obli­ga­tion de soin, ain­si qu’une amande de50€. *Les pré­noms ont vo­lon­tai­re­ment été mo­di­fiés.

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