Ju­gé pour s’être mas­tur­bé dans un es­pace pu­blic de St-Flour

La Voix du Cantal - - La Une - Lisa Pue­cha­gut

Jeu­di 16 fé­vrier au Tri­bu­nal de Grande Ins­tance d’Au­rillac, Bap­tiste*, 20 ans, était ap­pe­lé à la barre pour ré­pondre de faits d’ex­hi­bi­tion sexuelle, com­mis à deux re­prises à Saint-Flour. Mars 2016, Julie* une em­ployée du cinéma de la ci­té san­flo­raine dé­pose plainte au­près de la gen­dar­me­rie. Celle-ci af­firme qu’un homme est ve­nu deux fois à la fin du film, alors qu’elle était seule dans le bâ­ti­ment. « Vous lui par­liez alors qu’elle se trou­vait à la caisse. Elle se rend en­suite compte que vous vous mas­tur­bez en même temps. Vous vous se­riez en­suite es­suyé sur la borne d’ac­cueil après avoir éja­cu­lé » , in­dique la Pré­si­dente en rap­pe­lant les faits. Bap­tiste, dé­jà connu du tri­bu­nal pour des faits si­mi­laires ain­si que pour d’autres dé­lits, est très agi­té.

Il de­vient confus dans ses pro­pos mais ne nie pas les faits, sans pour au­tant être ca­pable d’ex­pli­quer son geste. « Je par­lais avec elle parce qu’elle était mi­gnonne » , ex­plique-til. « J’es­père que vous ne vous mas­tur­bez pas de­vant toutes les filles qui vous plaisent, ré­torque la Pré­si­dente. Ce com­por­te­ment est in­ad­mis­sible » . Dos­sier psy­chia­trique en main, celle-ci énu­mère les re­marques du mé­de­cin à l’en­contre du pré­ve­nu, qui évoque « une in­dif­fé­rence, une ba­na­li­sa­tion des faits qui lui sont re­pro­chés. Un gar­çon trop à l’aise, avec des ca­rences cultu­relles et in­tel­lec­tuelles, des troubles sexuels qui se sont ca­rac­té­ri­sés par l’ex­hi­bi­tion dès l’ado­les­cence » . Ner­veux et sur la dé­fen­sive, le pré­ve­nu af­firme ce­pen­dant s’être ex­cu­sé au­près de Julie, et ne plus être re­tour­né au cinéma de­puis. « Votre dos­sier mé­di­cal in­dique que vous n’avez pas conscience de ce que vous faites, sou­ligne la Pré­si­dente. Il faut donc vous faire soi­gner » .

« Il n’a rien com­pris de ce qu’on lui re­proche »

De­puis le dé­pôt de plainte de Julie, la com­mune de SaintF­lour s’est consti­tué par­tie ci- vile. « Les faits sont sur­ve­nus pen­dant les heures de tra­vail de ma cliente, em­ployée par la com­mune, jus­ti­fie leur avo­cat. Et ce­la s’est pas­sé dans un es­pace pu­blic. La com­mune de­vait in­ter­ve­nir » . Dans sa plai­doi­rie, ce­lui- ci évoque la dé­tresse de Julie. « Elle était seule, c’était le soir, et ce n’était pas le pre­mier soir qu’il ve­nait. Il ne ve­nait ja­mais voir de films. Elle a eu peur » , ex­plique-t-il, ré­cla­mant 500 € d’amende pour le pré­ju­dice mo­ral. Le pro­cu­reur s’est dit quant à lui « ex­cé­dé de­vant ce com­por­te­ment » . Aga­cé, il a in­ter­pel­lé la Pré­si­dente, « Il n’a rien com­pris de ce qu’on lui re­proche » , et dé­nonce des « faits graves, qui choquent le pu­blic. Vous n’êtes plus mi­neur, et vous al­lez as­su­mer comme un ma­jeur » . Ce­lui-ci a re­quis une peine d’em­pri­son­ne­ment de 6 mois, as­sor­tie d’un sur­sis avec obli­ga­tion de soin.

Le tri­bu­nal a fi­na­le­ment re­con­nu Bap­tiste cou­pable des faits qui lui étaient re­pro­chés et l’a con­dam­né à 3 mois de pri­son avec sur­sis et obli­ga­tion de soin, ain­si qu’une amende de 500 € pour le pré­ju­dice mo­ral, et 300 € pour la com­mune de Saint-Flour, consti­tuée par­tie ci­vile. *Les pré­noms ont vo­lon­tai­re­ment été mo­di­fiés.

« Elle était mi­gnonne »

Le pré­ve­nu a été re­con­nu cou­pable et a éco­pé de 3 mois de pri­son avec sur­sis.

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