Ré­colte gâ­chée pour quelques de­grés

La Voix du Sancerrois - - Cher Nord / Val De Loire - HER­VÉ MAR­TIN herve.mar­tin@cen­tre­france.com

Trois épi­sodes de gel ma­ti­nal ont tou­ché les vi­gnobles du Centre-Loire et bien d’autres, en fin de se­maine der­nière. D’autres nuits dé­li­cates sont at­ten­dues cette se­maine. Les pertes se­ront im­por­tantes, à l’image de celles du prin­temps 2016. Après la lutte contre le gel, les vi­gne­rons évoquent des pa­rades col­lec­tives.

◗ Le spectre du 28 avril 2016 pla­nait en Val de Loire, la se­maine der­nière, avec le re­tour tant re­dou­té du gel. In­for­més de cette mé­téo hos­tile, les vi­gne­rons ont ba­taillé, trois nuits du­rant pour pro­té­ger les bour­geons nais­sants. Si le gel a pu être com­bat­tu, mer­cre­di ma­tin, les tem­pé­ra­tures sont des­cen­dues très bas, jeu­di et ven­dre­di, jus­qu’à moins cinq voire moins sept de­grés…

Quelques jours plus tard, on me­sure l’am­pleur des dé­gâts, pour cer­tains, vi­gne­rons, c’est à nou­veau la dé­so­la­tion et par­fois la ca­tas­trophe. La tem­pé­ra­ture est des­cen­due par en­droits à moins sept de­grés.

Aler­tés de la me­nace, tous ont lut­té avec les moyens du bord. Chauf­fe­rettes, bou­gies, feux de paille offrent une pro­tec­tion ru­di­men­taire, mais très ef­fi­cace. Face à ce risque ex­trême, on a osé em­ployer des hé­li­co­ptères, dans les vignes de Mont­louis et Me­ne­tou­Sa­lon.

Da­vid contre Go­liath !

À Saint­An­de­lain, des vi­gne­rons et aé­ros­tiers de Su­ry­en­Vaux, ont em­ployé une bat­te­rie de brû­leurs de mont­gol­fières. So­nia Raim­bault ex­plique cette stra­té­gie vo­lon­ta­riste : « On a tous été tou­chés l’an pas­sé, on ne peut plus se per­mettre de croi­ser les doigts. Les an­ ciens com­mencent à nous dire qu’ils ont connu cinq an­nées consé­cu­tives de gel dans les an­nées 1950. Cha­cun es­saie sa so­lu­tion. On n’a pas pu avoir de paille, on s’est tour­né vers les brû­leurs de mont­gol­fières. Des voi­sins ont sen­ti la cha­leur… J’es­père que ce se­ra moins ca­tas­tro­phique l’an pas­sé. La mé­téo, c’est une or­fè­vre­rie. Sur deux val­lons voi­sins où rien n’est fait, l’un peut ge­ler mais pas l’autre. Qui peut dire ce que l’homme a fait… »

Et la vi­gne­ronne de conclure : « Ce­la fait chaud au coeur de voir au­tant de monde se ba­gar­rer contre dame na­ture. Je n’ai ja­mais vu un tel mou­ve­ment hu­main fort pour li­mi­ter la casse, c’était Da­vid contre Go­liath ».

Le prin­temps doux, la vé­gé­ta­tion qui dé­marre très tôt, ac­croissent le risque. Des vi­gne­rons ap­pellent au­jourd’hui à « trou­ver des so­lu­tions », c’est un su­jet à creu­ser au ni­veau des syn­di­cats. Les par­cel­laires mor­ce­lés de leurs ex­ploi­ta­tions ne leur per­mettent pas d’être par­tout à la fois pour me­ner de telles ba­tailles contre les élé­ments.

Chauf­fe­rettes, bou­gies, brû­leurs de mont­gol­fières, hé­li­co­ptères…

(PHO­TO : PIERRE DESTRADE)

Des mil­liers de bou­gies se­mées dans les vignes.

(PHO­TO : C. CENDRIE)

Des brû­leurs de mont­gol­fières en ac­tion.

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