« Mon cré­neau est l’his­toire mi­li­taire »

La Voix du Sancerrois - - Cher Nord / Val De Loire - PRO­POS RECUEILLIS PAR HER­VÉ MAR­TIN

Mi­chel Co­que­ry, an­cien mi­li­taire, est de­ve­nu un au­teur pro­lixe, en ma­tière de ré­cits et ana­lyses sur les dif­fé­rents conflits des der­niers siècles. Son en­ga­ge­ment.

Vous êtes at­ta­ché à la thé­ma­tique mi­li­taire ?

Oui. Je suis spé­cia­liste des armes de guerre et fu­sils de chasse, de ba­lis­tique. Mon cré­neau est l’his­toire mi­li­taire, l’his­toire des guerres et de la guerre. Elle concerne les ci­vils et les mi­li­taires. Il ne faut pas confondre his­toire et mé­moire. L’his­toire est unique. Les in­ter­pré­ta­ta­tions sont mul­tiples.

est ré­édi­té en­core une fois…

La cin­quième édi­tion est en cours. par une mai­son de Li­moges, spé­cia­li­sée dans les ré­cits mi­li­taires. Trois mai­sons d’édi­tion vou­laient le pu­blier.

Quels sont les points forts de ce livre ?

Il com­porte trois par­ties, 310 pages. Je traite des causes, du dé­rou­le­ment et de l’après… Je ba­laie de­puis 1870 jus­qu’à 1945. Le ré­cit na­tio­nal n’est pas le ro­man na­tio­nal. L’his­toire of­fi­cielle, c’est du ré­cit… 1939­1945, c’est le tronc du bou­quin, avec les Al­le­mands, les Amé­ri­cains, les An­glais et les Russes. Je vais jus­qu’à la chute du mur de Ber­lin, la der­nière consé­quence ci­vile de la se­conde guerre mon­diale. 125 ans d’his­toire. 150 thèmes et des syn­thèses d’in­for­ma­tion. 1.500 flashes d’in­for­ma­tion, sans conces­sion.

Quelles ont été les ré­ac­tions des lec­teurs ?

Des gens le consultent quand ils voient des thèmes à la té­lé­vi­sion. J’ai re­çu six cents pages de notes de lec­teurs !

Avez-vous d’autres pro­jets en cours ? Sur quels thèmes ?

Je tra­vaille sur plu­sieurs livres. Les ma­nus­crits sont écrits à 80 %. La Grande guerre : his­toire et mé­moire. Un es­sai : Temps de guerre et temps de paix. Le der­nier : 1939­1945, pe­tite et grande his­toire.

La Se­conde Guerre mon­diale pas­sionne-t-elle les gé­né­ra­tions d’au­jourd’hui ?

Oui. J’ai dé­di­ca­cé des mil­liers de livres, dans douze dé­par­te­ments du Centre, Au­vergne, Li­mou­sin. Mon plus jeune ache­teur, un Suisse, était en sixième, à Ro­mo­ran­tin. Il s’in­té­res­sait à la guerre alors que son pays ne l’a pas connue. Ce livre in­té­resse au­tant les femmes que les hommes.

Pour­quoi ce livre sur la Se­conde Guerre ?

Je l’ai écrit pour mon père qui est par­ti en 1936. Mon père fai­sait par­tie du groupe de Juin et Le­clerc, com­man­dé par le gé­né­ral Mo­li­nier, à Lille. Il a re­çu des hon­neurs mi­li­taires. Il fut pri­son­nier, cinq ans à Ber­lin, à la Chan­cel­le­rie. Bou­clier hu­main, il a aus­si ser­vi à la construc­tion du bun­ker. Li­bé­ré le 27 avril 1945 par les Russes, em­me­né en Bié­lo­rus­sie. La guerre nous a vo­lés neuf ans de sa vie.

Vous êtes for­te­ment im­pli­qué dans la mé­moire mi­li­taire ?

Je n’ai j amais trou­vé quel­qu’un qui ait fait ça. J’ai 120 cri­tiques de jour­na­listes et 550 ar­ticles. Seuls deux ou trois m’ont cri­ti­qué ver­te­ment. Ils étaient un peu par­tie pre­nante sur un su­jet. Ma po­si­tion sur la Ré­sis­tance ne plaît pas à tout le monde… Les gens en ont marre des dis­cours conve­nus. Ils veulent la vé­ri­té. Je donne des chiffres. Je ne fais pas de ré­vi­sion­nisme, c’est fac­tuel. J’ai ven­du le livre à des gé­né­raux, des co­lo­nels, des pré­fets. Ils ap­prennent des choses. J’ai fait trois cents ar­ticles dans la presse, pour ré­ta­blir des vé­ri­tés, contre le ro­man na­tio­nal.

Mi­chel Co­que­ry, lors d’une séance de dé­di­cace.

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