Gilles Guille­rault rend son ta­blier de pré­sident

La Voix du Sancerrois - - La Une - MÉ­LA­NIE PRADALIÉ me­la­nie.pra­da­lie@cen­tre­france.com

6 sep­tembre, les vi­gne­rons se re­trou­vaient pour leur tra­di­tion­nelle réunion de pré­pa­ra­tion des ven­danges. La tra­di­tion veut que le pré­sident de l’Union vi­ti­cole san­cer­roise ouvre la séance par un dis­cours. Ce­lui de Gilles Guille­rault an­non­çait sa dé­mis­sion à comp­ter du soir même. Ex­pli­ca­tions.

Pré­sident de l’Union vi­ti­cole san­cer­roise (UVS) de­puis 2014, ré­élu à son poste en mars der­nier, Gilles Guille­rault, vi­gne­ron à Cré­zan­cy­en­San­cerre, a dé­mis­sion­né lors de la réunion de pré­pa­ra­tion des ven­danges qui se te­nait mer­cre­di 6 sep­tembre à 20 heures aux Caves de la Mi­gnonne.

« Il y a un cli­mat qui n’est pas sain à mon sens, ex­plique Gilles Guille­rault. Les choses vont à l’en­con­ tre de mes convic­tions et c’est dan­ge­reux à terme, et même à court terme. »

En cause ? Une sen­sa­tion qu’en dé­pit de la belle pro­duc­ti­vi­té du vi­gnoble san­cer­rois, ce der­nier n’évo­lue pas dans le bon sens. « On a la chance d’avoir de beaux mil­lé­simes, c’est royal et c’est tant mieux, re­prend le vi­gne­ron. Mais si on ne pro­fite pas de ces mo­ments où tout va bien pour prendre des dé­ci­sions col­lec­ti­ ves qui fe­ront avan­cer et pro­gres­ser l’ap­pel­la­tion, il y a un pro­blème. »

Symp­to­ma­tique se­lon l’an­cien pré­sident de ce cli­mat « ré­gres­sif », le cas du châ­teau de San­cerre. « On a vu l’ar­ri­vée de nou­velles têtes dans l’ap­pel­la­tion qui pensent plus à leur in­té­rêt per­son­nel qu’au col­lec­tif, pour­suit­il. Par exemple, Ber­nard Ja­cob, et la so­cié­té Acker­man qui a ra­che­té le châ­teau de San­cerre, prennent part à la réunion de né­goce et pas à la réunion d’hier (la réunion de pré­pa­ra­tion des ven­danges, ndlr). C’est as­sez ré­vé­la­teur… »

Il ajoute : « On nous de­mande que la stra­té­gie de l’ap­pel­la­tion san­cer­roise s’adapte à des stra­té­gies d’en­tre­prise, mais ce n’est pas comme ça qu’on fonc­tionne ici. »

En plus d’être scep­tique vis­à­vis des nou­veaux pro­prié­taires du Châ­teau de San­cerre et de leurs am­bi­tions quant à l’ap­pel­la­tion, Gilles Guille­rault garde un sen­ti­ment de « ne pas être al­lé au bout » en ce qui concerne la ven­ te du do­maine. « On es­sayait de mon­ter quelque chose pour le Châ­teau de San­cerre, mais il nous a man­qué de temps, re­grette ce der­nier. L’er­reur ma­jeure que j’ai faite, sur la forme, est de ne pas dire clai­re­ment : “Nous sommes vrai­ment in­té­res­sés, on a be­soin de temps, et on va vous pro­po­ser quelque chose”. On n’a pas su sai­sir l’op­por­tu­ni­té. » Une nou­velle élec­tion pour dé­but no­vembre ?

« Je sais que ma dé­ci­sion fra­gi­lise l’UVS mais ça doit ser­vir d’élec­tro­choc. Il n’y a pas de ba­taille qui ne se mène pas, et je les ai toutes me­nées jus­qu’ici, avec plus ou moins de réus­site, mais là je laisse les autres prendre la re­lève. On ne me fe­ra ja­mais faire des choses contre mes convic­tions. Je reste per­sua­dé qu’on a une des plus belles ap­pel­la­tions et que nous sommes au­jourd’hui au pied de la col­line. J’es­père que ceux qui ont une vraie vi­sion pour l’ap­pel­la­tion vont se réunir et se mo­bi­li­ser, ter­mine­t­il. Je vais re­de­ve­nir un simple vi­gne­ron et re­trou­ver ma li­ber­té de pa­role per­son­nelle. »

Pour ce qui est de l’ave­nir de l’Union vi­ti­cole san­cer­roise, les vice­pré­si­dents as­surent l’in­té­rim jus­qu’à une pro­chaine élec­tion. « Le bu­reau n’a pas dé­mis­sion­né, ex­plique Na­tha­lie Prieur, di­rec­trice de l’UVS. Les six vice­pré­si­dents ont ré­pon­du pré­sents, ils as­su­re­ront leurs rôles. Pen­dant les ven­danges c’est une pé­riode as­sez creuse, il n’y a que peu de dos­siers ad­mi­nis­tra­tifs à trai­ter donc il n’y au­ra pas de sou­cis d’or­ga­ni­sa­tion. »

L’as­sem­blée gé­né­rale de dé­but no­vembre se trans­for­me­ra pro­ba­ble­ment en réunion élec­tive dont les en­jeux prin­ci­paux se­ront de re­dé­fi­nir les contours et la di­rec­tion à don­ner à l’ap­pel­la­tion. Quelle orien­ta­tion les vi­ti­cul­teurs veulent­ils don­ner à leur vi­gnoble ? Quels pro­jets pour l’ave­nir ? Au­tant de ques­tions sur les­quelles le nou­veau ou la nou­velle pré­sident/e de­vra se pen­cher.

(PHO­TO : AR­CHIVES)

Gilles Guille­rault a dé­ci­dé de se re­ti­rer de la pré­si­dence de l’Union vi­ti­cole san­cer­roise.

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