Gilles-Hen­ry Dou­cet sort de sa ré­serve et fait le point

La Voix du Sancerrois - - La Une - PRO­POS RE­CUEILLIS PAR JEAN-BAP­TISTE BOTELLA

Maire de Vailly-sur-Sauldre de­puis mars 2001, GillesHen­ry Dou­cet vit son troi­sième man­dat à la tête de la com­mune. In­ter­view.

On dit tou­jours qu’après un pre­mier man­dat on dé­couvre la fonc­tion, après un deuxième on réa­lise ses ac­tions. Que se passe-t-il lors d’un troi­sième man­dat de maire ?

Le troi­sième man­dat, on a in­con­tes­ta­ble­ment plus d’ex­pé­rience. J’ai vu cer­taines per­sonnes ar­ri­ver du monde du pri­vé avec les cri­tères et les prin­cipes de fonc­tion­ne­ment du pri­vé. Au bout d’un cer­tain temps ils s’aper­çoivent que la vie pu­blique a ses propres règles, que la comp­ta­bi­li­té pu­blique n’a rien à voir avec la com­pa­ti­bi­li­té pri­vée, que toutes les ac­tions sont en­ca­drées dans des pro­cé­dures sou­vent trop longues… Bref il y a un dé­ca­lage entre l’élu qui ar­rive, qui veut « tout cas­ser » et ce­lui qui a de l’ex­pé­rience. Est-ce que le contexte s’est dé­gra­dé de­puis 2001 ?

Fi­nan­ciè­re­ment, oui. Par exemple sur les deux der­nières an­nées, on a entre 25.000 et 30.000 € de baisses de do­ta­tion. Avec 30.000 € on peut faire deux ré­no­va­tions de che­min. Avec toutes les ré­formes qu’il y a eues, la com­mune reste la col­lec­ti­vi­ té de proxi­mi­té où l’on connaît ses élus. On est le bu­reau de ré­cep­tion de toutes les peurs. Il y a un vrai dé­ca­lage entre les moyens moins im­por­tants et les at­tentes en­core plus fortes des ad­mi­nis­trés. Dans votre rap­port avec la po­pu­la­tion, est-ce que vous avez évo­lué ?

Ce­la se passe bien et ce­la s’est tou­jours bien pas­sé. Je suis un ga­min d’ici, je suis abor­dable. J’aime le re­la­tion­nel. Être plus de seize ans à la tête d’une com­mune ce­la laisse le temps de me­ner à bien des dos­siers ? Oui, j’ai vu cer­tains dos­siers abou­tir comme la ré­ no­va­tion de la place du vil­lage. La qua­si­to­ta­li­té des ca­na­li­sa­tions d’eau ont été re­faites. On a re­fait le toit de l’église, le toit du vieux châ­teau, des bâ­ti­ments aux ter­rains des sports. On a mis en place une halte­gar­de­rie… Vous sa­vez quand on est un homme po­li­tique, même à un pe­tit ni­veau, il faut ac­cep­ter la cri­tique, mais quand vous êtes ré­élu trois fois de suite, avec à 99 % la to­ta­li­té de votre liste, c’est que vous n’avez pas été si mau­vais que ce­la. Le tis­su com­mer­cial de Vailly est tou­jours im­por­tant. C’est une chance ? Oui, c’est une chance. Vailly garde un tis­su com­ mer­cial im­por­tant et de qua­li­té. Mais nous ne sommes pas un vil­lage gau­lois, on sait très bien que c’est de plus en plus dif­fi­cile pour le pe­tit com­merce. J’ai tou­jours dit que tant que je se­rai maire, il n’y au­ra pas de grande sur­face à proxi­mi­té. Un des autres cri­tères de la vie lo­cale, c’est le cô­té mé­di­cal.

C’est un des gros atouts de Vailly : de­puis que nous sommes al­lés cher­cher un mé­de­cin rou­main, au ni­veau mé­di­co­social on est top. C’est d’ailleurs une vraie réus­site. Pour 800 ha­bi­tants on a deux mé­de­cins gé­né­ra­listes, une phar­ma­cie, un ca­bi­net ki­né, ca­bi­net den­taire, un ca­bi­net vé­té­ri­naire. Quel est votre rap­port avec les as­so­cia­tions de Vailly ?

Ex­cellent. J’ai tou­jours mis un point d’hon­neur, te­nu à les ai­der fi­nan­ciè­re­ment. De­puis 2001, la com­mune vote tous les ans une sub­ven­tion à toutes les as­so­cia­tions pour les ai­der et les re­mer­cier de leur engagement. On a ré­duit le mon­tant de­puis deux ans car on a moins d’ar­gent, mais on a main­te­nu le prin­cipe. J’es­saie d’as­sis­ter le plus sou­vent pos­sible à leurs ma­ni­fes­ta­tions pour leur té­moi­gner ma re­con­nais­sance. Le der­nier comice de Vailly a été une vraie réus­site. Ce­la té­moigne de la qua­li­té des as­so­cia­tions de la com­mune.

Bien sûr. Il a été une grande réus­site. On avait dé­mon­tré que l’on sa­vait être pré­sent lors de grands évé­ne­ments comme en 2005 lors du pas­sage du Tour­de­France où l’on a été deuxième au plan national des villages tra­ver­sés par le Tour au ni­veau de la dé­co­ra­tion. Les Vaillys­sois aiment bien s’en­ga­ger, créer des choses en­semble.

Pour Gilles-Hen­ry Dou­cet, à la tête de la com­mune de­puis 2001, ce troi­sième man­dat est ce­lui de « l’ex­pé­rience ».

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.