Sur les ondes san­cer­roises de­puis 1985

La Voix du Sancerrois - - La Une - HER­VÉ MARTIN

Ra­dio Clash, une des rares ra­dios lo­cales in­dé­pen­dantes, fait par­tie du dé­cor san­cer­rois, de­puis fin 1985. Créée et ani­mée par la fa­mille Di­rig, elle co­lore les jour­nées, rythme le tra­vail dans les vignes et ose : « Ra­dio Clash se lâche ! »

« La ra­dio a com­men­cé à émettre le 5 dé­cembre 1985, à San­cerre, ani­mée par cinq bé­né­voles, dont mon père. De­puis 2005, on s’est ins­tal­lé à la mai­son, à Saint­Sa­tur », ex­plique Pa­me­la Di­rig, hors an­tenne, entre deux an­nonces. Sé­quence fla­sh­back.

La jeune femme, de­ve­nue pi­lier de la fré­quence, avait dé­cou­vert le stu­dio par ha­sard, en 2003 « en cher­chant une en­tre­prise où faire mon stage de for­ma­tion bac pro vente… » Avec son père, Jean­Mi­chel et sa soeur, Vir­gi­nie (tou­jours pré­sente), elle n’a eu de cesse de faire évo­luer la pro­duc­tion, avec pas­sion. Un pro­fes­sion­nel fut un pas­sage dé­ci­sif. Pa­me­la se sou­vient : « On a eu la vi­site de Di­dier Gir­court, voix de té­lé et pu­bli­ci­té. Il nous a cri­ti­qués et il a en­re­gis­tré des mes­sages, don­né la cou­leur de l’an­tenne. Il a ame­né une touche pro. Ra­dio Clash se lâche, c’est lui ».

La ra­dio a évo­lué, pas­sant des pla­tines disques à la mu­sique pi­lo­tée par ordinateur. D’abord des Mac, puis des PC. Non sans risque : « En 2005, l’ordinateur a grillé. On a été blo­qué près d’une se­ maine », se sou­vient Pa­me­la qui, au­jourd’hui, pi­lote la sta­tion avec son iP­hone. « On gère le lo­gi­ciel, avec Vir­gi­nie, les an­tennes, ce n’est plus une his­toire d’hommes ! Au be­soin, mon père peut in­ter­ve­nir sur la tech­nique et il y a un élec­tro­tech­ni­cien dans la fa­mille ».

En 2017, Ra­dio Clash ne suit pas le mo­dèle des ra­dios na­tio­nales. On pri­vi­lé­gie la con­vi­via­li­té, la fi­dé­li­té et la proxi­mi­té. C’est en­core par le té­lé­phone et cour­rier, que la ra­dio par­tage les meilleurs mo­ments avec ses au­di­teurs. « On re­çoit du cour­rier, des cartes de bonne an­née, d’an­ni­ver­saire, des ca­deaux, du café, de cho­co­lats… Les gens ap­pellent ou viennent nous voir, nous ra­content un peu leur vie », sou­rit l’ani­ma­trice.

La pro­gram­ma­tion, c’est Pa­me­la qui la fait. Elle com­pose par­mi 400.000 vi­nyles, et 20.000 titres sto­ckés en nu­mé­rique (mp3). La ra­dio dif­fuse nombre d’en­re­gis­tre­ments à par­tir de vi­nyles ori­gi­naux.

Et quid de l’ave­nir : « C’est com­pro­mis, car il était ques­tion d’un pas­sage oblige au for­mat nu­mé­rique. Le bé­né­vo­lat est com­pli­qué. Les ra­dios lo­cales crèvent l es unes après les autres. On n’est pas équi­pé pour émettre sur In­ter­net. Mais plein de jeunes nous disent qu’ils écoutent Clash dans les vignes, ou dans les com­merces », conclut Pa­me­la.

Vir­gi­nie et Pa­me­la, aux com­mandes de la Ra­dio, dans le sillage de Jean-Mi­chel, père et fon­da­teur de l’an­tenne, tou­jours chro­ni­queur.

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