Atouts et fai­blesses de la can­di­da­ture

La Voix du Sancerrois - - L'info De La Semaine -

Faire la­bé­li­ser un bien au pa­tri­moine mon­dial de l’Unes­co n’est pas chose ai­sée. Ce­la prend des an­nées. « C’est plus com­pli­qué que de dire : c’est beau chez nous. Il y a des ex­per­tises scien­ti­fiques qui ont pour but de dé­fi­nir une va­leur uni­ver­selle ex­cep­tion­nelle du bien (VUE). D’ailleurs, au­cun bien ne peut être can­di­dat à l’Unes­co sans VUE », en­tame Pas­cal Fon­ta­nille, pré­sident du co­mi­té san­cer­rois pa­tri­moine mon­dial. Car il s’agit là de re­joindre un club très fer­mé, où se trouvent les 1.000 sites les plus in­té­res­sants du monde.

Pour réus­sir sa mis­sion, le San­cer­rois peut s’ap­puyer sur plu­sieurs atouts. Le pre­mier est la den­si­té

des pay­sages. En ef­fet, sur la zone can­di­date, qui va de Mon­ti­gny à Ban­nay, se trouve un conden­sé de pay­sages, « une ri­chesse in­croyable sur 20 km de pro­fon­deur », ajoute Pas­cal Fon­ta­nille.

Sur ce pe­tit ter­ri­toire, on re­trouve donc le Val de Loire, le pay­sage de bo­cage mais aus­si un pay­sage vi­ti­cole et agri­cole. « Le San­cer­rois est, à lui seul, un conden­sé des pay­sages fran­çais », as­sure le pré­sident.

Des pay­sages qui sont en plus très bien pré­ser­vées. « Ils ont gar­dé leur au­then­ti­ci­té. C’est un pe­tit mi­racle. Et ce qui pou­vait pas­ser au­tre­fois comme un désa­van­tage avec la dés­in­dus­tria­li­sa­tion, s’est trans­for­mé en op­por­tu­ni­té car le pay­sage n’est pas abî­mé. On a un ca­pi­tal ex­tra­or­di­naire. »

Le deuxième point fort de la can­di­da­ture san­cer­roise se trouve sous terre, dans la géo­lo­gie. « C’est in­ti­me­ment lié au ter­roir », sou­ligne le pré­sident. Car la faille de San­cerre a fait bou­ger les lignes, for­mant les col­lines mais aus­si le ter­roir et le lit de la Loire. Un sol riche, di­ver­si­fié qui donne toute sa ty­pi­ci­té au vin. Jus­te­ment le vin est un atout in­dé­niable dans la can­di­da­ture.

En ef­fet, le nom, la marque San­cerre est connu aux quatre coins du monde. Un nom qui est une vraie force. « On a la chance d’avoir un ter­ri­toire qui peut s’ar­ri­mer à une marque forte qui tire le ter­ri­toire vers le haut. Une marque qui parle », jure Pas­cal Fon­ta­nille.

Pour réus­sir son dé­fi la­bel­li­sa­tion Unes­co, les ac­teurs lo­caux vont ce­pen­dant de­voir faire tom­ber quelques bar­rières. Il y a d’abord celle de la concur­rence in­ter­na­tio­nale. Car beau­coup de biens mon­

diaux veulent éga­le­ment ob­te­nir ce la­bel. « Ce­la veut donc dire qu’il faut avoir le meilleur dos­sier, le meilleur plan de ges­tion et la meilleure va­leur uni­ver­selle ex­cep­tion­nelle », com­plète Pas­cal Fon­ta­nille. Le pa­tri­moine bâ­ti et pay­sa

ger pour­rait éga­le­ment frei­ner les am­bi­tions lo­cales. En ef­fet, plu­sieurs centres­villes au­raient be­soin d’un coup de jeune et des pro­jets éo­liens risque de dé­gra­der ce pay­sage pré­ser­vé. « Par exemple les si­los de Saint­Satur font une cou­pure entre le San­cer­rois et la Loire. Vi­suel­le­ment, ces si­los forment une bar­rière », illustre le pré­sident.

Pour mettre plus de chance de leur cô­té, les membres du co­mi­té san­cer­rois pa­tri­moine mon­dial ont aus­si bien conscience qu’il fau­dra im­pli­quer d’avan­tage les ha­bi­tants. « Je re­grette que l’on n’est pas en­core eu le temps de mieux im­pli­quer les ha­bi­tants et de leur ex­pli­quer ce que l’on fait. Ce pro­jet ne se fe­ra pas sans eux. Les ha­bi­tants du San­cer­rois sont les pre­miers am­bas­sa­deurs, concède Pas­cal Fon­ta­nille. Il fau­dra trou­ver une fa­çon fes­tive de par­ta­ger tout ce pro­jet. »

(PHO­TO : STÉ­PHA­NIE PA­RA)

Les vins de San­cerre, une marque qui compte pour la la­bel­li­sa­tion à l’Unes­co.

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