L’art du vi­trail, un tra­vail de pa­tience et de pré­ci­sion

La Voix du Sancerrois - - L'info De La Semaine - PRO­POS RE­CUEILLIS PAR M. P.

Par­mi les dix ar­tistes pré­sents, Fran­çoise Ma­thi­got re­vient à la Grange et ex­pose ses vi­traux. Fi­gu­ra­tif ou abs­trait, très ac­tuel ou plus tra­di­tion­nel, l’ar­tiste de Sens­Beau­jeu ex­plore l’art du vi­trail dans toute sa di­ver­si­té, et lui ap­porte une touche de mo­der­ni­té. Ren­contre.

Com­ment êtes-vous ve­nue à l’art du vi­trail ?

De­puis toute pe­tite, je suis at­ti­rée par les vi­traux. Cette fas­ci­na­tion re­monte à l’époque où j’al­lais avec ma grand­mère chez un vé­té­ri­naire qui était ins­tal­lé dans un Prieu­ré. Il y avait ce grand vi­trail qui m’a tou­jours im­pres­sion­né et c’est une chose qui m’a mar­qué, la preuve… Au­jourd’hui le vi­trail est une oc­cu­pa­tion de retraite. Dans ma vie ac­tive en ré­gion pa­ri­sienne, j’étais dans la cou­ture puis es­thé­ti­cienne. En pa­ral­lèle, je pre­nais des cours du soir pour ap­prendre les tech­niques du vi­trail.

Quels types de créa­tions réa­li­sez-vous ?

Je fais du fi­gu­ra­tif, de l’abs­trait, du tra­di­tion­nel, du mo­derne… Ça dé­pend les mo­ments, de mes en­vies. Par exemple, j’ai fait des co­pies de vi­traux an­glais, des oeuvres pré­sentes à West­mins­ter, ou en­core une tête de Bac­chus dans un style as­sez clas­sique. Chez Claire (Ter­rade, à la Grange des ar­tistes,

N.D.L.R), il y a deux vi­traux plus mo­dernes.

Je fais éga­le­ment du Tif­fa­ny, un art ti­rant son nom des oeuvres style Art Nou­veau de l’ar­tiste amé­ri­cain Louis Com­fort Tif­fa­ny. Ce­la consiste à col­ler de mor­ceaux de cou­leur, as­sem­blés à l’étain. Je les colle gé­né­ra­le­ment sur des mi­roirs ou des lampes. Je fais éga­le­ment de la ré­no­va­tion des vi­traux an­ciens.

Le vi­trail reste un art peu ré­pan­du…

Oui c’est un art plu­tôt rare, il y a très peu d’ar­tistes du vi­trail, mise à part en Al­sace où ils sont bien re­pré­sen­tés. Ce sont des réa­li­sa­tions qui de­mandent un sa­voir faire cer­tain et sur­tout beau­coup de pré­ci­sion et d’heures de tra­vail. Par exemple, j’ai créé un vi­trail de 180 cm sur 65 cm qui m’a de­man­dé plus de 500 heures de tra­vail. Et les as­sem­blages de pièces se jouent à coup de deux mil­li­mètres, il y a très peu de marge de ma­noeuvres.

Est-ce la pre­mière fois que vous ex­po­sez vos oeuvres à la Grange des ar­tistes de Sury-ès-Bois ?

Non, j’avais dé­jà ex­po­sé lors de sa pre­mière ou­ver­ture. Et quand elle est re­ve­nue, je sa­vais qu’elle ne pour­rait pas res­ter sans rien faire ! Dans la ré­gion je pense qu’elle est la seule à avoir un es­pace comme le sien. C’est un lieu de pas­sage qui at­tire l’oeil.

Com­bien de vos créa­tions sont vi­sibles à la Grange ?

Il y a quatre vi­traux, dont deux grands, deux lampes de che­vets et un mi­roir avec une elfe fa­bri­quée fa­çon Tif­fa­ny. J’ai éga­le­ment lais­sé mon book pour pré­sen­ter le reste de mon tra­vail. Ce que j’aime avec la Grange, c’est que des ar­tistes très dif­fé­rents les uns des autres se re­trouvent dans le même lieu. Et puis ça sort de l’or­di­naire. Ici, nous n’ex­po­sons pas seule­ment pour deux ou trois jours. C’est un peu à la ma­nière d’une bou­tique éphé­mère fi­na­le­ment.

Fran­çoise Ma­thi­got cultive sa pas­sion pour les vi­traux dans son ate­lier de Sens-Beau­jeu.

Re­pro­duc­tion de pièces connues, ou créa­tions ori­gi­nales, l’ar­tiste va­rie les plai­sirs.

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