Flo­rence Le­dieu, chef d’en­tre­prise pri­mée

La Voix du Sancerrois - - La Une - AGNÈS HERTAULT

Femme chef d’en­tre­prise à Au­bi­gny-sur-Nère de­puis 2011, Flo­rence Le­dieu s’est vue ho­no­rée du tro­phée 2017, par la dé­lé­ga­tion du Cher des Femmes chefs d’en­tre­prises (FCE).

Mar­di 7 no­vembre, Flo­rence Le­dieu s’est vue re­mettre le tro­phée 2017 de Femmes chefs d’en­tre­prises, par la pré­si­dente du Cher, Na­tha­lie Gau­tier dans les sa­lons d’hon­neur de l’an­cienne mai­rie de Bourges. Comme l’a sou­li­gné la pré­si­dente « après un par­cours brillant sur Au­bi­gny à des postes à res­pon­sa­bi­li­tés ad­mi­nis­tra­tives au sein de so­cié­tés comme Me­ca­chrome et In­ter­mar­ché, Flo­rence Le­dieu ra­chète l’en­tre­prise Au­bi­gny­bâ­ti­ment. Cou­ra­geuse, vo­lon­taire, dans un mi­lieu mas­cu­lin, elle prouve ses com­pé­tences et son en­tre­pr ise est au­jourd’hui, en plein es­sor ».

Une vie bien rem­plie

Ori­gi­naire d’Am­boise, Flo­rence Le­dieu ne pen­sait pas de­ve­nir un jour chef d’en­tre­prise. Après des études de comp­ta­bi­li­té (BTS), elle dé­bute sa vie ac­tive dans dif­fé­rentes en­tre­prises : To­tal France avant l’aven­ture al­bi­nienne, Me­ca­chrome et In­ter­mar­ché. C’est à ce mo­ment que Flo­rence ré­flé­chit sur le sta­tut de chef d’en­tre­prise. L’oc­ca­sion est ve­nue de l’ac­ci­dent d’un ami proche, Laurent Pin­son qui ve­nait de ra­che­ter Au­bi­gny­bâ­ti­ment. « Pour moi, ce fut une évi­dence, les pro­jets de Laurent pour­ront ain­si conti­nuer et j’al­lais pou­voir avoir mon in­dé­pen­dance. » En sep­tembre 2000, Flo­rence suit une for­ma­tion en ma­çon­ne­rie du­rant quinze jours puis comme chef de chan­tier pen­dant sept mois à Oli­vet (Loi­ret). Son pa­tron d’In­ter­mar­ché l’avait en­cou­ra­gée dans cette voie. Elle a ob­te­nu l’aide du père de son ami Laurent Pin­son qui a te­nu l’en­tre­prise à flot pen­dant une an­née en at­ten­dant ces for­ma­tions. Il l’a ac­com­pa­gnée pen­dant six mois et la so­li­da­ri­té d’autres en­tre­prises du bâ­ti­ment, l’a ai­dée à vo­ler de ses propres ailes en lui ap­por­tant des af­faires. « Au dé­but, j’avais très peur d’évo­luer dans ce mi­lieu mas­cu­lin, peur que les sa­la­riés ne me fassent pas confiance et que les clients ne me prennent pas au sé­rieux », ajoute­e lle. De­puis ce temps, l’en­tre­prise de Flo­rence s’est dé­ve­lop­pée. De trois sa­la­riés, elle est pas­sée à cinq et tous lui ont fait confiance. L’en­tre­prise ne manque pas de tra­vail et pour­rait em­bau­cher. Le plus dif­fi­cile est jus­te­ment de trou­ver des sa­la­riés qua­li­fiés.

Dé­jà en 2015, lau­réate du concours ré­gio­nal de l’en­tre­pre­na­riat au fé­mi­nin, Flo­rence Le­dieu avait re­çu un prix à Po­ly­tech d’Or­léans, ca­té­go­rie en­tre­pre­neure au fé­mi­nin. Ce prix avait pour ob­jec­tif de va­lo­ri­ser la créa­tion et la re­prise d’en­tre­prises par des femmes avec pour ob­jec­tif d’at­teindre 40 % de femmes. Sé­lec­tion­née par un ju­ry par un oral à Or­léans, Flo­rence Le­dieu ap­pre­nait quinze jours avant la re­mise des prix, sa sé­lec­tion par­mi une cin­quan­taine de can­di­da­tures. À qua­rante­deux ans, Flo­rence sou­haite étendre son ac­ti­vi­té prou­vant que les femmes ont bien leur place dans les mé­tiers dits d’homme. Elle se dit tê­tue, ce ne se­ra pas un dé­faut.

Prou­ver que les femmes ont leur place dans les mé­tiers dits « d’hommes »

Flo­rence Le­dieu (écharpe rouge) est ré­com­pen­sée.

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