En­tre­tien avec le maire, Syl­vain Coin­tat

La Voix du Sancerrois - - La Une -

Syl­vain Coin­tat est de­ve­nu maire de Tracy-sur-Loire à la suite du dé­cès de De­nis Gau­dry le 22 juillet 2016. À 45 ans, il avance avec les yeux de la jeu­nesse.

Quel sou­ve­nir gar­dez-vous de De­nis Gau­dry ?

L’un des hommes les plus gé­né­reux qui puissent exis­ter, amou­reux de sa com­mune, très ap­pré­cié.

De­ve­nir maire quand on ne l’a pas pré­vu, c’est dif­fi­cile ?

De­nis croyait beau­coup au fait que je le rem­place. En mars 2016 il a sou­hai­té prendre un ar­rê­té me dé­lé­guant ses pou­voirs lors de ses hos­pi­ta­li­sa­tions. Je me suis ren­du compte que c’était fai­sable. J’ai bien vé­cu l’in­té­rim, sans au­cune op­po­si­tion.

Comment la tran­si­tion s’es­telle faite au conseil ?

J’ai de­man­dé à Mi­chel Pi­vert qu’il ac­cepte de de­ve­nir 1er ad­joint et à Mo­nique Ra­be­reau d’être 2e ad­jointe. Elle était ad­jointe de­puis long­temps. Avec Mi­chel, nous par­ta­geons qua­si­ment les mêmes idées. C’est vrai­ment pra­tique ! J’ai re­fon­du l’or­ga­ni­sa­tion des com­mis­sions, dont les pré­si­dents ne sont pas for­cé­ment le mai­ re ou les ad­joints. Tout le monde est im­pli­qué et ça fonc­tionne bien.

Comment ap­pré­hen­dez-vous ce rôle, les res­pon­sa­bi­li­tés ?

Quand on aime les re­la­tions hu­maines, ce n’est pas pé­nible. Si on le fait de ma­nière ali­men­taire, ce­la de­vient pé­nible ra­pi­de­ment. Et je res­sens que c’est plu­tôt bien per­çu par la po­pu­la­tion, d’avoir un jeune maire.

Tracy, c’est d’abord le vi­gnoble, non ?

La vigne c’est un plus. Nous avons ici 26 ex­ploi­tants. Et 70 ac­ti­vi­tés com­mer­ciales aus­si, pas mal pour 1.000 ha­bi­tants. Ce sont sur­tout des em­plois. Je pense pou­voir dire que la com­mune vit bien. Il y a eu 10 nais­sances en 2017, plus que de dé­cès. On avait réuni les 7 as­so­cia­tions du vil­lage dès 2016 : elles se connaissent mieux et cer­taines tra­vaillent en­semble. Et les 7 agents com­mu­naux sont sou­dés.

Quelles ont été vos prin­ci­pales ac­tions ?

Le gros pro­jet du man­dat était la construc­tion des ate­liers mu­ni­ci­paux, der­rière la salle des fêtes de Bois­gi­bault. Il est stop­pé faute de DETR (*). Ça vien­dra. On a fait un plan de ré­duc­tion de la vi­tesse. Des amé­na­ge­ments, ré­tré­cis­se­ments et ra­len­tis­seurs, sont dé­jà ins­tal­lés dans Bois­gi­bault. Vont suivre la RD 4 aux Braults, où passent 3.700 vé­hi­cules par jour, Mal­ta­verne et toutes les en­trées des ha­meaux. À l’école, les toi­lettes ont été mises aux normes et iso­lées. On a ache­té des vi­déo­pro­jec­teurs in­ter­ac­tifs et des PC por­tables pour la classe des grands. En­fin, on va at­ta­quer en fin d’an­née la ré­no­va­tion éner­gé­tique de la mai­rie, qui a 30 ans.

D’autres prio­ri­tés ?

Le dé­ve­lop­pe­ment éco­no­mique. Après l’en­tre­prise Pa­geon, nous sou­hai­tons ac­cueillir d’autres en­tre­prises près de la RD4 entre Mal­ta­verne et Les Braults. Nous tra­vaillons sur une pe­tite zone d’ac­ti­vi­tés et avons mo­di­fié le PLU, no­tam­ment pour ça. Là­bas on n’est pas en zone AOC. En concer­ta­tion avec le syn­di­cat vi­ti­cole, on es­saie­ra à l’ave­nir de ne pas construire au mi­lieu des vignes, et les vi­gne­rons, de ne pas plan­ter entre les mai­sons.

N’avez-vous pas aus­si un pro- jet de parc pho­to­vol­taïque ?

Il avance. C’est une ini­tia­tive pri­vée sur un ter­rain pri­vé, sans ar­gent pu­blic en jeu. Plus de 6 ha sont concer­nés à l’an­cienne car­rière près de La Roche. Il de­vrait se faire en même temps que ce­lui que pro­jette le même pro­mo­teur à l’aé­ro­drome de Cosne. Pour les ri­ve­rains il n’y au­ra au­cune nui­sance.

Al­ler à la CdC Loire, Vi­gnobles et No­hain, c’est na­tu­rel ?

La com­mune de Tracy s’ins­crit très bien dans la CdC. Et dans la CdC j’ai vu 30 com­munes qui sou­haitent tra­vailler en­semble. L’es­prit fa­mi­lial qui exis­tait à la CdC de Pouilly, pe­tit à pe­tit on le re­trouve dans la nou­velle CdC. Mais je suis aus­si le plus jeune des maires en temps de man­dat, sans nos­tal­gie, c’est peut­être la si­tua­tion la plus fa­cile…

La fibre op­tique va ar­ri­ver grâce à l’in­ter­com­mu­na­li­té…

Oui. Les tra­vaux vont se lan­cer dé­but 2018, pour une mise en ser­vice au 4e se­mestre. La fibre va pas­ser dans des four­reaux exis­tants, avec une borne sur la place de la mai­rie.

Or­dures mé­na­gères, taxes… Pen­sez-vous que les fac­tures vont aug­men­ter ?

J’ai une en­tière confiance dans le pré­sident et les vice­pré­si­dents qui sau­ront conte­nir tout ça. C’est une chance d’avoir un pré­sident qui a en­vie d’avan­cer, conscient du fait qu’il faut éco­no­mi­ser l’ar­gent pu­blic. C’est comme pour la mai­rie, on peut avoir de l’am­bi­tion.

Comment voyez-vous l’ave­nir des com­munes ?

Ça évo­lue­ra. Si un jour il fal­lait ré­flé­chir à des com­munes nou­velles, je ne m’y op­po­se­rais pas. La loi NOTRe, la loi Alur, de toute fa­çon on ne peut pas s’y op­po­ser, si­non c’est se rendre ma­lade. Je suis as­sez op­ti­miste. On peut être ac­teur, évi­ter de su­bir.

En 2020 ou 2021, vous re­pré­sen­te­rez-vous ?

Pour le mo­ment, oui, je suis par­tant.

PRO­POS RE­CUEILLIS PAR FLORENT MAU­PAS

(*) Do­ta­tion d’équi­pe­ment des ter­ri­toires ru­raux.

« On peut être ac­teur, évi­ter de su­bir » »

Syl­vain Coin­tat a « les yeux neufs » du maire le plus ré­cem­ment conduit aux af­faires dans toute la ré­gion.

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