Faire avan­cer la com­mune de Blan­ca­fort

La Voix du Sancerrois - - La Une - PRO­POS RE­CUEILLIS PAR MÉ­LA­NIE PRADALIÉ

Blan­ca­fort, vil­lage du Cher Nord, à la li­mite du Ber­ry et de la So­logne, compte plus de 1.000 ha­bi­tants sur sa com­mune. En­tre­tien avec son maire, à la tête de la mu­ni­ci­pa­li­té de­puis 2008.

◗ Vous êtes à la moi­tié de votre se­cond man­dat, com­ment êtes-vous ar­ri­vé dans ce siège de maire ?

C’était une en­vie, une en­vie de don­ner, de par­ta­ger et d’avoir une ac­tion pour la collectivité. Quand nous sommes ar­ri­vés en 2008, je ne m’at­ten­dais pas à de­ve­nir maire. J’étais été plon­gé dans le grand bain di­rec­te­ment.

Dès votre pre­mier man­dat, il a fal­lu faire face à une me­nace pour la prin­ci­pale en­tre­prise de la com­mune…

C’est ar­ri­vé en 2012, ça a été la chose la plus mar­quante, et ça me mar­que­ra jus­qu’à la fin de ma vie. Du jour au len­de­main, le groupe Doux an­nonce qu’il ferme l’en­tre­prise… Avec plus de 200 sa­la­riés en jeu, un site qui au­rait pu de­ve­nir une friche in­dus­trielle, ça a été un cau­che­mar. Quand l’en­tre­prise a été re­prise, ça a été un sou­la­ge­ment, même s’il y a eu mal­heu­reu­se­ment des li­cen­cie­ments. L’en­tre­prise est par la suite re­par­tie sur de bonnes bases, la si­tua­tion est plus saine.

Les en­tre­prises lo­cales, l’ar­ti­sa­nat, les com­merces sont les pou­mons d’une com­mune, sans ça, ça ne peut pas fonc­tion­ner. Les deux grosses en­tre­prises de la com­mune (Les Vo­lailles De Blan­ca­fort et les Pâte Fran­çois, N.D.L.R.) drainent éga­le­ment beau­coup de monde et font par­ler de la com­mune. Par exemple, la Pâte Fran­çois est ins­crite aux Tro­phées des en­tre­prises du Cher, il va y avoir un re­por­tage sur France 5… C’est po­si­tif !

En par­lant de com­merces, le bar Le Bac­chus est cen­sé rou- vrir sous peu ?

Il va rou­vrir cou­rant avril avec une nou­velle gé­rante.

Qu’en est-il de la vente du Châ­teau de Blan­ca­fort ? Avez­vous plus d’in­for­ma­tions sur l’ache­teur ?

Je ne par­le­rai pas de vente… Pas of­fi­ciel­le­ment en tout cas. Il y a eu une offre mais je n’ai rien re­çu de la part d’un no­taire. Il y a eu des bruits sur d’éven­tuels ache­teurs chi­nois, amé­ri­cains, russes, belges… Il y a eu cette vente aux en­chères sur le site amé­ri­cain, mais j’en suis res­té là. Je ne suis ab­so­lu­ment pas au cou­rant d’une pos­sible réou­ver­ture du châ­teau aux vi­sites pour la sai­son es­ti­vale… Nous sommes dé­but avril et je ne peux pas dire s’il se­ra ou­vert aux vi­si­teurs ou non. J’es­père qu’il le se­ra car les gens viennent en par­tie pour vi­si­ter le châ­teau, comme il ve­nait pour vi­si­ter le Mu­sée de la Sor­cel­le­rie de Con­cres­sault. Cette fer­me­ture a été pour moi, un crève­coeur (le mu­sée a fer­mé à l’au­tomne 2016, N.D.L.R.).

L’an­née der­nière vous évo­quiez un pro­jet de parc éo­lien sur la com­mune…

Oui tout à fait, nous étions au stade de pré­étude. La der­nière in­fo a ce su­jet, date d’il y a un mois et de­mi à peu près. L’en­tre­prise Nor­dex qui est en­core dans sa phase d’étude, tra­vaille à ob­te­nir l’ac­cord de prin­cipe de l’avia­tion ci­vile. Il y a dé­jà eu un ac­cord avec les pro­prié­taires des ter­rains, le conseil mu­ni­ci­pal avait don­né son ac­cord, ça avance.

Au ni­veau du fonc­tion­ne­ment de l’équipe mu­ni­ci­pale, ce se­cond man­dat est mar­qué par trois dé­mis­sions. Pour­quoi ?

Je pense que cer­taines per­sonnes ne me­surent pas réel­le­ment la si­gni­fi­ca­tion du mot en­gage­ ment. On peut avoir de bonnes rai­sons de dé­mis­sions, comme des rai­sons pro­fes­sion­nelles par exemple, mais des dé­mis­sions sur des états d’âmes, j’ai du mal… Nous avons été élus par des gens. On s’est en­ga­gé jus­qu’en 2020 et point à la ligne. Je ne me consi­dère pas comme quel­qu’un d’au­to­ri­taire, mon bu­reau est tou­jours ou­vert, prêt à dis­cu­ter. Mais quand on ne vient même pas de­man­der une dis­cus­sion ou une explication et qu’on an­nonce des dé­mis­sions comme ça… C’est com­pli­qué. Après au ni­veau du fonc­tion­ne­ment de l’équipe, ça fait trois per­sonnes en moins mais ça ne change rien. Il pour­rait y avoir de nou­velles élec­tions s’il y avait deux autres dé­mis­sions. J’ai­me­rais bien ter­mi­ner ce man­dat car il y a des choses à ter­mi­ner, des pro­jets pour la com­mune, mais si ça doit ar­ri­ver, ça ar­ri­ve­ra.

Jus­te­ment, quels sont-ils ces pro­jets ?

Je vou­drais fi­nir le man­dat en 2020 avec l’amé­na­ge­ment de deux nou­veaux com­merces à Blan­ca­fort : ce­lui de la bou­lan­ge­rie et de l’épi­ce­rie. L’idée se­rait de faire une pe­tite ex­ten­ sion de mai­rie sur le par­king d’adjacent, où nous construi­rions éga­le­ment le bâ­ti­ment qui ac­cueille­rait l’épi­ce­rie et la bou­lan­ge­rie. Ce se­ra le plus gros mor­ceau. Après pour le reste, le but est vrai­ment d’an­crer Blan­ca­fort dans l’ave­nir. C’est dans cet es­prit que nous nous sommes en­ga­gés dans le Zé­ro pes­ti­cide par exemple, avant que la loi ne nous y oblige.

Un mot sur la com­mu­nau­té des com­munes, dont vous êtes vice-pré­sident. Après un an de man­da­ture, quel re­gard por­tez-vous sur la CdC ?

Il y a une belle im­pul­sion à la com­mu­nau­té des com­munes. Une nou­velle image est don­née avec no­tam­ment la mise en place d’une sai­son cultu­relle com­mu­nau­taire. Il y a des pro­jets por­teurs comme la fibre, par exemple. Nous ne sommes plus vi­sua­li­sés comme uni­que­ment en charges des or­dures mé­na­gères. De plus, j’ai tou­jours été per­sua­dé que l’union fait la force. Unis, nous pou­vons nous ser­rons les coudes et avoir des moyens pour réa­li­ser des pro­jets d’en­ver­gure.

Pas­cal Mar­ge­rin : « Je vou­drais lais­ser à mes fu­turs suc­ces­seurs des choses qu’ils n’au­ront pas à re­faire ».

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