Ren­contre avec des cen­te­naires

Cen­te­naires ou presque, ces doyens et doyennes de Nogent-le-Ro­trou ont connu de nom­breuses pé­riodes dans la ci­té no­gen­taise. Ils sont de plus en plus nom­breux avec une pré­do­mi­nance chez les femmes qui vivent plus long­temps.

L'Action Républicaine - - La Une - H. De­shors

Doyennes. Sur le gâ­teau qu’elle souffle à chaque an­ni­ver­saire, Hé­lène Le­veau a le droit à trois chiffres. For­cé­ment, cette No­gen­taise a 104 ans. C’est l’une des cen­te­naires* de la mai­son de re­traite La Ro­se­raie, au centre hos­pi­ta­lier de Nogent-le-Ro­trou.

Les belles an­nées à Nogent

L’une des ré­si­dentes éga­le­ment les plus ap­pré­ciées. Ce qui la ca­rac­té­rise ? Le calme et la tran­quilli­té.

As­sise confor­ta­ble­ment dans son siège, la porte tou­jours ou­verte, signe qu’elle se sent bien aus­si à l’ex­té­rieur, c’est avec un peu de nos­tal­gie mais sur­tout avec des pen­sées bien­veillantes qu’elle se re­mé­more ses belles an­nées à Nogent-le-Ro­trou.

« J’ai tra­vaillé jus­qu’à 65 ans aux La­bo­ra­toires Bru­neau (NDLR : connu au­jourd’hui sous le nom de B.Braun), se sou­vient-elle. Je fai­sais du condi­tion­ne­ment ».

« Je suis quel­qu’un de po­sé »

Dif­fi­cile ? Pas pour elle. « J’étais en pleine forme et j’avais les mains so­lides. Quand on peut s’en ser­vir, tout va bien. Il fal­lait juste bien tra­vailler ».

Brillante à l’école (d’abord à Souan­cé-au-Perche puis à Nogent-le-Ro­trou) - « j’ai eu mon cer­ti­fi­cat d’études à 12 ans », an­nonce-t-elle avec un grand sou­rire - elle a tou­jours eu ce tem­pé­ra­ment calme qui la ca­rac­té­rise.

L’exis­tence du tram­way

« Je suis quel­qu’un de po­sé » mais de dy­na­mique et à la re­cherche d’ac­ti­vi­té. «À l’époque, j’ai­mais beau­coup faire du cro­chet. Avec mes ai­guilles, je réa­li­sais des nap­pe­rons qui avaient du suc­cès. Je les ven­dais d’ailleurs à Saint-Hi­laire-sur-Erre (Orne) ».

Comme bon nombre de ses ca­ma­rades, Hé­lène Le­veau se ren­dait sou­vent aux bals. « J’ai­mais dan­ser, re­pen­set-elle, quand j’étais plus jeune ».

Elle s’oc­cu­pait aus­si de sa mai­son. « Elle n’existe plus main­te­nant. Elle se si­tuait à proxi­mi­té du châ­teau de la Ga­lai­sière à Souan­cé-auPerche ».

Un nid douillet dans le­quel elle ai­mait être, « je fai­sais sou­vent des rô­tis et le di­manche, une tarte aux pommes ». Le ri­tuel heb­do­ma­daire. « Quand j’y re­pense, il y a des choses, des sou­ve­nirs qui me re­viennent ».

Son re­gard sur la Ville de Nogent ? « La vie ici a beau­coup chan­gé. J’ai vé­cu l’exis­tence du tram­way au­tre­fois. Avec ma mère, je le pre­nais pour al­ler voir mes grand­spa­rents à Dampierre-sousB­rou. Le quar­tier des Gau­che­tières n’exis­tait pas ».

« Un peu loin tout ça »

Au­jourd’hui, comme dans la peau d’un phi­lo­sophe, elle doit « faire le deuil de tout ça. C’est un peu loin pour moi… ».

A la mai­son de re­traite, en­tou­rée de l’équipe mé­di­cale, de l’ani­ma­trice, elle s’y plaît. C’est sûr que ce n’est plus comme avant mais « les gens sont très gen­tils ici. C’est très propre, la nour­ri­ture aus­si même si j’ai des dif­fi­cul­tés à man­ger par­fois. Je m’adapte ».

Et puis, elle re­çoit la vi­site quo­ti­dienne de son fils ac­com­pa­gné de son épouse. « J’ai aus­si des pe­tits-en­fants et ar­rière-pe­tits-en­fants », di­telle fiè­re­ment.

* La mai­son de re­traite La Char­mil­le compte éga­le­ment une autre per­sonne cen­te­naire.

Avec San­dra l’ani­ma­trice, la No­gen­taise Hé­lène Le­veau (à droite), en­tre­tient une belle com­pli­ci­té.

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