Re­vi­vez l’émeute de Nogent en 1838

Lors de la pro­ces­sion re­li­gieuse, un homme du nom de Fran­çois-Adrien Filleul-Pé­ti­gny a été agres­sé Place Saint-Pol. Un évé­ne­ment qui tra­dui­sait la ten­sion entre le ca­tho­li­cisme et la société non croyante. Une confé­rence vous ex­plique tout.

L'Action Républicaine - - La Une - H. De­shors

Ce fut un scan­dale re­la­té par toute la presse na­tio­nale à l’époque. En 1838, sur la Place Saint-Pol à No­gentle-Ro­trou, une émeute a écla­té pen­dant la pro­ces­sion re­li­gieuse.

L’au­teur Sten­dhal l’a évo­qué

Une his­toire mé­con­nue mais pour­tant pas­sion­nante ra­con­tée et mise en lu­mière par Chris­tian Fo­reau (éga­le­ment di­rec­teur des af­faires cultu­relles de la Ville) ac­com­pa­gné (mise en voix) par les ar­tistes Gwénäel Bap­tis­ta (chan­sons) et Luc Au­bard (mu­sique)*.

Le ren­dez-vous est don­né le mar­di 13 fé­vrier à 14 heures, salle Si­mone-Si­gno­ret à No­gentle-Ro­trou (or­ga­ni­sé par l’Uni­ver­si­té du temps libre avec le sou­tien des Amis du Perche eu­ré­lien).

Si l’émeute lors de la fa­meuse pro­ces­sion de 1838 a eu un écho re­ten­tis­sant, c’est parce qu’elle « ré­vé­lait le grand ma­laise qui su­bis­sait entre la re­li­gion ca­tho­lique et une cer­taine par­tie de la po­pu­la­tion », sou­ligne Chris­tian Fo­reau qui a pu re­mon­ter jus­qu’à cet évé­ne­ment grâce à l’au­teur Sten­dhal (NDLR : écri­vain fran­çais de son vrai nom Hen­ri Beyle).

« Dans l’un de ses ou­vrages, Voyage dans Rome, il évoque ce fait his­to­rique. J’ai vou­lu en sa­voir plus ».

C’est là que le di­rec­teur des af­faires cultu­relles se rend compte que l’évé­ne­ment a eu une am­pleur na­tio­nale. Que s’est-il pas­sé alors ? En fin d’an­née 1838, « le dio­cèse de Chartres en­voie deux mis­sion­naires à Nogent-leRo­trou à la fin du mois de no­vembre et pen­dant trois se­maines ». L’ob­jec­tif : ré­ac­ti­ver la foi et s’as­su­rer de la bonne san­té du ca­tho­li­cisme. Avec un but ul­time : éri­ger une croix.

Agres­sions phy­siques

Des con­fes­sions sont faites à lon­gueur de jour­née, des messes très tôt, des nou­velles évan­gé­li­sa­tions dans les églises et hô­pi­taux. « Il y avait tout un pro­ces­sus qui com­pre­nait aus­si les au­to­da­fés, on brû­lait des livres ju­gés mau­vais… » On don­nait aus­si la pa­role aux No­gen­tais. Par­mi les­quels, un cer­tain Fran­çois-Adrien FilleulPé­ti­gny (mar­chand-pa­pe­tier et père de Cla­ra Filleul). « Il va écrire un cour­rier as­sez vé­hé­ment contre les mis­sion­naires et la re­li­gion. Un cour­rier qui va être lu en chair ». Et qui va faire un scan­dale.

« Lors du dé­part des mis­sion­naires, ce même Fran­çois-Adrien Filleul se fait in­ter­pel­ler et in­ju­rier. En tout, une cen­taine de femmes réunies sur la place Saint-Pol s’en prennent à lui phy­si­que­ment ».

Par­mi elle, Ma­rie-Jeanne Du­buard qui l’agresse en lui as­sé­nant des coups de poing. Fran­çois Adrien Filleul-Pé­ti­gny va por­ter plainte contre celle qu’on ap­pelle « La Gre­nar­dière ».

L’in­ci­dence mé­dia­tique est telle qu’elle est ju­gée à Chartres et écope d’un an d’em­pri­son­ne­ment.

Chris­tian Fo­reau, au mi­lieu, pré­sente sa confé­rence sur l’émeute de 1838 à Nogent-le-Ro­trou, ac­com­pa­gné par deux ar­tistes, Gwénäel Bap­tis­ta (chan­sons) et Luc Au­bard (mu­sique).

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