“Sur scène, je ne joue pas un per­son­nage”

L'actu - - INTERVIEW SPECTACLE -

Vous jouez sur la scène du Ja­mel Co­me­dy Club. C’est donc que vous avez su sé­duire Ja­mel Deb­bouze. Ra­con­tez-nous…

To­ny Saint Laurent : J’ai bossé cinq ans au Club Med et j’ai eu en­vie de tour­ner la page. J’avais en tête d’écrire un one-man-show. J’ai donc écu­mé les scènes ou­vertes à Pa­ris : un jour, Ja­mel était dans la salle. J’ai in­té­gré la troupe et il est de­ve­nu mon pro­duc­teur !

Vous as­su­rez la 1re par­tie de Franck Du­bosc au Ca­si­no de Pa­ris. C’est com­ment ?

J’ai une chance de ouf de faire la 1re de Franck Du­bosc. J’ai ado­ré faire celle de Gad El­ma­leh au théâtre Ma­ri­gny, au prin­temps der­nier. Le jour de la der­nière, en juin, je lui ai dit que j’avais vé­cu la plus belle aven­ture de ma vie. Franck Du­bosc, Gad El­ma­leh, Éric et Ram­zy, puis un peu plus tard Flo­rence Fo­res­ti font par­tie de ceux qui m’ont don­né en­vie de faire ce mé­tier.

Sur scène, vous êtes très co­ol et non­cha­lant…

Oui, comme je le suis dans la vie. Sur scène, je ne joue pas un per­son­nage, je ne m’in­vente pas une vie. Je ra­conte des choses qui me sont ar­ri­vées : le han­di­ca­pé, Vir­gi­nie, le mec qui me frotte dans le mé­tro… Sur scène, je suis comme si je dî­nais avec des amis. J’ai été très mar­qué par un spec­tacle de l’hu­mo­riste Ed­die Iz­zard que j’ai vu à Pa­ris, il y a des an­nées. Il était à cô­té de moi au bar de la salle. Il a fi­ni sa bière et est mon­té sur scène. Il n’y avait rien d’autre que lui : au­cune mu­sique, rien. J’aime bien que la mise en scène soit épu­rée. Pour moi, le plus im­por­tant, c’est ce que tu ra­contes. Le reste, c’est de l’ar­ti­fice.

Vous vous mo­quez des Rou­mains, des Turcs, des Chi­nois, des han­di­ca­pés… Peut-on rire de tout ?

Je pense que oui, à par­tir du mo­ment où tu es bien­veillant. Je suis mo­queur mais pas mé­chant. Il me te­nait à coeur de par­ler des han­di­ca­pés. C’est un vrai su­jet. Et comme je le dis dans le spec­tacle, ils sont comme les autres, et ne pas me mo­quer d’eux, ce se­rait les consi­dé­rer comme dif­fé­rents.

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En­tre­tien réa­li­sé par Au­drey Nait-Chal­lal

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