“Je n’ai ja­mais vou­lu pen­ser ni faire comme tout le monde”

L'actu - - INTERVIEW CINÉ - En­tre­tien réa­li­sé par Marie Serre

Dans States of Grace, vous jouez votre pre­mier grand rôle. Comment l’avez-vous abor­dé ?

Brie Lar­son : En li­sant le scé­na­rio, j’ai per­çu quelque chose de mys­té­rieux chez ce per­son­nage. Cette jeune femme m’a tou­chée car elle est « nor­male », avec des sen­ti­ments mé­lan­gés et des conflits in­ternes qui res­semblent aux miens. C’était comme un puzzle que j’ai es­sayé de re­com­po­ser.

Grace passe par de mul­tiples émo­tions, par­fois très in­tenses. En tant qu’ac­trice, comment le gère-t-on ?

Long­temps je me suis iden­ti­fiée à mes per­son­nages. Avec l’âge, j’ai com­pris que c’était dan­ge­reux. Avant de com­men­cer le tour­nage, j’ai sui­vi une femme qui s’oc­cu­pait d’en­fants en dif­fi­cul­té de­puis 27 ans. Elle don­nait tout son amour et son éner­gie aux en­fants. J’étais ex­té­nuée rien qu’à la re­gar­der. Mal­gré tout, elle gar­dait un vrai contrôle d’elle-même. Je lui ai de­man­dé comment elle te­nait de­puis si long­temps. « Je dé­con­necte une fois chez moi », m’a-t-elle ré­pon­du. Alors, j’ai si­gné un pacte avec moi­même, pour ne pas ex­plo­ser en vol. J’étais Grace 12 heures par jour ; en­suite, je fai­sais tout ce que Grace ne fai­sait pas : mettre la mu­sique à fond, man­ger avec des potes pour dé­li­rer avec eux…

À quoi ont res­sem­blé votre en­fance et votre ado­les­cence ?

J’ai tou­jours été bi­zarre : je n’avais pas d’amis car je sui­vais les cours à la mai­son. Je por­tais des chaus­sures de bow­ling et re­gar­dais des films étranges. Je n’ai ja­mais vou­lu pen­ser ni faire comme tout le monde. D’ailleurs, j’ai eu une pé­riode où je man­geais dans la douche (rires). Mes pa­rents étaient com­pré­hen­sifs. J’ex­pé­ri­mente toutes sortes de sen­sa­tions. En ce mo­ment, je suis ob­sé­dée par le re­jet. Je fais des choses uni­que­ment pour qu’on me dise « non », afin d’ap­prendre à gé­rer la si­tua­tion.

La scène où vous dé­trui­sez une voi­ture a dû être li­bé­ra­trice…

Après 20 jours de tour­nage in­tense, ce fut un vrai plai­sir de frap­per ce vé­hi­cule. Un bon moyen pour tout en­voyer ba­la­der et lâ­cher toutes les ten­sions. Ce­la a fait du bien à tout le monde sur le pla­teau ! (Rires.)

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