Re­nault ans de F1

EN 1977, RE­NAULT S’EN­GAGE EN FOR­MULE 1 ET IM­POSE LA SUR­ALI­MEN­TA­TION. NEUF ANS PLUS TARD, CLAP DE FIN SUR CETTE AVEN­TURE AU GOÛT D’IN­ACHE­VÉ, MÊME SI ELLE A MAR­QUÉ L’HIS­TOIRE DE LA DIS­CI­PLINE REINE. DE­PUIS, RE­NAULT EST RE­VE­NU, A FAIT UNE AUTRE PAUSE, AVANT

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L’épo­péeen ja­lon­née For­mule de du 1 coups Lo­san­geest de “tur­bo”... et de longues pauses. Re­tour sur quatre dé­cen­nies, où de glo­rieuses pages de sport au­to ont été écrites par le fran­çais.

Sil­vers­tone ! Dif­fi­cile de trou­ver lieu plus sym­bo­lique pour en­ta­mer une car­rière en For­mule 1. C’est là, en 1950, qu’eut lieu la pre­mière épreuve du Cham­pion­nat du monde, au coeur de l’An­gle­terre, alors royaume in­con­tes­table du sport au­to­mo­bile. C’est là, donc, dans le temple de la course, que la Re­nault RS01 se dé­voile lors de la pre­mière séance d’es­sais du my­thique Grand Prix de Grande-Bre­tagne. En ce 14 juillet 1977, la mo­no­place jaune et noire n’est pas à la pa­rade et fait sou­rire les An­glais. Pas à cause de sa cou­leur ni de son pi­lote, Jean-Pierre Ja­bouille, qu’ils connaissent bien. Le “Grand”, comme on le sur­nomme, a été sa­cré champion d’Eu­rope de F2 l’an­née pré­cé­dente, et ils l’ont vu au vo­lant de “pro­tos” Ma­tra. Non, ce qui les amuse, c’est le mo­teur, avec son drôle de bruit, un peu étouf­fé avec sou­dain un sif­fle­ment, ca­rac­té­ris­tique de la sur­ali­men­ta­tion. Rien à voir avec la so­no­ri­té fa­mi­lière et vi­rile du V8 Ford Cos­worth, la ré­fé­rence de­puis le mi­lieu des an­nées 1960, et le son stri­dent des 12- cy­lindres Fer­ra­ri. En plus de chan­ter faux, le V6 fran­çais casse comme du verre en dé­ga­geant de spec­ta­cu­laires vo­lutes de fu­mée blanche. Bien­tôt, les An­glais,

fa­ci­le­ment ta­quins avec leurs amis fran­çais, sur­nomment alors la F1 fran­çaise “la théière jaune”. Mais ce que les “Bri­tish” sous-es­timent, c’est la na­ture du dé­fi de la di­rec­tion de la Ré­gie Re­nault, pre­mier construc­teur de grande sé­rie à s’im­pli­quer à 100 % en F1. Les Fran­çais veulent en faire une vi­trine tech­no­lo­gique, un la­bo­ra­toire d’in­no­va­tion. D’où l’op­tion tur­bo, so­lu­tion à même de trou­ver un dé­bou­ché en sé­rie. Une bande de jeunes in­gé­nieurs en­thou­siastes em­me­née par Fran­çois Cas­taing et Ber­nard Du­dot, ins­tal­lée dans l’usine Amé­dée-Gor­di­ni de Vi­ry-Châ­tillon (91), dé­ve­loppe cette mo­to­ri­sa­tion qui brille­ra d’abord en en­du­rance (vic­toire aux 24 Heures du Mans 1978 avec Al­pine) et, bien plus tard, en F1, mais deux ans après ses dé­buts, une éter­ni­té, quand Ja­bouille gagne le GP de France à Di­jon. La fia­bi­li­té n’est pas le point fort, mais l’adop­tion d’un bi­tur­bo à Mo­na­co, un mois plus tôt, a amé­lio­ré les choses et per­mis de ré­duire le temps de ré­ponse, vé­ri­table cal­vaire pour les pi­lotes confron­tés à un im­por­tant sur­croît de puis­sance à re­tar­de­ment. La “théière” ne fait plus rire et en An­gle­terre (le mo­to­riste Hart), en Al­le­magne (BMW) et en Ita­lie (Fer­ra­ri), on planche, avec des ap­proches dif­fé­rentes sur cette sur­ali­men­ta­tion. Ar­ri­vée à ma­tu­ri­té en 1983, l’équipe Re­nault, et son pi­lote n°1 Alain Prost, a tout pour de­ve­nir cham­pionne du monde. À la fin de l’été, le Fran­çais est en pole po­si­tion pour être cou­ron­né, et une im­por­tante cam­pagne d’af­fi­chage af­firme alors : “Une en­tre­prise der­rière son champion.” Mais, pa­ta­tras, la fin de sai­son est ca­tas­tro­phique : deux pannes Page pré­cé­dentes: La RS01 de 1977, pi­lo­tée par Alain Ser­pag­gi (ex-pi­lote Al­pine), pré­cé­dée par la RE40 de 1983, avec Mi­chel Le­clère (pi­lote de F3,F2, F1 dans les an­nées 1970) au vo­lant.

Ci- des­sous, une di­zaine de Re­nault F1 réunies dans l’ordre chro­no­lo­gique, avec au pre­mier plan le ca­pot noir du pro­to­type “la­bo­ra­toire” de 1976.

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