OPEL, LE MA­LADE UTILE

L'Automobile - - Psa- Opel -

LE GROUPE PSA, ME­NÉ PAR CAR­LOS TA­VARES, FAIT FEU DE TOUT BOIS. IL RE­NOUE AVEC SES FIEFS PAS­SÉS (IRAN, KE­NYA…), RÊVE D’INDE, MUL­TI­PLIE SES IM­PLAN­TA­TIONS À L’ÉTRAN­GER ET LORGNE SUR OPEL. MAIS POUR­QUOI S’ENCOMBRER D’UN AL­LE­MAND CHRONIQUEMENT DÉ­FI­CI­TAIRE DE­PUIS QUINZE ANS ?

Ci­troën n’est pas en­core re­mis sur pied, et le la­bel DS est à peine lan­cé que Car­los Ta­vares fait ra­che­ter l’in­dien Am­bas­sa­dor (voir ci- contre). Il pos­tule, contre le chi­nois Gee­ly, à la re­prise du ma­lai­sien Pro­ton et tra­vaille éga­le­ment a re­prendre Opel. Le plan de re­lance Push to pass de ce pi­lote émé­rite et as­si­du – tout son temps libre est consa­cré à la course – est-il en train de tour­ner au “ça passe ou ça casse” ? La re­prise du pâle la­bel al­le­mand le fait dire à cer­tains, même si PSA montre un bé­né­fice de , mil­liard d’eu­ros pour et que rien n’est si­gné au mo­ment où nous met­tons sous presse. On voit mal, ce­pen­dant, ce dos­sier am­ple­ment com­men­té pu­bli­que­ment re­tombe r à p l at . D’au­tant que General Mo­tors a dé­jà ra­té, en , une oc­ca­sion de se dé­bar­ras­ser de l’épine Opel ( mil­liards d’eu­ros en­glou­tis en quinze ans).

Faute de grives...

Pour le fran­çais, la prise de contrôle des au­to­mo­biles Mit­su­bi­shi par Nis­san et le rap­pro­che­ment Toyo­ta-Su­zu­ki ont fer­mé les portes de l’Orient. Comme dans la fable, Opel est plus un merle qu’une grive, mais il y a ur­gence à pour­suivre le dé­ve­lop­pe­ment de PSA. Même si ce­la contra­rie la déseu­ro­péa­ni­sa­tion du groupe. Car Opel et Vaux­hall – son sia­mois an­glais – sont cen­trés sur le Vieux Conti­nent. La marque au Blitz y a ven­du quelque 740 000 voi­tures, mais trop sou­vent à perte (vé­hi­cules de dé­mons­tra­tion, loueurs courte du­rée, etc.). Tan­dis que son pen­dant bri­tan­nique (250 955 ventes) n’existe que pour un Royaume-Uni qui va sor­tir de l’UE. On se sou­vient d’un Car­los Ta­vares, à l’époque che­ville ou­vrière du rap­pro­che­ment Re­naultNis­san, ex­pli­quant que les bonnes al­liances ré­clament une vraie com­plé­men­ta­ri­té (gammes et po­si­tion­ne­ments, an­crages géo­gra­phiques, tech­no­lo­gie). Au­jourd’hui, un de se proches, té­nors de PSA, af­firme à nos confrères de Chal­lenges “[ sa­voir] exac­te­ment quelles sont les fai­blesses d’Opel […] et [pou­voir] y ap­pli­quer les mé­thodes qui ont réus­si à re­dres­ser PSA, qui se por­tait très mal il y a trois ans.”

Dé­bou­chés in­dis­pen­sables

Après le re­mède de che­val qu’il a ad­mi­nis­tré au plan pro­duit de Re­nault puis à la ges­tion de Peu­geot- Ci­troën, le doc­teur Ta­vares se por­te­rait donc au che­vet du ma­lade Opel. De toute fa­çon, PSA, dé­te­nu en par­tie par l’État fran­çais et le chi­nois Dong­feng ( % cha­cuns) a be­soin de dé­bou­chés pour ses plate-formes, mo­teurs – die­sel entre autres – et trans­mis­sions. Il lui faut, aus­si, par­ta­ger les coûts de dé­ve­lop­pe­ments ga­lo­pants des ar­chi­tec­tures élec­tro­niques des vé­hi­cules et gran­dir pour mieux pe­ser au­près des équi­pe­men­tiers. Et puis les armes de la énième re­lance d’Opel, ex­cep­tée l’In­si­gnia, sont dé­jà “fran­çaises” tech­ni­que­ment. Son SUV Cross­land X ( , m) est un dé­ri­vé de la pro­chaine Ci­troën C Air­cross, tout comme le Grand­land (il­lus­tra­tion ci- des­sous) est une adap­ta­tion de la Peu­geot . Et si Re­nault four­nit dé­jà au Blitz ses gros uti­li­taires, le pro­chain, com­pact, se­ra un Ber­lin­go re­bad­gé. Des sy­ner­gies in­dus­trielles dé­jà en

Rem­pla­çant d’un Za­fi­ra es­souf­flé, le Grand­Land est en fait une Peu­geot 3008 re­loo­kée et se­ra d’ailleurs fa­bri­qué à So­chaux.

Car­los Ta­vares ne compte pas se li­mi­ter aux marques Peu­geot- Ci­troën-DS pour boos­ter un PSA qu’il pi­lote de­puis 2014.

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