Un de­me­na­geur au long cours

L'Automobile - - Nos Essais - /// CA­MILLE PI­NET

LE BREAK CLASSE E SE DOTE DU DIE­SEL 2.0 ET DE TOUTES LES AS­SIS­TANCES À LA CONDUITE DE LA BER­LINE. DE QUOI RES­TER UN TÉ­NOR DE LA CA­TÉ­GO­RIE. MAIS LE VOL­VO V90 N’A JA­MAIS ÉTÉ AUS­SI PROCHE, ET LE BMW SÉ­RIE 5 TOU­RING POINTE…

Sur l’au­to­route al­le­mande illi­mi­tée, le break Mer­cedes-Benz E 220 d, au confort ab­so­lu, glisse à une vi­tesse consi­dé­rable. Sur une simple im­pul­sion du cli­gno­tant, il change de voie sans in­ter­ven­tion du conduc­teur pour dé­pas­ser un ca­mion. Sou­dain, une zone de tra­vaux s’an­nonce. Un pan­neau de li­mi­ta­tion de vi­tesse à 80 km/h ap­pa­raît, la voi­ture s’y conforme, là en­core, toute seule. Ce­pen­dant, les mar­quages au sol al­té­rés troublent les as­sis­tances de bord, qui ne savent plus à quelle ligne se vouer. Il est plus que temps de re­prendre le contrôle et de mettre fin à cet épi­sode de conduite au­to­nome ! Au­tant dire que le sys­tème Drive Pi­lot op­tion­nel, tant van­té par Mer­cedes-Benz, ne doit ja­mais échap­per à votre vi­gi­lance – et il est bien re­gret­table d’être pla­cé dans le rôle de su­per­vi­seur de sys­tèmes élec­tro­niques.

Conduite au­to­nome sur­ven­due

Dans sa vo­ca­tion de ro­bot à quatre roues, le break Classe E a donc des pro­grès à ac­com­plir. En re­vanche, il ex­celle dans celle de croi­seur d’au­to­route. Le nou­veau mo­teur die­sel 2.0 de 194 ch marque un vrai pro­grès par rap­port à l’an­cien 2.1. En­core un peu bruyant à froid, il se montre beau­coup plus si­len­cieux qu’au­pa­ra­vant une fois en tem­pé­ra­ture. Cou­pleux et vo­lon­taire, ce bloc m ontre éga­le­ment un ap­pé­tit rai­son­nable, même si l’Au­di A6 Avant TDI 190 fait en­core mieux. Nos me­su­reurs ont re­le­vé une moyenne de 7,2 l/100 km, un score très proche du Vol­vo V90 D4, son concur­rent le plus ré­cent. Cô­té per­for­mances, la com­pa­rai­son tourne éga­le­ment à son avan­tage, tant du point de vue des ac­cé­lé­ra­tions que des re­prises. Un bon­heur ne ve­nant ja­mais seul, le Classe E forme un couple bien as­sor­ti avec la trans­mis­sion à 9 rap­ports, douce et ra­pide. Dom­mage, ce­pen­dant, que Mer­cedes ait cé­dé à la mode des pe­tits ré­ser­voirs (50 l) : moins de 700 km d’au­to­no­mie pour un break rou­tier die­sel, c’est peu. À l’in­té­rieur de notre ver­sion haut de gamme, on re­trouve la planche de bord à deux écrans. Ni la cha­leur de pré­sen­ta­tion ni l’er­go­no­mie n’y gagnent : Mer­cedes a en­core du che­min à par­cou­rir pour rendre son sys­tème mul­ti­mé­dia in­tui­tif… Pré­voyez du temps pour lire le mode d’em­ploi. Sans sur­prise pour un vé­hi­cule de 4,93 m de long, les pas­sa­gers ar­rière sont choyés, sauf, comme sou­vent, ce­lui du mi­lieu. Non seule­ment le tun­nel cen­tral em­piète sur l’es­pace dé­vo­lu aux jambes, mais le des­sin de la ban­quette rend le voyage in­con­for­table. L’al­le­mand re­prend la main concer­nant le vo­lume de coffre, avec 420 dm3 me­su­rés, et 30 dm3 sup­plé­men­taires sous le plan­cher. Mieux en­core, il se paie le luxe, de sé­rie, d’un hayon élec­trique et d’une sus­pen­sion pneu­ma­tique à l’ar­rière, ce qui lui per­met de conser­ver une as­siette constante en charge. Le Classe E Break offre donc des pres­ta­tions de pre­mière classe, mais ce­la se paie cher, soit 65 500 € dans cette fi­ni­tion Fas­ci­na­tion. Comp­tez 2 800 € de sur­coût par rap­port à la ber­line et près de 4 000 € de plus que le très élé­gant Vol­vo V90 en ver­sion équi­va­lente.

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