En em­bus­cade

L'Automobile - - Nos Essais - /// TEXTE FRAN­ÇOIS LEMAUR – PHOTOS BRU­NO PICAULT

LA MAZ­DA 6 SW MÈNE UNE CAR­RIÈRE DIS­CRÈTE, DER­RIÈRE LA VW PAS­SAT SW ET LA ŠKO­DA SU­PERB COM­BI. DO­TÉE DU 2.2 SKYAC­TIV-D 175 À TRANS­MIS­SION IN­TÉ­GRALE ET BOÎTE AU­TO­MA­TIQUE, LA JA­PO­NAISE S’AVÈRE POUR­TANT UNE AL­TER­NA­TIVE DE CHOIX.

Si l’on vous dit grand break à trans­mis­sion in­té­grale, boîte au­to­ma­tique, équi­pe­ment four­ni et pré­sen­ta­tion flatteuse, vous ne pen­sez pas for­cé­ment à la Maz­da 6 SW. Pour­tant, la ja­po­naise a plus d’une corde à son arc pour ré­pondre à la VW Pas­sat SW. Sur­tout dans cette ver­sion 2.2 SkyAc­tiv-D 175. Ga­vé par un tur­bo à double étage, ce die­sel étonne par ses per­for­mances (6 s pour pas­ser de 80 à 120 km/h) et n’a au­cun mal à dé­pla­cer les 1 663 kg du break. Là où ce “ma­zout” étonne, c’est par sa fa­cul­té à mon­ter dans les tours, à l’image d’un mo­teur es­sence, mais la so­no­ri­té en moins. De 2 000 tr/min – où le 2.2 crache dé­jà ses 420 Nm de couple –, jus­qu’à la zone rouge pla­cée à 5 000 tr/min, la pous­sée est puis­sante et conti­nue. Peu im­porte le re­lief et le char­ge­ment à bord, une simple pres­sion sur l’ac­cé­lé­ra­teur suf­fit à dé­pas­ser en un rien de temps. D’au­tant que la mo­tri­ci­té est par­faite grâce à la trans­mis­sion in­té­grale et que la boîte au­to­ma­tique, ici à conver­tis­seur de couple, s’avère douce et bien gé­rée. Contrai­re­ment à la ten­dance ac­tuelle, cette trans­mis­sion n’est pas ob­nu­bi­lée par le sous-ré­gime et laisse le 2.2 évo­luer sur sa meilleure plage d’uti­li­sa­tion, au­tour des 2 000 tr/min. Une ges­tion sans consé­quence sur la consom­ma­tion, qui s’éta­blit à 7,7 l/100 km en moyenne.

Un train avant bien ac­cro­cheur

À part sa so­no­ri­té à froid, il y a peu de choses à re­pro­cher à ce sur­pre­nant die­sel. Pour ne rien gâ­cher, le châs­sis qu’il anime se ré­vèle ef­fi­cace. Dans le si­nueux, loin d’être son ter­rain de pré­di­lec­tion compte te­nu de sa taille (4,81 m) et de son poids, la Maz­da peut comp­ter sur un train avant ac­cro­cheur, qui re­pousse loin les li­mites du sous-vi­rage. Quant au train ar­rière, il suit sans bron­cher. On ne se sent pas au vo­lant d’une GTI, mais la “6” sur­prend. C’est moins le cas de l’ha­bi­ta­bi­li­té, cen­sée être le point fort d’un break. Avec 390 dm3 de coffre, la Maz­da fait moins bien que les 450 dm3 de la Pas­sat, pour­tant plus courte. Même constat concer­nant les pas­sa­gers ar­rière, mieux lo­tis dans l’al­le­mande : l’amor­tis­se­ment (non pi­lo­té) est ferme, peu ai­dé par les jantes de 19 pouces. Mais les voya­geurs pro­fitent d’un confort très conve­nable, qui laisse le temps de re­le­ver les quelques fausses notes d’un ha­bi­tacle flat­teur dans cette fi­ni­tion Sé­lec­tion, mais à la pré­sen­ta­tion da­tée. Si le sys­tème mul­ti­mé­dia ne dé­pa­re­rait pas une Maz­da 2, il pa­raît un peu “cheap” dans une ber­line de ce rang. Le dé­cou­page de la planche de bord pour l’in­té­gra­tion de l’écran 7 pouces manque de fi­nesse et la ges­tion de l’en­semble, par l’in­ter­mé­diaire d’une pe­tite mo­lette, est plu­tôt la­bo­rieuse. L’er­go­no­mie du vo­lant s’avère éga­le­ment dé­ce­vante, faute de trop nom­breux bou­tons et à la pré­hen­sion peu ai­sée en rou­lant. Reste qu’il faut se concen­trer sur les dé­tails pour trou­ver à re­dire sur cette Maz­da. Sa fi­ni­tion per­fec­tible et son ha­bi­ta­bi­li­té lé­gè­re­ment en re­trait par rap­port à la concur­rence ne nuisent en rien à son ho­mo­gé­néi­té. Ces dé­fauts s’ou­blient même ra­pi­de­ment au re­gard de l’agré­ment de conduite qu’elle dis­pense et de son ni­veau d’équi­pe­ment. Les 42 200 € qu’elle ré­clame dans cette ul­time va­riante semblent éle­vés, mais une Pas­sat SW 2.0 TDI 190 Mo­tion DSG6 Ca­rat, moins bien do­tée, est fac­tu­rée 45 860 €.

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