LA FOIRE AUX SUV

L'Automobile - - Achat Neuf - /// TEXTE ET PHO­TOS ALEXAN­DRA LE­GENDRE

CE QUE LES CHI­NOIS PRÉ­FÈRENT Mo­no­spaces Ber­lines 5-portes

Si, en plus de souf­frir d’al­ler­gies de prin­temps, vous êtes pro­fon­dé­ment in­to­lé­rant aux SUV, pas­sez votre che­min. Stars de l’édi­tion 2017 d’Au­to Shan­ghai, alias le Sa­lon in­ter­na­tio­nal de l’in­dus­trie au­to­mo­bile de Shan­ghai, ils étaient ex­po­sés dans les moindres re­coins des 350 000 m2 dé­vo­lus à la su­per fête chi­noise de la voi­ture (c’est trois fois plus grand que le Mon­dial de l’au­to­mo­bile de Pa­ris). Au pro­gramme, 155 nou­veaux mo­dèles à dé­cou­vrir, dont plus de la moi­tié d’ori­gine lo­cale. Entre 2014 et le pre­mier tri­mestre 2017, les marques chi­noises (une soixan­taine de la­bels), ai­dées par une ré­duc­tion de moi­tié de la taxe de 10 % sur l’achat de vé­hi­cules neufs dont la cy­lin­drée n’ex­cède pas 1,6 litre, sont pas­sées de 28 % à 40 % du mar­ché… voire à 60 % pour la seule ca­té­go­rie des SUV. Sur les stands, on ne comp­tait donc plus les Ha­val H6, Wey VV7, Bes­turn X40, Che­ry Tig­go, BYD Tang, Chan­gan CS55 et Brilliance V3. Au­tant de pa­tro­nymes qui vous sont pro­ba­ble­ment in­con­nus, sauf à être lec­teurs de notre hors- sé­rie Toutes les voi­tures du monde (tou­jours en kiosques, voir p. ). Comme tout va plus vite en Chine, la vague des SUV s’est trans­for­mée en tsu­na­mi ces trois der­nières an­nées. Une fré­né­sie que l’on doit, entre autres, au ca­rac­tère aty­pique de ce mar­ché, le­quel compte en­core, à ce jour, 70 % d’ache­teurs s’of­frant une voi­ture pour la pre­mière fois de leur vie. Par ailleurs, alors que les clients de mo­dèles neufs sont âgés, en moyenne, de 50 ans en Eu­rope, ils n’ont que 35 ans dans l’em­pire du Mi­lieu. Cette jeu­nesse plus connec­tée as­pire da­van­tage à de grands écrans tac­tiles et des sys­tèmes d’in­fo- di­ver­tis­se­ment per­for­mants qu’à des équi­pe­ments de sé­cu­ri­té pas­sive… Elle est aus­si moins for­tu­née, ce qui ex­plique la ré­cente fer­veur pour les marques lo­cales. La taxe à l’achat, pas­sée à 5 % de­puis 2015 contre 10 % pour les vé­hi­cules “in­ter­na­tio­naux”, a éga­le­ment bien ai­dé – mais elle est re­mon­tée à 7,5 % dé­but 2017. Au­jourd’hui, il faut comp­ter entre 80 000 et 120 000 yuans (11 000 à 16 000 €) pour une chi­noise. Un bud­get qui grimpe à 135 000 yuans (18 000 €) pour un mo­dèle in­ter­na­tio­nal, voire 200 000 yuans (27 000 €) pour un “pre­mium” (nous par­lons ici de vé­hi­cules pro­duits sur place, les mo­dèles im­por­tés, très mi­no­ri­taires, su­bis­sant d’em­blée une taxe de 25 %).

APRÈS AVOIR CONQUIS LES EU­RO­PÉENS, LES SUV ONT EN­VA­HI LES SA­LONS AU­TO­MO­BILES CHI­NOIS, POUR AT­TEINDRE UN PA­ROXYSME CETTE AN­NÉE À SHAN­GHAI. LE CI­TROËN C5 AIR­CROSS (LIRE P. 40) VA DONC DE­VOIR ALI­GNER LES AR­GU­MENTS, SA­CHANT QUE SES CONCUR­RENTS LO­CAUX NE SONT PAS LES MOINS BIEN AR­MÉS…

Un mar­ché gi­gan­tesque

Comme cette pro­duc­tion au­to­mo­bile res­pecte dé­sor­mais des normes de dépollution et de cra­sh­tests aus­si sé­vères que les nôtres, on pour­rait s’ef­frayer de la voir dé­bar­quer en Eu­rope. Mais sa­chez, tout d’abord, que seules 340 000 chi­noises ont été ex­por­tés en 2016. Et, sur­tout, n’ou­bliez pas que la Chine re­cense plus de 1,3 mil­liard d’ha­bi­tants, et que les construc­teurs ne font que com­men­cer à ali­men­ter les villes du centre et de l’ouest du pays, dont les quinze plus grandes comptent jus­qu’à… 9 mil­lions d’âmes ! En­fin, si la qua­li­té de fi­ni­tion de cer­tains mo­dèles n’a – en ap­pa­rence – plus grand- chose à en­vier à leurs concur­rents oc­ci­den­taux, mo­to­ri­sa­tions et com­por­te­ments ne sont pas en­core à la hau­teur. Il nous reste donc un peu de temps pour souf­fler.

BYD est le chantre des voi­tures à éner­gie al­ter­na­tive. Pour au­tant, ce Dy­nas­ty concept re­court aus­si à des blocs ther­miques… Son de­si­gn est si­gné Wolf­gang Eg­ger, ex-Al­fa Ro­meo et Au­di.

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