COÛT DE SO­LEIL

POUR SA­VOU­RER LES COU­LEURS ET LES PAR­FUMS DE L’ÎLE DE BEAU­TÉ, RIEN DE MIEUX QU’UN DÉCOUVRABLE. AVEC SON CÔ­TÉ BAD BOY, TRENTE CHE­VAUX DE PLUS QUE LA FIAT SPI­DER ET UN ÉCHAP­PE­MENT QUI RON­RONNE COMME IL FAUT, CETTE ABARTH DONNE ENVIE DE MORDRE LA ROUTE À PLE

L'Automobile - - Itinéraire Bis - TEXTE GAËL BRIANCEAU – PHO­TOS ALEX KRASSOVSKY

les abarth 124 Ral­lye pavent le che­min aux Fiat 131, trois fois cham­pionnes du monde en 77, 78 et 79

Quand les 124 Spi­der partent d’Hi­ro­shi­ma, au Ja­pon, où elles sont fa­bri­quées aux cô­tés de leur ma­trice, la maz­da mX- 5, abarth les en­voie à tu­rin. trois jours sont né­ces­saires pour gagner son écus­son flan­qué du scor­pion et rap­pe­ler sa glo­rieuse an­cêtre – la Fiat abarth 124 Ral­lye connut son heure de gloire en com­pé­ti­tion en 1972. ain­si, chaque mo­dèle passe à l’ate­lier de pein­ture (ca­pot, malle, lame avant…), puis c’est au tour de l’ha­bi­tacle de re­ce­voir, no­tam­ment, des sièges ex­clu­sifs (sel­le­rie en cuir noir ou rouge et noir au choix) et un ban­deau de planche de bord en al­can­ta­ra. en­fin, des freins brem­bo sont ins­tal­lés, de même qu’un échap­pe­ment spé­cial ou en­core un boî­tier élec­tro­nique re­vu – his­toire de por­ter la puis­sance du 1.4 Fiat à 170 ch, quand la “simple” 124 se contente de 140 ch. le ré­sul­tat ne manque pas de pi­quant, ici, dans cette teinte rouge et noir des plus voyantes (vous pou­vez aus­si choi­sir ce spi­der bleu, gris, noir ou blanc). mais, de toute fa­çon, abarth a rayé le mot “dis­cré­tion” de son vo­ca­bu­laire. la so­no­ri­té spec­ta­cu­laire qui jaillit des quatre sor­ties d’échap­pe­ment en té­moigne. À se de­man­der com­ment les concep­teurs ita­liens ont réus­si à sa­tis­faire les normes an­ti-bruit : le son sourd, rauque à l’ac­cé­lé­ra­tion, s’avère aus­si en­ivrant sur les pe­tites routes lo­cales en mode Sport, qu’il est pé­nible (même en

re­ve­nant au mode stan­dard) dans les pe­tits vil­lages que l’on ai­me­rait tra­ver­ser sans dé­ran­ger l’au­toch­tone. il n’em­pêche que l’am­biance est au ren­dez­vous et que l’on pour­rait fa­ci­le­ment croire (et faire croire !) qu’un gros mo­teur de plus 300 ch ru­git sous le ca­pot. en réa­li­té c’est bien le 1 368 cm3 tur­bo, ga­vé à la tes­to­sté­rone. Dé­li­vrant 250 Nm de couple en mode Sport ( 230 Nm si­non), ce 4- cy­lindres en­traîne avec vi­gueur ce lé­ger at­te­lage qui n’af­fiche que 1 145 kg sur la ba­lance. avec ses roues ar­rière mo­trices, un dif­fé­ren­tiel à glis­se­ment li­mi­té et des amor­tis­seurs bil­stein, la pro­messe de pas­ser un bon mo­ment est al­lé­chante. Je me suis em­pres­sé d’al­ler vé­ri­fier en quit­tant ajac­cio di­rec­tion Por­to-Vec­chio, au sud- est, en em­prun­tant ces mer­veilleuses dé­par­te­men­tales du centre de l’île.

Éton­nante… par son confort

Sur ces routes où la ligne droite n’est ja­mais as­sez longue pour être en­nuyeuse, la va­rié­té des pay­sages et les dif­fé­rentes al­ti­tudes ac­cen­tuent le plai­sir d’être à ciel ou­vert. il faut dire qu’il suf­fit d’un geste, tout en res­tant as­sis au vo­lant, pour re­plier la ca­pote dans son lo­ge­ment. un mi­ni­mum de sou­plesse étant re­quis pour évi­ter le tour de rein. avoir le long ca­pot de­vant soi, avec l’im­pres­sion d’être as­sis sur le train ar­rière, crée une at­mo­sphère sin­gu­lière, fai­sant ou­blier un ga­ba­rit lil­li­pu­tien (4,05 m). C’est un plai­sir, che­veux au vent, mais plu­tôt bien pro­té­gé une fois les vitres re­le­vées, de ma­nier le pe­tit vo­lant et le court le­vier de vi­tesse d’ori­gine maz­da, aus­si ra­pide que pré­cis. Sur ces

re­vê­te­ments pas tou­jours ir­ré­pro­chables, l’abarth étonne d’abord par son confort. Ceux qui ont dé­jà eu envie d’une séance de ki­né après quelques heures au vo­lant des 500 du Scor­pion se­ront même sur­pris par l’amor­tis­se­ment conci­liant de cette 124, pré­ve­nant sur les on­du­la­tions (moins sur les sai­gnées). De son cô­té, le 1.4 tur­bo ne manque ni de bonne vo­lon­té ni de sou­plesse pas­sé 2 000 tr/mn. les re­lances co­pieuses en té­moignent – seule­ment 8,5 s pour pas­ser de 80 à 120 km/h en 6e, quand une maz­da mX-5 au 2 l de 160 ch ré­clame 11,7 s.

Tur­bo po­li­cé

le spi­der ita­lia­ni­sé se conduit le coude à la por­tière d’au­tant plus fa­ci­le­ment que le choix de pneu­ma­tiques (des brid­ges­tone) très adhé­rents rend cette abarth à roues ar­rière mo­trices fa­cile à bous­cu­ler quand la route est sèche. en re­vanche, la mé­fiance est de mise quand elle est hu­mide, sur­tout si vous dé­bran­chez l’an­ti­dé­ra­page “pour voir”. bref, on s’amuse au vo­lant, même si le 1.4 tur­bo ne sus­cite pas le fris­son at­ten­du. les ac­cé­lé­ra­tions ont beau être consis­tantes – 7,3 s pour pas­ser de 0 à 100 km/h, comme une Re­nault Clio RS de 200 ch –, le 4- cy­lindres ita­lien, peu vif et trop li­néaire de fonc­tion­ne­ment, manque d’âme pour dé­clen­cher un sou­rire béat sur le vi­sage du conduc­teur. Dom­mage, car da­van­tage de tem­pé­ra­ment au­rait per­mis de mieux jus­ti­fier un ta­rif (40 000 €) vé­né­neux face à la Fiat, dont les 140 ch sont lar­ge­ment suf­fi­sants pour flâ­ner che­veux au vent… et sur­tout qui s’af­fiche à 30 390 € dans sa dé­cli­nai­son lus­so Plus, mieux équi­pée que la 124 abarth. ///

Der­rière le son rauque de son 1.4 tur­bo, cette abarth se contente de 7,8 l/100 km en moyenne, comme nous l’avons me­su­ré

À l'époque, l'as­sis­tance se fait sou­vent au bord de la route, comme ici, en Au­triche, en 1973.

Hier comme au­jourd’hui, le ral­lye connaît le succès dans les cam­pagnes les plus re­cu­lées.

En­core dé­bu­tant, le Fin­lan­dais Mark­ku Alén s'est clas­sé 18e au Monte- Carlo 1976.

En 1973, le duo Fi­guei­re­do-Ba­ra­ta en pleine ac­tion au Ral­lye du Por­tu­gal.

S’il manque un ré­glage du vo­lant en pro­fon­deur, c’est un bon­heur de ma­nier ce pe­tit vo­lant et ce le­vier de vi­tesse à la pré­ci­sion dia­bo­lique. Le compte-tours à fond rouge met l’am­biance, mais ne suf­fit pas à en­sor­ce­ler ce 4- cy­lindres trop li­néaire.

Iden­tique à celle du GLE, la planche de bord soigne ses m nk­non su­perbe ha­billage en frê­mat est éga­le­ment Seque quis­qui 130s On sort la poi­gnée en la tour­nant, puis il suf­fit d’ac­com­pa­gner la ca­pote dans son lo­ge­ment : dif­fi­cile de faire plus simple. Comme toutes les spor­tives ex­clu­sives, l’Abarth a droit à sa plaque nu­mé­ro­tée. Les es­paces de ran­ge­ments sont li­mi­tés au strict mi­ni­mum à bord. Il faut s’en conten­ter. Les sièges offrent le sou­tien et le main­tien at­ten­dus, no­tam­ment en conduite spor­tive.

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