COUPLES MO­TEURS

SIX ANS QUE LES FILLES ENTENDAIENT LE COMPTE REN­DU “ENTHOUSIASTE” DU RAL­LYE DE RÉ­GU­LA­RI­TÉ PÈRE-FILS AU RE­TOUR DES HOMMES DE LA FA­MILLE… CETTE “IN­JUS­TICE” A CES­SÉ, LE PRE­MIER PÈRE-FILLE VIENT DE SE DÉROULER DANS LES EN­VI­RONS D’AIX- EN-PRO­VENCE… “L’ A.M.” Y

L'Automobile - - Vécu - /// TEXTE ALEXANDRA LEGENDRE - PHO­TOS ALEX KRASSOVSKY

“La ben­ja­mine de nos par­ti­ci­pantes a tout juste ans. Et l’aî­né de nos pi­lotes, lui, a choi­si le nu­mé­ro pour l’équi­page qu’il consti­tue avec sa fille, car il cor­res­pond à son âge ! Je suis ra­vi que pour la pre­mière édi­tion de ce ral­lye, tant de gé­né­ra­tions aient joué le jeu.” Laurent Blo­met, fon­da­teur de la so­cié­té Hap­py Few Ra­cing, a l’ha­bi­tude de ras­sem­bler des gent­le­men dri­vers le temps d’un week- end pour sillon­ner les plus belles routes de France et d’Eu­rope à bord de voi­tures de pres­tige (voir “L’A.M.” n° ) . Mais réunir, sur le même thème, des duos père-fille, ce n’était pas for­cé­ment ga­gné. Heu­reu­se­ment, il y a eu le for­cing des ha­bi­tués du Ral­lye Père-Fils…

Un concept qui car­tonne

“Vo­lon­tai­re­ment, j’ai li­mi­té le nombre de par­ti­ci­pants à une pe­tite tren­taine de voi­tures, pour voir si le concept fonc­tion­nait”, conti­nue Laurent Blo­met. Et com­ment, qu’il fonc­tionne ! Dès le ven­dre­di après-mi­di, quelques couples dé­barquent sur le

cir­cuit du Grand Sam­buc, ni­ché à cô­té du vil­lage de Vau­ve­nargues ( ), à por­tée de vue de la mon­tagne Sainte-Vic­toire. Pleines d’envie d’en dé­coudre avec cette pe­tite boucle lors­qu’elles ont le per­mis de conduire (nom­breuses sont celles qui ont sui­vi leur pa­pa et qui n’ont pas en­core ans), plu­sieurs filles prennent le vo­lant, his­toire de s’échau er avant l’épreuve, moins ra­pide mais plus poin­tue, du sa­me­di. En e et, la ré­gu­la­ri­té n’est pas une si­né­cure. Pour ce ral­lye, la règle est simple : tout au long d’un par­cours de ki­lo­mètres en­vi­ron, chaque équi­page éta­blit, le ma­tin, sa propre vi­tesse moyenne en sui­vant un road book par­fois pié­geur.

Pas fa­cile d’être ré­gu­liers…

L’après-mi­di, sur une dis­tance deux fois plus longue, il s’agit de res­ter au plus près de cette moyenne. Pas évident, sa­chant que les pe­tites routes des gorges du Ver­don em­prun­tées par les duos sont sou­vent en­com­brées et ja­lon­nées de dos- d’âne ou de nids- de-poule, et qu’il leur faut aus­si soi­gneu­se­ment évi­ter, au dé­tour de ces dé­par­te­men­tales en­so­leillées, les ath­lètes

s’en­traî­nant pour prendre le dé­part, le len­de­main ma­tin, de l’IronMan du Pays d’Aix, ce tri­ath­lon dé­men­tiel où il faut na­ger , km, pé­da­ler km et fi­nir par un ma­ra­thon ! L’équi­page le plus ré­gu­lier a d’ailleurs été ce­lui des aî­nés, même si Jean- Claude, ex-pi­lote usine Porsche, a dû dé­lais­ser sa propre Tur­bo pour cause de sou­ci tech­nique, au pro­fit d’une “simple” … avec la­quelle il s’est conten­té d’une vi­tesse moyenne de km/h, mais avec un écart in­fime de , km/h entre le ma­tin et l’après-mi­di ! Sa fille Françoise s’est ré­vé­lée une re­dou­table co­pi­lote… À vrai dire, tous les par­ti­ci­pants ont un peu ga­gné, car les routes de Pro­vence et les bonnes tables de la ré­gion ont sur­tout o ert un pré­texte à ces pères at­ten­tion­nés pour pas­ser un in­ou­bliable week- end avec leurs filles. Une jo­lie pa­ren­thèse, où, dans l’in­ti­mi­té de l’ha­bi­tacle d’une Mer­cedes SL, d’une Jaguar Type E, d’une Al­fa Ro­meo Tou­ring Spi­der, d’une Fer­ra­ri F … ils ont nour­ri , à n’en pas dou­ter, leur pas­sion com­mune pour l’au­to­mo­bile.

MARGAUX & PAS­CAL PORSCHE 959 (1987) Margaux (16 ans) : “J’aime bien la voi­ture, mais pour ce ral­lye, je ne me suis pas vrai­ment en­traî­née… On a juste fait un pe­tit test la se­maine der­nière, on ver­ra bien ce que ça donne !”

Pas­cal (47 ans) : “J’ai dé­jà par­ti­ci­pé deux fois au Ral­lye Père-Fils avec mes deux gar­çons. Quand j’ai ap­pris que les or­ga­ni­sa­teurs vou­laient créer le même évé­ne­ment pour nos filles, je me suis aus­si­tôt ins­crit avec deux de mes amis, qui ont convain­cu leurs propres filles ! J’ai trou­vé ma 959 à une vente aux en­chères en Ita­lie, c’est la pre­mière fois que je l’uti­lise en ré­gu­la­ri­té. Mais ça va, j’ai un peu l’ha­bi­tude main­te­nant.”

AURORE & FRAN­ÇOIS PORSCHE CAYMAN GT4 (2015)

Aurore (37 ans): “J’ai eu envie de pas­ser un mo­ment pri­vi­lé­gié avec mon père. Je suis plu­tôt pas­sion­née de concours hip­piques, mais j’ai lais­sé mon ma­ri et mes deux en­fants pour vivre cette ex­pé­rience. On a choi­si le nu­mé­ro 27, car c’est le jour de mon an­ni­ver­saire. Nous nous ali­gne­rons donc sur la ligne de dé­part à 10 h 27, avec la ferme in­ten­tion de gagner [rires] !” Fran­çois (62 ans) : “J’ai trou­vé le concept du Ral­lye Père-Fille gé­nial. L’idée est simple et forte,

nous al­lons vivre trois jours d’émo­tions et de par­tage… Cette an­née, j’em­mène ma fille aî­née, et en 2018, ce se­ra au tour de la ca­dette. Mais j’ai aus­si deux gar­çons… Je par­tage avec eux ma pas­sion de l’au­to­mo­bile. Plus jeune, j’ai créé une as­so­cia­tion réunis­sant des gent­le­men dri­vers. Nous rou­lions en For­mule 3 sur le Cas­tel­let, l’Es­to­ril... Il y a une ving­taine d’an­nées, j’ai même eu la chance de par­ti­ci­per à un cham­pion­nat or­ga­ni­sé par L’Au­to­mo­bile Ma­ga­zine !” Re­trou­vez plus de pho­tos du 1er Ral­lye Père-Fille sur Au­to­mo­bile-ma­ga­zine.fr.

La plus jeune par­ti­ci­pante (8 ans) et son père sont ar­ri­vés deuxièmes.

Une mi­ni­co­pi­lote pour un grand week- end père-fille en Pro­vence…

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