ADN res­pec­té

L'Automobile - - Dossier - TEXTE Y. LE­BLANC – PHO­TOS B. PICAULT

BONNE NOU­VELLE POUR LES AFI­CIO­NA­DOS D’AL­FA RO­MEO : POUR SON SUV, LE TRÈFLE NE TOURNE PAS LE DOS AU PLAI­SIR DE CONDUITE. QUITTE À OU­BLIER DE SOI­GNER CER­TAINS AUTRES AS­PECTS AU PAS­SAGE…

Em­prun­té à un col des Alpes ita­liennes, le nom de Stel­vio peut sem­bler mieux adap­té à une spor­tive qu’à un SUV. Pour­tant, le der­nier-né d’Al­fa Ro­meo n’usurpe pas vrai­ment cette ap­pel­la­tion. Il se ré­vèle, en ef­fet, plus plai­sant à conduire que la ma­jo­ri­té de ses concur­rents, y com­pris dans cette ver­sion die­sel in­ter­mé­diaire, ani­mée par un 2.2 de 180 ch, as­so­cié à une boîte au­to­ma­tique huit rap­ports. Comme sur la Giu­lia, qui par­tage la même base, la di­rec­tion peut car­ré­ment sur­prendre au dé­but, tant elle se ré­vèle di­recte et in­ci­sive. Mais on fi­nit par s’ha­bi­tuer à ce trait de ca­rac­tère, même si on au­rait ap­pré­cié da­van­tage de re­tour d’in­for­ma­tion sur l’adhé­rence dis­po­nible. Avec son couple consé­quent et ses seules roues ar­rière mo­trices, ce Stel­vio peut même vous gra­ti­fier de quelques dé­rives du train ar­rière, heu­reu­se­ment as­sez pro­gres­sives et bien ju­gu­lées par l’an­ti­dé­ra­page. Et il reste pos­sible d’op­ter pour une trans­mis­sion in­té­grale moyen­nant 2 400 € de plus. Bien épau­lé par une boîte au­to­ma­tique ré­ac­tive, qui s’adapte plu­tôt bien au re­lief et au style de conduite, le 2.2 die­sel ne dé­çoit ni par ses per­for­mances, ni par sa so­brié­té. En re­vanche, les oreilles ne sont pas à la fête, avec des gron­de­ments bien trop pré­sents à l’ac­cé­lé­ra­tion, qui ne dis­pa­raissent pas to­ta­le­ment à vi­tesse sta­bi­li­sée. Sans par­ler du “stop & start” qui in­flige des re­dé­mar­rages trop vi­brants. Ce pre­mier SUV Al­fa Ro­meo ne gâte pas non plus les ver­tèbres, avec un confort as­sez sec, les roues de 19 pouces de notre ver­sion d’es­sai n’ar­ran­geant évi­dem­ment rien à l’af­faire. Quant au frei­nage, il se montre par­fois dif­fi­cile à do­ser, la faute à son in­no­vant sys­tème sans liai­son di­recte, qui uti­lise une pompe haute pres­sion pour ali­men­ter les étriers d’après les in­for­ma­tions d’un cap­teur lié à la pé­dale du mi­lieu. Cet ita­lien n’est donc pas ir­ré­pro­chable, comme en at­teste sa fi­ni­tion, loin d’être aus­si ti­rée à quatre épingles que celle de ses concur­rents al­le­mands, ou son ha­bi­ta­bi­li­té ar­rière juste moyenne et son sys­tème mul­ti­mé­dia qui semble dé­jà da­té. Mais il garde la rai­son cô­té ta­rifs et l’on s’ima­gine vo­lon­tiers faire l’as­cen­sion du Stel­vio à son vo­lant, ce qui est dé­jà une bonne nou­velle . Al­fa Ro­meo n’a pas ven­du son ADN au diable pour s’in­vi­ter dans la cour ju­teuse des SUV. ///

As­sez spor­tive, la planche de bord fait bonne im­pres­sion mal­gré quelques dé­tails per­fec­tibles.

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