Ford Fies­ta ST

L'Automobile - - Nos Essais Dui Mois - /// TEXTE CH­RIS­TOPHE CONGREGA

Koen n’est pas un pré­nom que nous avons l’ha­bi­tude de pro­non­cer. Mais au­jourd’hui, je suis en Bel­gique, sur le cir­cuit de dé­ve­lop­pe­ment Ford de Lom­mel, et plus par­ti­cu­liè­re­ment ce­lui de Koen, pi­lote d’essai Ford. Sur cette très si­nueuse piste nu­mé­ro 7, dé­diée au com­por­te­ment et à la mise au point du châs­sis, je sens bien que Koen est “chez lui”… Tra­jec­toires au cor­deau, frei­nage ul­tra-tar­dif, et glisse par­fai­te­ment maî­tri­sée jus­qu’à res­sor­tir des courbes le ré­tro au ras de pi­quets de bord de piste, il me fait une su­perbe dé­mons­tra­tion des ca­pa­ci­tés de cette toute nou­velle Fies­ta ST, dont les pre­miers es­sais n’au­ront lieu qu’en mai pro­chain. Au­jourd’hui, je reste pas­sa­ger, mais il ne m’est pas in­ter­dit de lui de­man­der de faire à ma place, les ac­tions per­met­tant d’en ap­prendre un maxi­mum sur cette Fies­ta spor­tive.

Bluf­fante sur plu­sieurs points

À com­men­cer par son nou­veau 3- cy­lindres 1.5 tur­bo de 200 ch rem­pla­çant, à puis­sance iden­tique, le 1.6 tur­bo pré­cé­dent. Sur ce bloc in­édit, Ford a greffé une désac­ti­va­tion du cy­lindre nu­mé­ro 1 afin d’abais­ser les consom­ma­tions – de 6 % en moyenne – dans la zone al­lant de 1 100 à 4 500 tr/mn, à condi­tion de ne pas dé­pas­ser 50 % d’ac­cé­lé­ra­tion. Cette pre­mière sur un 3-cy­lindres au­rait pu gé­né­rer un mode 2-cy­lindres ir­ré­gu­lier, voire désa­gréable en conduite calme, mais non. On per­çoit bien une so­no­ri­té un peu dif­fé­rente, et quelques lé­gères vi­bra­tions, mais rien de gê­nant. Et quand Koen écrase l’ac­cé­lé­ra­teur, les 14 mil­li­se­condes né­ces­saires pour ré­ac­ti­ver le cy­lindre cou­pé sont to­ta­le­ment in­sen­sibles. Sur­tout, ce bloc montre une très grande dis­po­ni­bi­li­té dès 1 200 - 1 300 tr/mn, et je ne res­sens qua­si­ment au­cun temps de ré­ponse de son tur­bo quand Koen ac­cé­lère en grand. Avec ses 290 Nm de couple (jus­qu’à 310 Nm tem­po­rai­re­ment avec l’over­boost), ce 1.5 pousse fort jus­qu’à plus de 6 000 tr/mn (0 à 100 km/h an­non­cé en 6,5 s), le tout dans une sym­pa­thique so­no­ri­té rauque ty­pique des 3-cy­lindres, am­pli­fiée par l’ou­ver­ture d’une valve à l’échap­pe­ment lors des fortes ac­cé­lé­ra­tions. Ford a même pré­vu un ra­jout dans les haut-par­leurs, et pour la pre­mière fois, c’est as­sez réus­si en ame­nant des fré­quences agréables, alors que cet ar­ti­fice est gé­né­ra­le­ment peu convain­cant. Reste le châs­sis, aus­si ef­fi­cace que joueur sur la pré­cé­dente gé­né­ra­tion, qui semble ici dis­po­ser d’en­core plus d’adhé­rence avec ses voies élar­gies (+ 10 mm de­vant, + 48 mm der­rière) et ses gommes “de course” Mi­che­lin Pi­lot Su­per Sport. Une ef­fi­ca­ci­té qui, comme me le montre Koen, n’a pas re­mis en cause l’agi­li­té, puisque cette ST conti­nue de se pla­cer fran­che­ment du train ar­rière – mais ja­mais trop – au le­ver de pied de l’ac­cé­lé­ra­teur afin d’éra­di­quer toute ten­dance au sous­vi­rage.

Des amor­tis­seurs ar­ran­geants

Et la sur­prise vient du confort sur la par­tie fi­nale très bos­se­lée de cette piste 7. Car si la pré­cé­dente ST met­tait à mal les ver­tèbres, la nou­velle, avec ses amor­tis­seurs à deux lois pas­sives (une plus ferme sur les grands mou­ve­ments de caisse, l’autre net­te­ment plus souple sur les pe­tites se­cousses), fait dé­sor­mais par­tie des plus conci­liantes de la ca­té­go­rie. En y ajou­tant des sièges ba­quets net­te­ment plus er­go­no­miques, avec un avant d’as­sise plus bas, ne com­pri­mant plus le des­sous des cuisses, ce­la nous donne une ST qu’il nous tarde de conduire plei­ne­ment… en mai pro­chain.

Quand ? Été 2018 Com­bien ? 26 500 € env.

ESSAI 1E R

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.