For­mule 1: pré­sen­ta­tion de la sai­son

L'Automobile - - Sommaire - FRAN­CIS MON­SE­NERGUE

Ser­gio mar­chionne, pa­tron du groupe Fiat- Ch­rys­ler et de Fer­ra­ri, n’est pas à une contra­dic­tion près. il s’égo­sille en me­na­çant de désen­ga­ger Fer­ra­ri de la For­mule 1 et le len­de­main, il fait d’al­fa Ro­meo le spon­sor titre de l’écu­rie Sau­ber et ima­gine ma­se­ra­ti mo­to­riste d’une autre équipe. il vou­drait dé­mon­trer que la F1 est une com­pé­ti­tion au re­ten­tis­se­ment mon­dial qu’il ne s’y pren­drait pas au­tre­ment. Soyons ras­su­rés, la Scu­de­ria est tou­jours là et se­ra à nou­veau à la pointe du com­bat cette sai­son. une sai­son char­nière pour l'amé­ri­cain li­ber­ty me­dia, le nou­veau ges­tion­naire com­mer­cial de la dis­ci­pline reine, qui n’a pas in­ves­ti des mil­liards par philanthropie et dé­clenche une po­li­tique de re­con­quête très vo­lon­ta­riste en fai­sant tom­ber quelques bar­rières. ain­si, la dif­fu­sion des Grands Prix ne se­ra plus ré­ser­vée aux seuls abon­nés des chaînes payantes. en France, quatre épreuves, dont le GP au Cas­tel­let et mo­na­co, se­ront vi­sibles par tous sur tF1 et les ho­raires se­ront mo­di­fiés, voire adap­tés aux cir­cons­tances. ain­si, le départ des courses eu­ro­péennes se­ra don­né à 15 h 10, au lieu de 14 heures au­pa­ra­vant, sauf pour le GP de France (24 juin) qui par­ti­ra une heure plus tard pour cause de concur­rence avec la Coupe du monde de foot­ball. Par ailleurs, li­ber­ty, avec à sa tête le

NOU­VEAUX PI­LOTES, NOU­VELLES VOI­TURES, HO­RAIRES IN­ÉDITS, ASTON MAR­TIN ET AL­FA RO­MEO PAR­TE­NAIRES DE RED BULL ET SAU­BER, RE­NOU­VEAU DES GP DE FRANCE ET D’AL­LE­MAGNE, RE­TRANS­MIS­SION TÉ­LÉ GRA­TUITE POUR QUATRE COURSES, APPLICATION POUR SMART­PHONE ET TA­BLETTE: LA FOR­MULE 1 LANCE SA GRANDE OF­FEN­SIVE DE RE­CON­QUÊTE D’AU­DIENCE.

mil­liar­daire John C. ma­lone, lance une application per­met­tant de suivre la F1 en in­té­gra­li­té, es­sais et course, sur smart­phones et ta­blettes pour une di­zaine d’eu­ros par mois. ob­jec­tif, sé­duire une clien­tèle plus jeune lar­ge­ment dé­lais­sée par l’an­cienne ges­tion de ber­nie ec­cles­tone. No­tons une dé­ci­sion anec­do­tique, mais dans l’air du temps, la fin des

grid girls, ces jeunes femmes qui jouaient les po­tiches de charme sur les grilles de dé­parts et les po­diums.

Prio­ri­té à la sé­cu­ri­té

outre conqué­rir un nou­veau pu­blic et re­trou­ver ce­lui per­du, ces évo­lu­tions ont aus­si pour vo­ca­tion d’at­ti­rer des par­te­naires, dont les construc­teurs. ain­si, en plus de Fer­ra­ri, mer­cedes et Re­nault di­rec­te­ment im­pli­qués, et dans une moindre me­sure Hon­da, on trouve dé­sor­mais les noms d’aston mar­tin et al­fa Ro­meo en bonne place sur les car­ros­se­ries des Red bull et des Sau­ber. Certes, on n’est pas au ni­veau d’en­ga­ge­ment des marques d'il y a une di­zaine d’an­nées avec, en plus des quatre pré­ci­tés, BMW et toyo­ta, mais le pou­voir d’at­trac­tion de la vi­trine F1 re­gagne du ter­rain. Si­mul­ta­né­ment, la Fé­dé­ra­tion in­ter­na­tio­nale de l'au­to­mo­bile (Fia) pour­suit sa po­li­tique en fa­veur de la sé­cu­ri­té en im­po­sant le ha­lo en F1 et F2 cette an­née et en For­mule élec­trique pour la sai­son 5 2018-2019. Qu’im­porte que ce gref­fon com­po­sé, entre autres ma­té­riaux, de ti­tane, soit dis­gra­cieux. il est le fruit d’études ex­trê­me­ment pous­sées et me­nées de­puis 2011 par laurent me­kies, di­rec­teur de la sé­cu­ri­té de la Fia (voir “L'A.M.” no ) et a pour but de pro­té­ger la tête du pi­lote et d’évi­ter qu’un ac­ci­dent comme ce­lui dont fut vic­time Hen­ry Sur­tees, tué en 2009 par une roue dé­ta­chée d’une voi­ture le pré­cé­dant, ne se re­pro­duise. au­jourd’hui, le ha­lo ré­siste à l’im­pact d’une roue

de 20 kg lan­cée à 225 km/h et en dé­vie la tra­jec­toire. Do­tées de cet appendice, les mo­no­places ont une al­lure in­édite et si quelques pi­lotes, comme Ke­vin ma­gnus­sen, mettent en cause d’éven­tuels pro­blèmes de vi­si­bi­li­té dans cer­tains vi­rages ou l’ac­ces­si­bi­li­té au cock­pit, glo­ba­le­ment, après les es­sais de bar­ce­lone, le ha­lo est qua­si­ment ba­na­li­sé.

McLa­ren com­ba­tif

en tout cas, sur le plan spor­tif, cette pro­tec­tion, iden­tique pour tous, n’au­ra pas d’in­ci­dence. et s’il ne fait au­cun doute que les trois “cos­tauds” de 2017, mer­cedes, Fer­ra­ri et Red bull, se­ront tou­jours aux avant-postes, on at­tend le ré­veil de mcla­ren et des pro­grès sen­sibles de la part de Re­nault, seule­ment sixième en 2017. en aban­don­nant son mo­teur Hon­da pour le V6 fran­çais, la pres­ti­gieuse équipe an­glaise qui n’a plus ga­gné de­puis 2012 ( Jen­son but­ton au bré­sil) peut re­ve­nir flir­ter avec le po­dium. en tout cas, l’in­croyable alon­so qui, en plus des 21 Grands Prix, dis­pu­te­ra l’in­té­gra­li­té du Cham­pion­nat du monde d’en­du­rance (Fia WeC) avec toyo­ta, est gon­flé à bloc (voir “L'AM” no ) . le mo­teur tri­co­lore qui équipe éga­le­ment les Red bull, et bien sûr les Re­nault, de­vrait avoir ga­gné en fia­bi­li­té et donc être en me­sure de ti­tiller les “flèches d’ar­gent” de Ha­mil­ton et bot­tas, et les “rouges” de Vet­tel et Raïkkö­nen. en plus de six mo­teurs is­sus du lo­sange, la France se­ra aus­si pré­sente en piste avec trois pi­lotes, es­te­ban ocon, très per­for­mant l’an pas­sé (hui­tième au cham­pion­nat) avec sa Force in­dia ; Romain Gros­jean dont la Haas semble en pro­grès ; et Pierre Gas­ly qui, après cinq GP d’ap­pren­tis­sage en 2017, entre dans le vif du su­jet chez to­ro Ros­so. tout est réuni pour une ma­gni­fique sai­son avec une es­cale très at­ten­due sur le cir­cuit Paul Ri­card le 24 juin pro­chain. ///

au centre, carlos sainz Jr., 23 ans, fils du double cham­pion du monde des ral­lyes, est l’une des étoiles mon­tantes de la f1, une va­leur sûre pour re­nault.

ci- contre, les trois pi­lotes fran­çais du pla­teau, de gauche à droite, pierre gas­ly, 22 ans, pour sa pre­mière sai­son com­plète, es­te­ban Ocon, 21 ans, la ré­vé­la­tion de 2017 et romain gros­jean, 31 ans, l’aî­né aux 122 gp.

ci- des­sous, fer­ra­ri a été cou­ron­né cham­pion du monde pour la der­nière fois il y a dix ans avec le duo raïkkö­nen-Mas­sa. c’est peu dire que la dé­ter­mi­na­tion est forte au sein de la scu­de­ria pour re­nouer avec le suc­cès.

en haut, les to­ro ros­so sont dé­sor­mais pro­pul­sées par le mo­teur hon­da qui ne peut que pro­gres­ser. au vo­lant, pierre gas­ly, pi­lote ré­com­pen­sé par le tro­phée de la ré­vé­la­tion spor­tive de L’Au­to­mo­bile Ma­ga­zine en 2013.

ci- des­sus, l’im­po­sant pied cen­tral du ha­lo, ici sur la force in­dia, n’est, glo­ba­le­ment, pas per­çu comme une gêne pour la vi­si­bi­li­té par les pi­lotes.

ci- des­sous, Mer­cedes et le­wis ha­mil­ton, cham­pions en titre, un ir­ré­sis­tible duo de­puis 2014.

en haut, le néo-Zé­lan­dais Bren­don hart­ley, 28 ans, an­cien pi­lote porsche en en­du­rance, double cham­pion du monde Wec et vain­queur des 24 heures du Mans 2017, équi­pier de gas­ly chez to­ro ros­so.

au centre, la re­nault rs18 dans sa nou­velle li­vrée, confiée à l’al­le­mand ni­co hül­ken­berg, 30 ans, et à l’es­pa­gnol carlos sainz Jr., dis­pose du même mo­teur que les red Bull et les Mcla­ren.

ci-contre, Max vers­tap­pen, 20 ans, le phé­no­mène néer­lan­dais, plus jeune vain­queur d’un gp à 18 ans, est dé­sor­mais l’un des pos­tu­lants au titre mon­dial avec sa red Bull.

McLa­ren, qui re­noue avec son orange his­to­rique, at­tend beau­coup de sa co­opé­ra­tion avec Re­nault.

Le Mo­né­gasque Charles Le­clerc, 20 ans, dé­bute en F1 chez Sau­ber après un par­cours ex­cep­tion­nel dans les for­mules in­fé­rieures, avec des titres en GP3 et F2.

Al­fa Ro­meo n’est que par­te­naire de Sau­ber, mais l’équipe suisse di­ri­gée par le Fran­çais Frédéric Vas­seur a plus de moyens pour pro­gres­ser.

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