Lexus LS 500h auto.

UNE LEXUS À OMAN ? ET POUR­QUOI PAS UN DROMADAIRE À GINZA… SI LE CAMÉLIDÉ JURERA DANS LE QUAR­TIER CHIC DE TO­KYO, LA DER­NIÈRE LS 500H SE RÉ­VÈLE ÊTRE CHEZ ELLE SUR LES ROUTES D’UN SUL­TA­NAT DONT LE SENS DE L’AC­CUEIL ET L’AU­DIENCE GRAN­DIS­SANTE NE SONT PAS SANS

L'Automobile - - Éditorial -

Certes, la na­ture dé­ser­tique bor­dant les routes qui nous ont me­nés de Muscat – la ca­pi­tale – vers le mas­sif Al Ja­bal al Akh­dar, puis la grande boucle de re­tour par l’ouest, contraste avec la so­phis­ti­ca­tion de la grande Lexus. Reste que la pré­ve­nance des Oma­nais ren­con­trés pen­dant ce pé­riple et leur sens de l’ac­cueil font éton­nam­ment écho à la vo­lon­té de cette LS 500h de vous choyer, que vous soyez conduc­teur ou pas­sa­ger. Une routière em­blé­ma­tique, puis­qu’elle a été au fon­de­ment du la­bel luxe de Toyo­ta, qui au­ra trente ans en 2019 et dont plu­sieurs gé­né­ra­tions croi­se­ront notre route dans ce sul­ta­nat du Golfe coin­cé entre Ara­bie saou­dite et Yé­men, où le parc au­to­mo­bile est es­sen­tiel­le­ment asia­tique, qu’on parle des pick-up ou des luxueuses. Reste que la der­nière LS 500h re­ven­dique comme ja­mais ses ap­par­te­nances à son ar­chi­pel na­tal. Le per­fec­tion­nisme tech­nique y cô­toie une in­fluence as­su­mée des arts tra­di­tion­nels nip­pons, quitte à dé­rou­ter les ache­teurs de la pre­mière heure qui ap­pré­ciaient le chic dis­cret du la­bel .“His­to­rique ment, le client L ex us en Eu­rope avait dé­cou­vert la marque aux États-Uni­souauMoyen-Orient, dé­taille Cé­dric Da­nière, di­rec­teur de Lexus en France, en­sui­tei­laé­té at­ti­ré par­la tech­no­lo­gie hy­bride et l’ en­vie de se dif­fé­ren­cier des concur­rents al­le­mands […]Au­jourd’hui s’ y ajoutent des c lien tsToyo ta qui montent en gamme .” De toute fa­çon, le seg­ment de la li­mou­sine est trus­té de longue date par la Mer­cedes Classe S, ce qui laisse peu de choix aux autres, qu’elles se nomment BMW Sé­rie 7 ou Au­di A8, re­fon­due en 2017. C’est donc un contre-pied as­su­mé que pro­pose Lexus, tout

en co­chant les cases pres­ta­tions et tech­no­lo­gie que ré­clame le genre pa­lace rou­lant. Tou­te­fois, pru­dente, la ja­po­naise n’abuse pas des pro­messes de conduite au­to­nome que les al­le­mandes avancent sans nous convaincre. Alors qu’au­cune ne pro­pose une chaîne de pro­pul­sion hy­bride aus­si éprou­vée que la Lexus, Toyo­ta com­mer­cia­li­sant à grande échelle cette tech­no­lo­gie de­puis 1997 avec la Prius.

Pen­sée pour d’autres mar­chés

De même, dé­tailler le conte­nu de cette LS re­vien­drait à ré­ci­ter l’an­nuaire de To­kyo. On re­tien­dra donc plu­tôt ses saillants tech­niques et es­thé­tiques, telles sa sil­houette la­tine aux an­ti­podes de l’aca­dé­misme teu­ton ou sa sur­en­chère de dé­tails (phares, stries de ca­landre, coups de gouge...). À l’in­té­rieur, le des­sin de la planche de bord ou l’or­ga­ni­sa­tion des com­mandes et bou­tons obligent à se re­pro­gram­mer men­ta­le­ment. Et le pa­vé tac­tile, fa­çon or­di­na­teur por­table pre­mier prix, s’avère trop sen­sible. Mais les in­ter­faces homme/ma­chine des ri­vales d’outre-Rhin ne sont pas plus évi­dentes, en par­ti­cu­lier dans la Classe S aux ar­bo­res­cences confuses. Et si les or­ne­men­ta­tions de la Lexus, tels les tis­sus de contre-porte fa­çon ori­ga­mi ou les pla­cages op­tion­nels Ki­ri­ko en verre taillé, échappent à la cul­ture eu­ro­péenne, elles ont le mé­rite d’être uniques et en phase avec les mar­chés por­teurs de cette LS, à sa­voir les États-Unis, l’Asie et, bien sûr, le Moyen- Orient, où le brillant et la jux­ta­po­si­tion de fins dé­tails re­lèvent de l’art. Le sys­tème au­dio Mark Le­vin­son aux vingt-trois haut-par­leurs est l’un des autres atouts de cette LS, tout comme les in­nom­brables ajus­te­ments du siège pas­sa­ger ar­rière. Même si, pa­ra­doxa­le­ment, le confort n’y est pas aus­si su­prême qu’on l’ima­gi­nait. Au­tant du fait d’une as­sise un brin ferme – on vou­drait les mousses bi-den­si­té d’une DS7 Cross­back – que de l’ab­sence d’es­pace sous les sièges avant pour glis­ser ses pieds. Mais une ré­cente ex­pé­rience à l’ar­rière d’une BMW Sé­rie 7 li­mou­sine sur un Pa­ris-Tours-Pa­ris dans la jour­née ne m’avait pas lais­sé un sou­ve­nir plus ému. Dé­ci­dé­ment, il n’est pas ai­sé d’être un pas­sa­ger ca­jo­lé. Et comme, de par leur ga­ba­rit (5,24 m ici) et masse, ces li­mou­sines ne sont pas taillées pour une conduite en­le­vée, ce n’est pas au vo­lant qu’on exulte. Sur­tout qu’es­sayée, ici, en ver­sion hy­bride 359 ch, cette LS confirme le peu de pré­dis­po­si­tion de la trans­mis­sion à va­ria­tion conti­nue pour la cra­vache. Et ce, mal­gré la pré­sence de dix rap­ports

in­ter­mé­diaires pré- éta­blis et des lois de pas­sage a prio­ri af­fû­tées. Sé­lec­tion­ner les modes S ou Sport + ac­croît le va­carme et alour­dit la di­rec­tion, sans trans­fi­gu­rer les sen­sa­tions ou la pré­ci­sion. Non, ce vais­seau so­phis­ti­qué est à goû­ter au­tre­ment, cal­me­ment. Jus­te­ment comme y in­cite le ré­seau rou­tier oma­nais qui mul­ti­plie les ra­dars sur les grands axes ou de cas­sants “dos de dromadaire” dans les bour­gades, fai­sant pas­ser nos “gen­darmes cou­chés” pour des plai­san­te­ries. Une fois que nous avons quit­té l’oa­sis de Bir­kat Al Mawz, qui se targue de pro­duire les meilleures dattes du pays, et re­des­cen­du l’éton­nant Dje­bel Akh­dar (la mon­tagne verte), nous tra­ver­sons une suc­ces­sion de pay­sages arides, ponc­tués de mi­ni­zones com­mer­çantes peu exo­tiques ou de plus rares forts an­ciens qua­si ma­nu­cu­rés (Niz­wa, Al Hazm...). Car ce royaume tour­né vers la mer, et donc em­preint d’une forte tra­di­tion d’échanges, voit dans le tou­risme – de pré­fé­rence hup­pé – une des clés de l’après­pé­trole, ses ré­serves étant soixante fois moins im­por­tantes que celles de son voi­sin saou­dien. Mais rien qui em­pê­che­ra Toyo­ta-Lexus de res­ter pro­phète dans ce sul­ta­nat. /// texte sté­phane meu­nier - pho­tos b. rouf­fi­gnac Les pick-up nip­pons ont suc­cé­dé aux dro­ma­daires même si l’on en croise sou­vent

Ces ha­bi­ta­tions bi­gar­rées aux re­tran­che­ments for­ti­fiés émaillent la boucle, pour­tant dé­ser­tique, qui nous mène de Bah­la à Rus­taq au re­tour vers la ca­pi­tale.

Les quatre pre­mières gé­né­ra­tions de Lexus LS sont bien plus pré­sentes dans le Nord oma­nais que dans notre Hexa­gone.

Le Nord du sul­ta­nat montre un ré­seau rou­tier en fort bon état, où les sus­pen­sions pneu­ma­tiques de la der­nière LS 500h n’ont pas été mises à mal.

Comme dans l’Ouest amé­ri­cain, des mi­ni-ZAC ont éclos au car­re­four de cer­taines na­tio­nales du dé­sert.

Il est tou­jours sai­sis­sant de trou­ver une oa­sis après des ki­lo­mètres de pier­raille... Et, si l’on vous y ac­cueille avec des dattes et un ca­fé à la car­da­mome, comme très sou­vent à Oman, l’ins­tant est prin­cier.

Tis­sus ori­ga­mi et verre bi­seau­té ne sont pas si éloi­gnés des pré­cieux dé­cors qu’on trouve à l’in­té­rieur de la grande mosquée aux cinq mi­na­rets de Muscat.

Qu’il s’agisse de berlines ou de 4 x 4, le parc au­to­mo­bile du sul­ta­nat semble sous pro­tec­to­rat ja­po­nais.

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